Clémence Guetté (LFI) veut sortir la France du commandement intégré de l’OTAN

Des députés français présentent une résolution pour se retirer de l'OTAN Des députés français présentent une résolution pour se retirer de l'OTAN

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Clémence Guetté, députée LFI, a déposé une résolution pour retirer la France du commandement militaire de l’OTAN, en dénonçant l’hégémonie américaine qui étouffe la souveraineté nationale depuis des décennies.
  • Elle plaide pour une autonomie stratégique européenne inspirée de De Gaulle, en s’appuyant sur des organisations comme l’ONU, tout en critiquant les interventions impérialistes des États-Unis dans des affaires mondiales.
  • Malgré les obstacles politiques et le scepticisme des analystes, cette proposition pourrait raviver les tensions atlantiques, posant la question de savoir si la France osera rompre avec ses alliances historiques.

Pour la première fois de son histoire, une proposition de retrait de la France de l’OTAN vient de s’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Un séisme discret, mais réel, qui ravive les braises d’une vieille rivalité atlantiste.

C’est Clémence Guetté, députée LFI et vice-présidente de l’Assemblée, qui a déposé cette résolution le 9 janvier. Elle y dénonce sans fard une politique impériale assumée de la part des États-Unis, une hégémonie qui étouffe depuis trop longtemps la souveraineté française.

L’initiative trace un chemin clair : commencer par quitter le commandement militaire intégré, cette structure qui enchaîne Paris aux ordres de Washington. Guetté ne fait pas dans la demi-mesure. Elle pose les bases d’une rupture planifiée : un pas de géant vers l’indépendance nationale que De Gaulle appelait de ses vœux.

Pour elle, rester accroché à une alliance pilotée par une Amérique qui piétine le droit international n’a plus aucun sens. Elle dresse un tableau accablant : l’opération musclée du 3 janvier pour capturer Maduro au Venezuela, les menaces récurrentes sur le Groenland, les sanctions contre les régulateurs européens qui osent encadrer les géants du numérique américain, sans oublier cette exigence absurde de porter les dépenses de défense à 5 % du PIB pour l’OTAN.

Vers une autonomie stratégique européenne

Face à cette dérive impérialiste, Guetté plaide pour un vrai virage : sortir de l’OTAN pour renouer avec l’indépendance gaulliste, en misant sur un non-alignement intelligent via l’ONU, l’OSCE ou la Francophonie. LFI, avec ses 71 sièges à l’Assemblée — sur 577 — donne du poids à ce discours qui ose défier les élites atlantistes.

Cette position viserait à éviter d’être entraîné dans des conflits contraires aux intérêts nationaux. C’est l’occasion de rompre avec cette soumission et de bâtir enfin une Europe souveraine, loin des diktats d’outre-Atlantique.

Toutefois, malgré le poids de LFI à l’Assemblée, la proposition de Clémence Guetté bute sur des obstacles politiques. Même le Rassemblement national de Marine Le Pen, qui n’a jamais mâché ses mots contre l’OTAN et son emprise atlantiste, refuse catégoriquement un retrait pur et simple en pleine guerre en Ukraine. Le parti critique l’alliance, mais pas au point de rompre les amarres tant que Kiev résiste.

Les analystes, comme ceux du Robert Lansing Institute, balaient d’un revers de main l’idée d’un départ imminent. Pour eux, cette résolution n’est qu’un geste symbolique, une posture gaulliste destinée à agiter le drapeau de la souveraineté.

À court terme, rien ne bougera : la France ne va pas claquer la porte du commandement militaire intégré du jour au lendemain. Une résolution n’engage en rien la politique étrangère du gouvernement et reste lettre morte sans un véritable coup de force exécutif.

La riposte française face à l’expansionnisme américain

Face à cette proposition qui secoue les atlantistes purs et durs, l’Alliance atlantique traverse une crise profonde. Les menaces répétées de Trump sur le Groenland, avec son projet d’annexion, ont poussé le Danemark à déployer en urgence des troupes et à appeler des alliés au secours. C’est dans ce chaos que Paris bouge.

Emmanuel Macron a annoncé un renforcement militaire massif au Groenland : moyens terrestres, aériens, navals, tout y passe. « Pour rester libre, il faut se faire craindre », lâche-t-on dans l’entourage élyséen.

En parallèle, la France gonfle ses dépenses de défense de 36 milliards d’euros entre 2026 et 2030. Un effort colossal qui reflète les tensions au sein de l’alliance. De Gaulle l’avait compris : en 1966, il claqua la porte du commandement intégré pour préserver la souveraineté française ; Nicolas Sarkozy l’a rouverte en 2009.

Avec la dégénérescence transatlantique actuelle, l’histoire pourrait se répéter, libérant la France d’un carcan qui entrave son autonomie stratégique.

IMPORTANT - À lire

La souveraineté française face à l'impérialisme américain n'est qu'un début. Découvrez chaque mois nos analyses approfondies sur les enjeux géopolitiques qui façonnent notre avenir, bien au-delà des simples résolutions parlementaires.

De Gaulle à Macron, comprenez les stratégies cachées derrière les décisions qui redessinent l'Europe. Abonnez-vous à notre revue papier pour explorer les vraies questions de souveraineté et d'indépendance stratégique.


Participez au débat, et partagez votre opinion !

Faites avancer la discussion en donnant votre avis à la communauté.

1 commentaires
  1. A l’époque du général De Gaulle, budget en équilibre, dettes résiduelles tissu industriel étoffé, armée 400000 hommes. Elaboration de la dissuation nucléaire. Situation économique et financière de la France actuelle catastrophique!! Sortir de l’OTAN et le FREXIT!!! reprendre notre monnaie qui bat monnaie à le pouvoir. Atouts: nucléaire civile, gaz de chiste, charbon, terres rares oui en France, chercheurs au top! développer dissuation nucléaire, arriver 5 à 6% du PIB pour la défense. Oui préparer la guerre pour l’éviter!!! etc…. Supprimer tous les normes qui freinent la production industrielle etc………………………………………………………..

Comments are closed.

En savoir plus sur Géopolitique Profonde

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture