🔥 Les essentiels de cette actualité
- Didier Klethi, responsable financier du Parlement européen, accuse le RN d’avoir détourné des fonds publics pour des activités partisanes, causant un préjudice financier et réputationnel estimé entre 3 et 4 millions d’euros.
- Marine Le Pen défend son parti en niant toute faute consciente, arguant que les pratiques en question étaient communes à d’autres formations politiques, ce qui remet en question l’application équitable des règles européennes.
- Le Parlement européen admet des lacunes dans ses contrôles internes, tentant ainsi de masquer ses propres échecs face à ces détournements, tout en imposant des rigidités qui étouffent les élus français.
À la cour d’appel de Paris, au troisième jour du procès en appel du RN dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens, Didier Klethi, directeur des finances du Parlement européen, a détaillé ses griefs contre le parti de Marine Le Pen. Entre 2004 et 2016, selon lui, le RN aurait monté un mécanisme bien huilé pour faire travailler ses assistants parlementaires au service du mouvement, payés rubis sur l’ongle avec l’argent public européen.
« Nous avons été victimes d’un système qui consistait, pour certains députés européens du FN, à faire travailler au profit de leur parti leurs assistants, rémunérés par le Parlement », a-t-il balancé devant les juges.
Klethi n’y va pas par quatre chemins :
« Le préjudice financier s’évalue entre 3 et 4 millions d’euros, selon le périmètre que retiendra votre juridiction. Il y a aussi le préjudice réputationnel, cette affaire ayant considérablement altéré l’image de notre institution et entamé la confiance des citoyens dans le bon usage des deniers publics. »
Tout ça sous le nez d’une bureaucratie bruxelloise qui verse chaque mois des crédits non transférables — 12 500 euros en 2004, grimpant à 21 300 en 2014 — à 6 500 assistants, stagiaires et prestataires, sans pouvoir les contrôler au quotidien. Klethi sort son analogie :
« C’est un peu comme si, salarié d’une entreprise, vous travailliez pour une autre société durant vos heures de travail. »
Une comparaison qui sent le bureaucrate déconnecté, imposant des règles floues aux élus français tout en fermant les yeux sur le vrai gaspillage à Bruxelles.
L’alerte remonte à 2015, via Martin Schulz, l’ex-président du Parlement, qui a déclenché une information judiciaire en 2016. Le Parlement s’est même porté partie civile, comme s’il s’agissait d’une vendetta personnelle contre des souverainistes qui refusent de se plier aux diktats des élites européennes.
« Les crédits du Parlement européen ne peuvent servir qu’au fonctionnement du Parlement européen », martèle Klethi. Facile à dire quand on sait que ces prescriptions strictes n’ont jamais vraiment été appliquées avant que le RN ne vienne déranger les habitudes.
Des règles bruxelloises étouffantes, des contrôles défaillants
Didier Klethi ne mâche pas ses mots sur les règles que les députés eux-mêmes ont votées pour encadrer ces enveloppes personnelles : pas question de les mutualiser ; elles collent au mandat européen comme une seconde peau. Financer un garde du corps ou une secrétaire planquée au siège du parti pendant les heures payées par Bruxelles ? Impensable : interdiction formelle.
Pourtant, face à la présidente Michèle Agi qui pointe du doigt le laxisme des contrôles, Klethi botte en touche :
« Nous n’avons pas de service d’enquête et nous ne sommes pas en mesure de contrôler tout ce que fait chaque assistant. Mais nos règles sont publiées et consultables. Nos sources de financement sont extrêmement cloisonnées. Elles ne sauraient en aucun cas servir à financer un parti national. Ces prises en charge au profit du FN, on nous les a cachées et c’est un détournement. Nous avons été trompés. »
Il concède du bout des lèvres :
« Oui, un assistant peut tout à fait concourir à l’activité d’un parti politique mais en dehors de ses heures de travail. »
Cette rigidité administrative, imposée par des eurocrates bruxellois, ligote les élus français sans moyens réels pour vérifier le respect des lignes jaunes. Un comble pour un système qui pleure misère sur ses 3 à 4 millions envolés, tout en admettant ses propres failles.
Marine Le Pen et son camp ripostent : un détournement que personne n’avait vu venir
Face aux accusations lourdes de Didier Klethi, Marine Le Pen a balayé d’un revers de main toute idée de faute consciente. « Je veux bien entendre qu’un délit a été commis mais à aucun moment, je n’ai eu conscience d’en avoir commis un », a-t-elle lancé le 15 janvier devant la chambre des appels correctionnels de Paris.
