🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés révèle que plus de 600 000 personnes sont contraintes de vivre chez des tiers en France, avec une augmentation de 15 % depuis 2013, témoignant d’une précarité résidentielle qui ronge les fondations sociales du pays.
- Cette crise, aggravée par la pénurie de logements sociaux due à des contraintes bureaucratiques et des priorités politiques, affecte 15,4 % des Français en pauvreté, les forçant à des solutions indignes comme dormir sur un canapé familial.
- Des histoires comme celle d’une enfant de 6 ans, entassée dans une maison surpeuplée, montrent comment la cohabitation forcée vole l’enfance, transformant la vie quotidienne en un enfer de fatigue et de bruit incessant.
- Les associations et députés dénoncent ces 4,2 millions de mal-logés et appellent à des actions urgentes, comme construire 400 000 logements par an, questionnant si les choix politiques condamnent délibérément les plus vulnérables à l’exclusion.
Le 31e rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés, publié le 2 février, dresse un tableau jugé alarmant : plus de 600 000 personnes hébergées chez des tiers faute de ressources ou de logement, et 1,1 million au total sans domicile personnel.
Depuis 2013, le nombre de personnes contraintes à l’hébergement chez des tiers aurait augmenté de 15 %, tandis que la pauvreté concernerait 15,4 % des Français. Une évolution qui met en lumière une précarité résidentielle devenue structurelle.
La crise économique frappe, mais certains observateurs estiment que la pénurie de logements sociaux résulte aussi de contraintes administratives et de choix politiques contestés. Pendant ce temps, de nombreuses personnes se retrouvent à dépendre de solutions d’hébergement informelles, comme l’accueil chez des proches.
Un hébergement forcé qui fragilise durablement la société
La précarité domiciliaire progresse au-delà de la seule situation de rue. En 2020, on comptait environ 590 000 personnes hébergées chez des tiers, contre 513 000 sept ans plus tôt, soit une hausse marquée. Jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents, seniors dépendants de l’entraide familiale : ces situations illustrent une fragilisation liée à l’inflation et à la précarité de l’emploi.
Les séparations conjugales, le chômage et les dynamiques démographiques sont souvent cités parmi les facteurs aggravant la précarité résidentielle. Depuis 2018, la part du PIB consacrée au logement aurait diminué, selon plusieurs analyses, contribuant à une tension accrue sur l’offre de logements sociaux.
La voix d’une enfant de 6 ans : quand la cohabitation contrainte pèse sur l’enfance
Derrière les chiffres du rapport, il y a des trajectoires individuelles, comme celle d’Haviva, une enfant de 6 ans hébergée avec sa mère en Isère. Dans cette maison surpeuplée, elle décrit un quotidien difficile :
« On est souvent fatigués, on est 10 dans la maison, des fois c’est compliqué pour dormir, parce que c’est trop petit ou bruyant. »
Ces mots rappellent que la précarité domiciliaire ne se résume pas à des statistiques, mais qu’elle a des conséquences concrètes sur la vie familiale.
La Fondation qualifie ces hébergements chez des tiers de « solution palliative pénalisante. » Selon elle, ces situations peuvent exposer les personnes concernées à des tensions, à des formes de violences et à une forte atteinte à l’intimité. Les profils touchés incluent notamment des jeunes sortant de l’aide sociale, des personnes récemment arrivées en France ou encore des femmes confrontées à une rupture conjugale.
Mobilisation des associations et réactions politiques face à la situation du mal-logement
Face à la dégradation de la situation du logement, plusieurs associations alertent. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, met en avant les profils les plus fragiles, particulièrement exposés à la précarité.
Jean-Baptiste Eyraud, de l’association Droit au Logement, qualifie ces situations de « dernière marche avant la rue ». Sur X, la députée LFI Anaïs Belouassa Cherifi dénonce :
« La Fondation pour le logement a publié son rapport annuel 2025 sur l’état du mal-logement en France. Cette année encore, le constat est accablant. 350 000 personnes sont sans domicile et 912 personnes sont mortes à la rue en 2024. Dans la 7e puissance mondiale, mourir à la rue n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques. »
Du côté du ministère, la réponse officielle se veut mesurée :
« Face à la réalité du mal-logement, l’État agit à la fois dans l’urgence et dans la durée. »
Pour ses détracteurs, ces déclarations apparaissent insuffisantes au regard des 4,2 millions de personnes mal logées et des 12,3 millions de Français considérés comme fragilisés par la situation résidentielle. Plusieurs organisations appellent à une reconnaissance institutionnelle accrue du problème, à un accompagnement renforcé, au respect de la loi SRU, à l’encadrement des loyers et à la construction d’environ 400 000 logements par an afin de réduire la pénurie.
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1,1 million de sans-abri, des coupes budgétaires systématiques, une pénurie artificielle : ces symptômes d'une dégénérescence demandent des explications que seule une analyse rigoureuse peut fournir. Abonnez-vous à notre revue papier.



