Étude Gallup 2025 : 27 % des Français veulent quitter définitivement la France

France 2025 : pourquoi l’envie de partir atteint un niveau record France 2025 : pourquoi l’envie de partir atteint un niveau record

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • L’étude Gallup de 2025 révèle que 27 % des Français envisagent de s’installer définitivement à l’étranger, contre 11 % l’an dernier, marquant une hausse inédite due à la crise de confiance institutionnelle.
  • La défiance envers le gouvernement français, tombé à 29 % d’opinions favorables, alimente ce désir de départ, poussé par l’instabilité politique et le pessimisme économique croissant chez les classes moyennes.
  • Des témoignages comme celui de Julien, entrepreneur parti en Géorgie pour fuir les impôts élevés, illustrent ce ras-le-bol, questionnant comment restaurer les opportunités en France pour retenir les talents.
  • En 2027, le successeur de Macron devra relever le défi d’une confiance en miettes, avec 67 % des Français craignant une dégradation de leur situation financière à court terme.

L’étude Gallup publiée le 22 décembre 2025 est sans appel : la confiance dans les institutions françaises s’effondre, et un désir inédit de quitter la France s’installe. Près de 27 % des Français déclarent vouloir s’installer définitivement à l’étranger, contre seulement 11 % un an plus tôt.

Une hausse historique, alimentée par un climat politique délétère et une défiance généralisée.

Julien, entrepreneur parisien installé à Tbilissi en Géorgie, incarne un ras-le-bol qui dépasse largement les cercles d’affaires. « Je ne me sentais plus heureux en France », confie-t-il.

Son resto-bar a vu sa clientèle fondre :

« J’ai perdu beaucoup de clients cette année. Les gens n’ont plus les moyens de sortir ni de consommer comme avant. »

Pour lui, les jeunes entreprises trinquent face à « un manque d’opportunités », écrasées par « une pression fiscale monstrueuse en France » et « une atmosphère globale très mauvaise ».

Ce n’est pas qu’un cas individuel. La paralysie post-législatives de 2024, les hausses d’impôts qui étranglent les classes moyennes, le coût de la vie qui rend chaque jour plus difficile : tout pousse les Français ordinaires à chercher ailleurs la stabilité que Paris et Bruxelles leur refusent.

Antoine et Adèle : des talents qui aspirent ailleurs

À Paris, Antoine, ingénieur de 35 ans, aime sa ville – ses rues animées, ses cafés bondés. Mais au fond, l’envie de tout plaquer grandit : direction le Canada, où il a le sentiment d’être vraiment accepté, sans jugement. Ce qui le ronge, c’est cette haine omniprésente.

« Il y a beaucoup de haine entre les gens », lâche-t-il, amer, avant d’ajouter : « Les gens préfèrent se tirer dans les pattes plutôt que de s’entraider. »

Matériellement, c’est l’impasse : sans héritage, il « ne pourrait pas s’acheter seul son propre logement », ni même « vivre dans la ville dans laquelle je suis né ». Paris lui échappe, comme à tant d’autres coincés par une élite hors-sol qui décide d’en haut sans jamais voir le quotidien des gens ordinaires.

Adèle, juriste de formation, a tranché en 2024 : direction Leipzig après Lyon. Elle bifurque vers l’illustration, un projet qu’elle juge « moins faisable, moins encouragé, plus stigmatisé » en France. L’Allemagne lui offre des parcours plus souples, loin des chaînes d’un système français rigide.

La nostalgie affleure parfois, mais la colère remonte vite : « Je suis terrifiée par la violence de la répression » lors des manifestations.

Pour elle, partir, c’est fuir une vie quotidienne minée par des élites déconnectées du réel.

Manifestation de Sainte-Soline

La confiance en miettes : un effondrement inédit

Cette vague de départs ne tombe pas du ciel. L’étude Gallup World Poll 2025, couvrant 140 pays, révèle une crise de confiance sans précédent dans les institutions. En France, le gouvernement ne recueille plus que 29 % d’opinions favorables, soit une chute de treize points en un an.

