Le 14 février à 19h, Nicolas Dupont Aignan et Laurent Artur Du Plessis sont les invités de Nicolas Stoquer, en direct sur la chaîne YouTube de Géopolitique Profonde.
Nicolas Dupont-Aignan est un homme politique français, président de Debout la France, un parti qui se réclame du gaullisme et du souverainisme. Il est député de l’Essonne depuis 1997 et a été candidat aux élections présidentielles de 2012, 2017 et 2022. Il est connu pour ses critiques de l’Union européenne, de l’euro et de l’immigration.
Laurent Artur du Plessis est un analyste reconnu pour sa capacité à décrypter les complexités des relations internationales. Dans son ouvrage “Au cœur de la 3e guerre mondiale”, il explore les tensions géopolitiques qui définissent notre époque. Avec une approche rigoureuse et documentée, il examine les stratégies des grandes puissances et les répercussions potentielles sur l’équilibre mondial.
Trump impose sa vision et défie l’OTAN
Donald Trump bouleverse l’équilibre mondial en imposant ses propres règles du jeu. Sa volonté de négocier directement avec Vladimir Poutine, sans l’Ukraine ni l’Union européenne, provoque une onde de choc au sein de l’OTAN. Après un échange téléphonique de 90 minutes avec le président russe, Trump a confirmé qu’il envisage une rencontre face à face, probablement en Arabie saoudite. Cette décision marque un tournant majeur : les États-Unis, sous sa direction, s’éloignent de la ligne belliciste adoptée par l’administration Biden et cherchent une sortie rapide du conflit.
Les dirigeants européens réagissent avec inquiétude. Le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a déclaré qu’il ne pouvait y avoir de négociations sur l’Ukraine sans la présence de Kiev. La ministre estonienne Kaja Kallas va plus loin, dénonçant une politique d’« apaisement » qui ne ferait qu’encourager la Russie. L’UE craint que Trump n’accepte de geler le conflit selon des conditions favorables à Moscou, ce qui reviendrait à légitimer les gains territoriaux russes et à anéantir les ambitions de l’Ukraine d’intégrer l’OTAN.
Malgré ces critiques, Trump maintient son cap. Son objectif est clair : obtenir un accord rapide, quitte à froisser ses alliés traditionnels. Pour lui, l’Amérique doit cesser de financer un conflit qui n’apporte aucun bénéfice stratégique aux États-Unis. Ce discours tranche avec celui de l’administration Biden et expose les fractures profondes au sein du bloc occidental.
L’Europe paralysée face au changement de cap américain
L’annonce de Trump révèle l’extrême dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des États-Unis. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Bruxelles a suivi aveuglément la ligne dictée par Washington, multipliant les sanctions contre Moscou et finançant massivement l’effort de guerre ukrainien. Mais avec ce revirement américain, les certitudes européennes s’effondrent.
Le ministre français de la Défense, Sébastien Lecornu, exprime son inquiétude quant à l’avenir de l’OTAN. Il met en garde contre un affaiblissement de l’alliance si les priorités américaines continuent de s’éloigner de l’Europe. En d’autres termes, l’UE pourrait se retrouver seule face à la Russie, contrainte d’assumer un effort de défense bien plus lourd que prévu. Jusqu’à présent, les États-Unis garantissaient la sécurité du continent européen. Mais si Trump décide de se retirer progressivement, les pays membres de l’OTAN devront prendre le relais, ce qui risque d’exacerber les tensions internes entre ceux qui prônent une autonomie stratégique et ceux qui restent attachés à Washington.
Les dirigeants européens insistent sur leur rôle dans la défense de l’Ukraine. Ils rappellent que l’Europe a fourni 60 % de l’aide militaire à Kiev l’année dernière et qu’elle a imposé des sanctions économiques sévères à la Russie. L’UE se prépare également à la reconstruction de l’Ukraine après la guerre, preuve qu’elle entend jouer un rôle central dans l’avenir du pays. Mais ces efforts pourraient être réduits à néant si Trump et Poutine concluent un accord sans tenir compte des exigences européennes.
La France affaiblie par un pouvoir soumis et impuissant
Pendant que le monde évolue, la France s’enfonce dans une posture d’alignement total sur les décisions de Bruxelles et de l’OTAN. Sous l’impulsion du trio Macron-Bayrou-Hollande, le pays s’est enfermé dans une dépendance stratégique qui le prive de toute autonomie diplomatique. Autrefois puissance d’équilibre, Paris est désormais réduit à un rôle de suiveur, incapable d’influer sur les grandes décisions internationales.
Un sursaut est nécessaire pour que la France retrouve une politique étrangère fondée sur l’indépendance et la défense de ses intérêts nationaux. Plutôt que de s’enliser dans la spirale belliciste en Ukraine, elle devrait renouer avec son rôle de médiateur, fidèle à la tradition gaulliste d’équilibre et de souveraineté. Cette approche s’inscrirait également dans une vision plus large, favorisant une solution à deux États au Proche-Orient et un dialogue global fondé sur la recherche de compromis.
Mais pour reprendre sa place sur l’échiquier mondial, la France doit d’abord se libérer de l’emprise des institutions supranationales et rompre avec l’alignement systématique sur les décisions de Washington et de Bruxelles. Tant qu’elle restera soumise à ces influences, elle sera incapable de peser dans les grandes négociations qui redessinent actuellement la carte du monde. Ce renoncement stratégique accélère sa marginalisation et affaiblit durablement son influence internationale.
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