Budget 2026 : RN et Horizons bloquent les mesures fiscales, le gouvernement brandit le 49.3

Commission des Finances torpille les recettes du budget de l'État en nouvelle lecture à l'Assemblée Commission des Finances torpille les recettes du budget de l'État en nouvelle lecture à l'Assemblée

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Les députés ont rejeté la partie recettes du budget 2026 lors d’un débat houleux, ne recueillant l’approbation que du groupe EPR, tandis que d’autres formations s’opposent frontalement ou s’abstiennent, transformant ainsi les discussions en une impasse politique majeure.
  • Malgré les divisions, l’Assemblée a obtenu des victoires fiscales en réduisant la pression de 430 millions d’euros et en révisant l’impôt sur la fortune pour cibler les grandes fortunes, promettant un allègement ciblé sans alourdir les classes moyennes, mais est-ce suffisant pour les ménages?
  • Les tensions persistent sur les mesures de justice fiscale, comme la surtaxe des sociétés, rejetées par LR et le RN pour protéger les ménages des taxes excessives, ce qui bloque les réformes essentielles pour juguler les déficits.
  • Avec les débats paralysés, le gouvernement pourrait recourir au 49.3 pour imposer le budget, risquant d’aggraver les divisions partisanes et de retarder les allègements attendus par les citoyens.

Vendredi, la commission des Finances de l’Assemblée a torpillé la partie recettes du budget de l’État en nouvelle lecture. Seuls les députés du groupe EPR (macronie) ont approuvé le texte. Le RN a voté contre, tandis qu’Horizons, qui s’était abstenu en octobre, a rejoint cette fois l’opposition frontale. Le MoDem et Liot ont préféré s’abstenir.

Ces débats consultatifs n’ont laissé présager aucun compromis et n’ont pas esquissé les contours d’un éventuel accord anti-censure entre le camp gouvernemental et les socialistes, malgré la perspective d’un 49.3. Pendant ce temps, l’inflation galopante et les taxes punitives (essence, courses, factures d’électricité) continuent de peser sur les ménages.

De la droite au RN, les oppositions fiscales tentent de construire un rempart contre ces hausses d’impôts jugées injustes. Mais les divisions parlementaires paralysent tout et bloquent les allègements dont les citoyens ont besoin.

Des victoires fiscales pour soulager les ménages

Malgré ce chaos budgétaire, quelques succès émergent. L’Assemblée a réduit la pression fiscale d’environ 430 millions d’euros par rapport au texte du Sénat, selon le calcul du député LR Philippe Juvin. Il s’agit toutefois d’une évaluation provisoire, qui exclut l’impact de la nouvelle version de l’impôt sur la fortune.

Les parlementaires ont également adopté une version revisitée de l’impôt sur la fortune, portée par le PS, qui promettrait 5 milliards d’euros de recettes, contre 3 milliards pour l’IFI actuel. La mesure cible davantage les grandes fortunes, sans alourdir le fardeau des classes moyennes, des artisans et des retraités.

Sur les dépenses, plusieurs victoires ont été remportées : le dégel total du barème de l’impôt sur le revenu allège la pression de l’inflation sur les salaires. Dans le même temps, la taxe sur les petits colis a été réécrite afin d’éviter une ponction supplémentaire.

Les réductions d’impôts sur les frais de scolarité et les niches fiscales pour les retraités ont été maintenues. Le durcissement du malus automobile et des cartes grises a été supprimé, afin de ne pas pénaliser davantage les ménages. Le gouvernement pourrait recourir au 49.3 pour forcer l’adoption du budget, malgré les divisions parlementaires.

Divisions partisanes : les mesures de “justice fiscale” rejetées

Les tensions ont éclaté autour des mesures destinées à alléger le poids des impôts. Estelle Mercier (PS) s’est réjouie du vote sur l’impôt sur la fortune, mais a dénoncé les blocages :

« L’extrême droite et le bloc central continuent de refuser d’augmenter les recettes de ce budget », écartant « toute mesure de justice fiscale ».

Les négociations ont échoué sur la surtaxe des sociétés. Le PS réclamait 8 milliards d’euros, comme en 2025, pour juguler les déficits sans étrangler les classes moyennes. Les LR plafonnaient à 4 milliards dans leur projet initial. Le Sénat a finalement supprimé cet article : zéro retenu. La taxe sur les holdings a également été torpillée.

Ces refus répétés, menés par LR et le RN, sont présentés comme une protection des ménages face à des taxes punitives. Mais les divisions entre forces politiques ralentissent les véritables allègements attendus par les citoyens.

Les députés ont poursuivi les débats vendredi et samedi sur les postes de dépenses. LR, Horizons et le RN, forts des victoires remportées sur les dépenses d’éducation et les exonérations pour les retraités, comptent maintenir leur position face aux forces de gauche et du centre. Pendant ce temps, les Français attendent des mesures concrètes plutôt que des joutes partisanes.

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