Cette audition, dans le cadre du procès en appel visant Marine Le Pen, dix autres élus ou cadres RN et le parti en tant que personne morale, sonne comme un cri de révolte contre ce qu’elle voit comme un piège tendu par Bruxelles.
Son avocat, Rodolphe Bosselut, a enfoncé le clou en décrivant une réalité bien plus nuancée, loin du scandale monolithique dépeint par les eurocrates :
« La réalité de ce dossier, c’est qu’une pratique parlementaire considérée comme autorisée par les députés du RN, comme par ceux du MoDem ou de LFI, s’est heurtée du jour au lendemain à un « non » du Parlement européen. Les règles qu’on croyait les bonnes ne l’étaient plus. »
En substance, tout le monde faisait pareil — embaucher des collaborateurs mandatés pour travailler aussi au niveau national. Mais voilà : les élites de Bruxelles ont décidé de changer les règles en cours de partie, cognant surtout sur les souverainistes qui osent défier leur machine bureaucratique.
Cette défense met le doigt sur l’absurdité d’un système où les parlementaires français, payés avec l’argent des contribuables, se retrouvent ligotés par des prescriptions strictes imposées de loin, sans que personne n’ait veillé au grain pendant des années.
Bardella dans le viseur : Bruxelles bloque même les mi-temps
L’affaire ne s’arrête pas aux anciens scandales. Aujourd’hui, c’est Jordan Bardella, eurodéputé RN et figure montante du parti, qui se heurte au mur bruxellois. Son avocat a traîné le Parlement européen devant le tribunal de l’UE pour contester un refus catégorique : pas question de partager son assistant à mi-temps avec le cabinet RN. Bardella avait déjà travaillé comme assistant de Jean-François Jalkh, et voilà que Bruxelles ferme la porte à cette flexibilité élémentaire.
Didier Klethi a balayé l’idée d’un revers de manche devant la cour d’appel. « Quand nous avons reçu cette demande, nous avons été un peu étonnés. Assistant parlementaire le matin, employé de cabinet l’après-midi, est-ce vraiment possible ? », lâche-t-il, résumant les craintes d’un conflit d’intérêts ingérable.
Pour lui, les contrats mi-temps, c’est fini — une rigidité qui étouffe les élus sous prétexte de contrôle.
De son côté, Bardella brandit un argument qui laisse Klethi perplexe : une violation du « principe de ressources propres de l’Union ». « Ressources propres de l’Union ? Ça ne me parle pas beaucoup », rétorque l’eurocrate, comme si cette référence sortait d’un chapeau.
Louis Aliot et Fernand Le Rachinel : les précédentes condamnations
La machine judiciaire s’est acharnée sur Louis Aliot, maire de Perpignan, en refusant net sa demande de disjonction malgré les arguments pressants de son avocate. Entre le 1er juillet 2014 et le 28 février 2015, il aurait détourné 29 967 euros via un assistant parlementaire purement fictif, basé au siège du RN. En première instance, la sentence est tombée lourde : 18 mois de prison, dont six mois ferme mais aménageables, plus trois ans d’inéligibilité avec sursis.
Fernand Le Rachinel, vétéran du parti, a écopé pour un montant bien plus élevé : 815 000 euros soupçonnés entre 2004 et 2009. Condamné à deux ans avec sursis, 15 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité, il a fini par lâcher le morceau devant les juges :
« Le Front national vivait avec ce système de rémunération via le Parlement européen. Il s’agissait de caser le staff du groupe. »
Aliot devra attendre le 22 janvier pour s’expliquer.
IMPORTANT - À lire
Ce procès révèle les failles abyssales d'un système bruxellois qui impose des règles étouffantes tout en fermant les yeux sur ses propres dysfonctionnements. Découvrez chaque mois dans notre revue les analyses approfondies sur les mécanismes de pouvoir européen et leurs contradictions.
Au-delà du RN, c'est toute la bureaucratie de l'UE et ses pratiques opaques qui méritent d'être décortiquées. Abonnez-vous pour comprendre les enjeux géopolitiques et institutionnels que les médias mainstream passent sous silence.




Participez au débat, et partagez votre opinion !
Faites avancer la discussion en donnant votre avis à la communauté.