Le 7 novembre à 12h30, Marie-Pascale Rémy, spécialiste de mythologie et d’ésotérisme, est l’invitée de Nicolas Stoquer sur Géopolitique Profonde.
Marie-Pascale Rémy est une auteure et conférencière spécialisée dans la connaissance de soi et la spiritualité. Après une expérience de mort imminente en 1989, elle a orienté sa recherche vers l’enseignement de Rudolf Steiner, influençant profondément son parcours. Parmi ses ouvrages notables figure Saint Michel, renaître dans le combat spirituel, qui explore la dimension spirituelle du combat intérieur à travers l’archétype de l’Archange Saint Michel. Elle a également écrit plusieurs ouvrages sur le développement personnel, l’ange gardien et les mythes du féminin.
« La Porte des Ténèbres » : provocation sataniste ou hommage à Lilith ?
Du 25 au 27 octobre 2024, Toulouse a été le théâtre d’un spectacle de rue énigmatique et controversé, intitulé La Porte des Ténèbres. Cet événement automnal, conçu pour captiver les foules, a attiré des milliers de visiteurs intrigués par les figures imposantes qui le composaient : un Minotaure monumental, une araignée géante, et surtout, une Lilith réinventée, représentée sous les traits d’une femme-scorpion. La proximité de ce spectacle avec les célébrations d’Halloween a renforcé l’attention autour de sa symbolique, notamment en ce qui concerne Lilith, une figure ambiguë et souvent transgressive, dont l’image fascine autant qu’elle inquiète.
Lilith est une présence complexe et ambivalente, oscillant entre la séductrice et la rebelle. Elle incarne, dans diverses traditions, l’archétype de la femme émancipée, indépendante et en rupture avec l’ordre établi. Dans La Porte des Ténèbres, cette figure mythique semble évoquer des thèmes d’indépendance, de puissance féminine et de transgression. Pour les regards les plus aguerris, il s’agit de l’émergence d’une société qui mêle allègrement pouvoirs publics, religiosité et mythologie, dans une symbolique qui annonce les temps à venir.
Lilith : déesse et démone d’une féminité rebelle
La figure de Lilith traverse les mythologies babyloniennes, hébraïques et médiévales, chacune contribuant à la définir comme une entité mystérieuse et troublante. Dans la Bible (Isaïe 34:14), elle est brièvement mentionnée comme un démon nocturne, tandis que la tradition juive, dans l’Alphabet de Ben Sira, la décrit comme la première femme d’Adam, bannie pour avoir refusé de se soumettre. Ce mythe en fait une icône de l’insoumission féminine, rebelle avant l’heure, cherchant la liberté quitte à en payer le prix. Parfois dépeinte comme une succube vampirisant l’énergie des hommes, Lilith incarne une féminité indépendante et dangereuse, en rupture avec les rôles féminins traditionnels.
À Toulouse, la représentation de Lilith semble jouer de ces symboles, proposant une réinterprétation qui, à travers le mythe, pose des questions sur la liberté, la révolte contre l’autorité et l’affirmation identitaire. S’agit-il d’une critique subtile de l’ordre patriarcal, ou d’une simple fascination pour une figure d’émancipation ambiguë ? Dans une époque où les mythes anciens sont revisités, la figure de Lilith trouve un écho particulier, inquiétant, et qui illustre une quête contemporaine de liberté et de transgression sur tous les plans.
Polémique et sarcasmes autour de « La Porte des Ténèbres »
« La critique faite à l’endroit de cet événement a suscité beaucoup de retombées médiatiques, alors je crois qu’on peut dire merci à l’achevêque, au curé de la cathédrale et aux pasteurs protestants. » Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse.
La représentation de La Porte des Ténèbres n’a pas manqué de susciter des réactions contrastées, et le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, n’a pas caché son ironie. En réponse à la messe de « protection » organisée le 24 octobre par l’archevêque, censée protéger la ville des influences occultes du spectacle, Jean-Luc Moudenc a remercié l’archevêque pour la « publicité gratuite » offerte à l’événement, un commentaire presque moqueur.
Une intervention qui n’a pas manquer de faire grincer des dents parmi ceux qui fustigeaient l’évènement.
Ainsi, la question persiste : La Porte des Ténèbres est-elle une œuvre innocente qui joue avec des symboles anciens, ou bien une provocation destinée à continuer l’effondrement de tous les socles et valeurs morales que la France a portée jadis ?
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