Droite identitaire et sioniste : le piège qui empêche de sauver la France

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🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le 5 septembre à 19h, Paul-Marie Coûteaux, invité du Monde Réel, explore la fracture géopolitique entre droite identitaire atlantiste et gaullisme souverainiste.
  • La droite atlantiste, pro-OTAN et pro-Israël, domine médiatiquement mais échoue électoralement, révélant un plafond de verre électoral.
  • Le gaullisme souverainiste, anti-hégémonie américaine, défend une France indépendante et une Europe des nations, trouvant un contre-pouvoir enraciné sur internet.
  • Cette opposition structure le débat politique français, illustrant une lutte entre souverainismes et atlantismes au niveau mondial.

Le 5 septembre à 19h, Paul-Marie Couteaux est l’invité du Monde Réel animé par Nicolas Stoquer, sur Géopolitique Profonde.

Paul-Marie Coûteaux, directeur du Nouveau conservateur, est un homme politique et essayiste français. Ancien diplomate, il est surtout connu pour être l’un des principaux théoriciens du souverainisme en France.

La droite identitaire et la fracture avec les souverainistes

La droite identitaire atlantiste s’est construite sur une allégeance stratégique assumée à l’Empire américain. Elle voit l’intégration dans l’OTAN comme un impératif vital et défend l’idée d’une civilisation occidentale uniforme, tournée vers Washington. Elle s’appuie sur un discours identitaire centré sur la majorité blanche et chrétienne, rejette frontalement l’islam et le monde arabe, et épouse les thèses sionistes en affichant une proximité affirmée avec Israël.

Elle conserve une critique de la bureaucratie bruxelloise mais reste favorable à l’Union européenne tant qu’elle renforce le projet atlantiste. Dans cette vision, l’identité se définit avant tout comme appartenance à un bloc occidental et non comme affirmation de la souveraineté nationale.

Ce courant s’est imposé médiatiquement grâce à des moyens financiers considérables et à une présence constante dans les grands médias. Les figures qui le portent bénéficient de relais puissants sur des chaînes d’information, des journaux et des radios, permettant d’imposer leurs thèmes dans l’espace public.

L’échec électoral d’Éric Zemmour a révélé pourtant la limite de cette stratégie : une influence culturelle forte mais une incapacité à conquérir une majorité politique. Malgré ses soutiens financiers, ses relais médiatiques et une base militante active, cette droite se heurte à un plafond de verre électoral. Elle domine le champ symbolique mais reste structurellement incapable de transformer son poids médiatique en pouvoir institutionnel.

Le gaullisme souverainiste

Le courant gaulliste et souverainiste se définit en opposition frontale à cette logique d’alignement. Il refuse l’hégémonie américaine, qu’il perçoit autant dans sa brutalité militaire que dans l’imposition d’une sous-culture globalisée. Il pense la France comme une puissance indépendante, dotée d’une vocation de médiation et d’équilibre dans le concert mondial.

Sa vision de l’Europe s’articule autour d’une grande alliance des nations allant de Brest à Vladivostok, en rupture totale avec la logique supranationale imposée par Bruxelles. Pour lui, l’effacement de la souveraineté nationale au profit d’institutions technocratiques constitue une soumission déguisée aux intérêts étrangers.

La fidélité à la politique arabe et méditerranéenne initiée par le général de Gaulle distingue radicalement ce courant. Il ne reprend aucun des tropismes sionistes dominants et défend une approche équilibrée dans les relations internationales. Cette position, en décalage complet avec l’oligarchie actuelle, lui vaut une stigmatisation systématique sous les étiquettes de populisme et de complotisme.

Marginalisé dans les médias traditionnels, ce gaullisme souverainiste a trouvé dans internet et les réseaux sociaux une arme de contre-influence efficace. Ses succès ponctuels, comme le rejet du traité constitutionnel européen en 2005, ont démontré sa capacité à mobiliser une partie du peuple contre l’ordre dominant. Cette dynamique montre l’existence d’un contre-pouvoir enraciné malgré son exclusion du système institutionnel.

Une fracture géopolitique structurante

L’opposition entre la droite identitaire atlantiste et le gaullisme souverainiste repose sur une fracture géopolitique fondamentale. La première affirme son appartenance à l’ordre occidental dirigé par Washington et Tel-Aviv, misant sur la puissance militaire de l’OTAN et sur l’uniformisation civilisationnelle.

La seconde refuse toute logique de bloc et revendique l’indépendance stratégique de la France, capable d’incarner une puissance d’équilibre face aux hégémonies. Ces deux visions sont incompatibles : l’une conçoit la nation comme une pièce subordonnée d’un empire, l’autre comme une civilisation autonome dotée d’un rôle singulier dans le monde.

Cette ligne de clivage dépasse les frontières françaises et rejoint une dynamique mondiale où s’opposent souverainismes et atlantismes. La droite identitaire, incarnée médiatiquement par Éric Zemmour, mise sur la mondialisation libérale et la domination militaire occidentale, tandis que les gaullistes s’inscrivent dans une tradition de résistance aux logiques impériales.

En France, cette rivalité structure le débat politique bien plus profondément que les oppositions sociales ou économiques. Les atlantistes dominent les institutions et les médias, mais les souverainistes disposent d’une légitimité populaire souterraine qui se manifeste par des insurrections électorales ou référendaires. Cette fracture n’est pas conjoncturelle : elle constitue la véritable ligne de front de l’avenir stratégique français.

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