Crise de l’automobile française : ventes en chute libre, industrie sous perfusion et concurrence chinoise en embuscade

Ventes de voitures neuves en France chutent à 1,632 million d'unités en 2025 contre 2,2 millions en 2019 Ventes de voitures neuves en France chutent à 1,632 million d'unités en 2025 contre 2,2 millions en 2019

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Les ventes de voitures neuves en France ont chuté à 1,632 million d’unités en 2025, soit une baisse de plus de 25% par rapport à 2019, signalant une crise majeure pour l’industrie.
  • BYD, le géant chinois, a détrôné Tesla pour dominer le marché mondial des électriques, amplifiant la concurrence qui ébranle les constructeurs occidentaux.
  • L’industrie automobile française subit des coupes sombres, avec des usines en déclin et des milliers d’emplois menacés par l’invasion de véhicules low-cost asiatiques.
  • Renault résiste grâce à ses modèles populaires, mais les prix élevés poussent les consommateurs vers la location longue durée, questionnant la viabilité à long terme des aides gouvernementales et des stratégies locales.

En 2025, les ventes de voitures neuves ont dégringolé à 1,632 million d’unités, contre 2,2 millions en 2019. Soit plus de 580 000 véhicules en moins en six ans : un quart du volume parti en fumée.

Sur un an, la dégringolade dépasse les 5 %, malgré les incitations gouvernementales qui maintiennent à flot les immatriculations électriques « sous perfusion ». Une perfusion artificielle qui masque mal la dépendance à un État gaspilleur, dans un climat d’hésitations généralisées et de tarifs devenus inabordables.

Jeudi, un porte-parole de la Plateforme automobile (PFA), qui défend les intérêts de la filière, a commenté auprès de l’AFP :

« C’est une vraie crise de volumes qui pèse sur l’industrie française et européenne. »

Ces chiffres brutaux traduisent un attentisme rationnel des Français, contraints d’épargner face à l’inflation galopante et aux incertitudes politiques. Les prix, même en léger reflux, restent artificiellement gonflés par des régulations européennes déconnectées, tandis que la concurrence chinoise, emmenée par BYD, ronge méthodiquement le leadership occidental.

Pour la première fois en 2025, le chinois BYD s’empare du leadership mondial des véhicules électriques, reléguant Tesla au second rang, avec une longueur d’avance qui semble impossible à rattraper au vu des rapports récents des deux firmes. En France, Tesla s’effondre de 37,5 % : seulement 25 400 véhicules écoulés contre 40 709 l’an dernier.

Les usines et l’industrie française en débâcle

Malgré les perfusions massives de l’État — bonus, primes, crédits d’impôt — destinées à booster le made in France, ces aides ne font qu’alimenter l’invasion low-cost de Pékin, tandis que les usines françaises saignent.

Cette dégringolade des ventes ravage l’ensemble de l’écosystème industriel. Constructeurs, fournisseurs, sidérurgie : ces piliers de l’économie française trinquent de plein fouet dans une chaîne qui s’effrite jusqu’aux fonderies, où le secteur automobile constitue un pilier essentiel aux côtés du bâtiment.

Des milliers d’ouvriers voient leurs lignes de production s’essouffler, tandis que les sites industriels français saignent face à une concurrence chinoise qui inonde le marché sans complexe. Le mois de décembre a prolongé la trajectoire sinistrée de 2025.

« Décembre a été dans la continuité de 2025, année marquée par l’attentisme des consommateurs », commente la Plateforme automobile (PFA).

Renault résiste, Stellantis saigne : les constructeurs français face au défi

Dans ce marasme général, les constructeurs français tentent de tenir le choc. Stellantis dégringole de 7 %, plombé par des choix hasardeux à l’international, même si Alfa Romeo apporte une maigre consolation. Renault progresse de 1,2 % grâce à l’engouement autour d’Alpine. Ensemble, les groupes français caracolent en tête du podium avec plus de 50 % des ventes, un rempart toutefois fragile face à l’invasion chinoise.

La Clio V de Renault truste la première place, talonnée par la Peugeot 208 II et la Dacia Sandero 3, des modèles plus accessibles qui sauvent l’honneur face à des prix exorbitants, largement gonflés par les normes bruxelloises.

Le ticket moyen recule légèrement : 25 657 euros pour l’essence (-4,6 %), 42 992 euros pour l’électrique (-0,1 %), et -1,4 % globalement. Il reste néanmoins inaccessible pour de nombreux ménages. Ces derniers se tournent vers la location longue durée pour esquiver l’achat, tandis que les SUV se stabilisent au-dessus de 50 % du marché après une longue phase de progression.

Les prix, même en léger reflux, demeurent trop élevés pour une large partie des particuliers, selon le cabinet AAA Data. De plus en plus de ménages s’orientent donc vers la location longue durée, une solution pragmatique pour contourner l’achat dans un paysage où les crossovers maintiennent leur emprise, sans toutefois s’emballer comme auparavant.

Les marques françaises comme Renault tiennent le choc, mais combien de temps avant que l’attentisme ne se transforme en désertion totale ?

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