La justice ne dépasse plus les 50 % de confiance, les institutions financières stagnent à 42 %. La France domine le classement des plus fortes chutes dans l’Union européenne.

Benedict Vigers, rédacteur senior chez Gallup, résume l’ampleur du choc :

« Confiance normalement stable, progrès depuis 2017 balayés en 12 mois. »

Ce n’est pas un simple coup de blues : c’est la dissolution surprise de juin 2024 qui a tout déclenché, suivie d’un tourbillon de Premiers ministres éphémères, de motions de censure à répétition et d’une paralysie politique totale. La popularité d’Emmanuel Macron s’effondre à 28 % en 2025, contre 61 % lors de sa première année.

Pourquoi tant de Français voient tout noircir : pessimisme économique

Cette défiance vis-à-vis des institutions se nourrit d’un cocktail explosif : chaos politique et pessimisme économique rongent le moral des Français. Selon l’étude Gallup, 67 % d’entre eux estiment que leur situation financière va se dégrader dans les mois à venir, contre seulement 21 % qui anticipent une amélioration.

La France reste le deuxième pays le plus pessimiste de l’OCDE, juste derrière la Grèce – et ce, depuis 2015.

Julien pointe du doigt ce qui le révolte le plus : « Toute l’instabilité au niveau du gouvernement », avant d’ajouter : « La population n’est plus en accord avec les organes politiques. »

Cette fracture entre élites parisiennes et bruxelloises et Français ordinaires, asphyxiés par les impôts et le coût de la vie, explique tout.

Effondrement du pouvoir d'achat en France

Entre fuite et retour : les chemins croisés des Français

Face à ce mur de défiance, les trajectoires divergent. Certains plient bagage pour de bon, d’autres testent l’ailleurs avant de revenir, et quelques-uns hésitent encore.

Hadrien et Sophie ont fait l’aller-retour depuis Toronto. « La France n’est pas parfaite », concèdent-ils, mais « on n’est pas si mal en France non plus ».

Au Canada, « on paie autant d’impôts sur le revenu, mais la vie coûte très cher ». Impôts raisonnables, vacances généreuses, coût de la vie maîtrisé : ces atouts les ont ramenés, malgré les dysfonctionnements. Leur retour nuance le tableau, mais reste l’exception dans un flot croissant de départs.

Installé à Toronto depuis 2023, Clément incarne la fracture béante. « Écœuré par ce grand n’importe quoi », il résume : « Un cap a été franchi. La fracture est vraiment visible. » L’instabilité politique l’a poussé dehors, comme tant d’autres asphyxiés.

L’enquête Gallup est formelle : près d’un Français sur deux n’ayant plus confiance dans le pays envisage de le quitter. Ce ras-le-bol n’est pas un caprice, mais une réaction légitime à une gouvernance qui ignore le peuple.

2027, l’épreuve du feu pour le successeur de Macron

À l’horizon 2027, lorsque le mandat d’Emmanuel Macron touchera à sa fin, son successeur héritera d’un paquet empoisonné : une confiance publique en ruine, minée par des années de paralysie politique et un quotidien devenu intenable.

Les chiffres de l’étude Gallup 2025 ne laissent aucune place au doute : gouvernement à 29 %, justice à 50 % – et ce ras-le-bol pousse 27 % des Français à rêver d’un billet définitif pour l’étranger.

Pour les entrepreneurs comme Julien ou les ingénieurs comme Antoine, partir reste la réponse la plus saine face à des élites qui ignorent les galères du terrain. Rétablir ce lien brisé exigera bien plus qu’un discours : il faudra affronter une fracture profonde, où le peuple se sent trahi par un système qui le broie au lieu de le servir.

IMPORTANT - À lire

Cette étude Gallup 2025 révèle une défiance inédite envers nos institutions. Chaos politique, pessimisme économique, fracture béante entre élites et Français ordinaires : un cocktail explosif qui pousse 27% d'entre nous à rêver d'exil.

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