Le 2 décembre à 7h, Guy Mettan est l’invité de Nicolas Stoquer et Raphaël Besliu, en direct dans La Matinale sur la chaîne YouTube de Géopolitique Profonde.
Guy Mettan est un journaliste et homme politique suisse, ancien directeur et rédacteur en chef de La Tribune de Genève, ainsi qu’ancien directeur du Club suisse de la presse. Député et ancien président du Grand Conseil de Genève, il est l’auteur de nombreux ouvrages traitant de géopolitique, d’histoire et de société. Son dernier livre, La tyrannie du Bien (Éditions Syrtes, 2022), décrypte les dérives idéologiques de notre époque, notamment la domination des GAFAM, la bien-pensance et les nouveaux mécanismes de censure.
La russophobie occidentale s’enracine dans l’Histoire
Depuis des siècles, l’Occident construit sa puissance en opposition à la Russie. À partir de Charlemagne, l’Europe catholique puis protestante se présente comme le « cœur civilisé » du monde en rejetant l’Orient orthodoxe, dont Moscou devient l’héritière après la chute de Constantinople. Cette opposition religieuse et culturelle nourrit une propagande de dénigrement contre la Russie, décrite comme barbare et despotique. Ce récit est amplifié au XIXe siècle, quand la Russie impériale est perçue comme un rival géopolitique majeur par les puissances coloniales comme la Grande-Bretagne et la France, notamment dans les Balkans et en Asie centrale.
Au XXe siècle, la révolution bolchevique cristallise cette haine : l’Union soviétique incarne une menace idéologique directe au modèle capitaliste occidental. Mais même après l’effondrement de l’URSS en 1991, la russophobie ne disparaît pas. Malgré la dissolution pacifique de son empire et le retrait de ses troupes d’Europe centrale, la Russie reste désignée comme un ennemi. Pourquoi ? Parce que son indépendance et son refus de se soumettre à l’ordre occidental remettent en cause les ambitions hégémoniques des États-Unis et de l’Union européenne. La russophobie devient alors une constante historique, adaptée à chaque époque et prétexte.
Une stratégie délibérée pour marginaliser Moscou
La russophobie contemporaine n’est pas le fruit du hasard, elle est instrumentalisée pour affaiblir la Russie. Après la chute de l’URSS, au lieu d’intégrer Moscou dans un nouvel équilibre mondial, les États-Unis et leurs alliés choisissent de l’isoler. L’élargissement de l’OTAN en est la preuve flagrante. Les promesses faites à Gorbatchev de ne pas avancer vers l’Est sont bafouées. L’alliance militaire engloutit les anciens satellites soviétiques et installe des bases militaires aux frontières russes. Cette stratégie d’encerclement est une provocation directe. La crise ukrainienne de 2014 en est l’exemple parfait. En soutenant un coup d’État à Kiev, l’Occident force Moscou à réagir en annexant la Crimée.
Loin d’être un acte de « revanche impérialiste », cette annexion démontre la volonté de la Russie de protéger ses intérêts stratégiques face à un Occident agressif. Mais cette réaction est immédiatement diabolisée dans les médias occidentaux. L’Occident accuse Moscou de tous les maux – cyberattaques, manipulation électorale, expansionnisme – sans preuves solides. Cette propagande sert à justifier une politique de confrontation. La Russie devient le bouc émissaire idéal pour alimenter les budgets militaires et maintenir l’hégémonie américaine sur l’Europe.
Une confrontation suicidaire pour l’Europe
En diabolisant la Russie, l’Occident sabote toute possibilité de réconciliation. Les élites euro-atlantiques rejettent toute coopération et s’enferment dans une logique d’affrontement permanent. Cette posture est absurde, la Russie n’a jamais cessé d’être un partenaire stratégique essentiel, notamment pour l’Europe. Mais la propagande russophobe pousse les dirigeants européens à imposer des sanctions qui affaiblissent davantage l’Europe que Moscou. Privée des ressources énergétiques et du marché russe, l’Europe se condamne à un affaiblissement économique durable.
Pendant ce temps, la Russie se tourne vers l’Asie. Elle renforce son partenariat avec la Chine, l’Inde et d’autres puissances émergentes, laissant l’Europe isolée et dépendante des États-Unis. Ce réalignement géopolitique affaiblit l’Occident dans un ordre mondial de plus en plus multipolaire. La vérité est simple, l’Occident s’accroche à une haine destructrice, sacrifiant ses propres intérêts pour maintenir une domination en déclin. Tant que cette russophobie persistante dictera les politiques, la coopération entre l’Europe et la Russie restera un mirage, et le prix de cette division sera payé par les peuples.
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