Exportations italiennes en danger : Rome appelle la BCE à agir sur ses taux afin de « réduire la force de l’euro »

L’Italie en appelle à la BCE pour faire baisser l’euro, qui pénalise l’export L’Italie en appelle à la BCE pour faire baisser l’euro, qui pénalise l’export

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Antonio Tajani critique la force de l’euro et demande à la BCE de réduire ses taux pour aider les exportateurs européens.
  • Les industriels européens souffrent des décisions bruxelloises et des droits de douane, voyant leurs marges fondre.
  • L’Italie, troisième exportateur vers les États-Unis, risque une chute de ventes de 16,7 milliards d’euros par an.
  • Tajani espère que la BCE s’inspire de la Fed pour alléger le fardeau des entreprises italiennes.

Vendredi, en sa qualité de chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani a pressé la Banque centrale européenne (BCE) d’abaisser ses taux afin de « réduire la force de l’euro » et de soutenir ainsi les exportations italiennes, mises à mal par les tensions commerciales.

« Un dollar de plus en plus faible et un euro de plus en plus fort mettent en difficulté nos exportateurs, sans parler des droits de douane qui aggravent leur fardeau », a lancé Antonio Tajani lors d’une conférence de presse conjointe avec Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce de passage à Rome.

Les industriels européens paient, encore une fois, le prix fort des décisions bruxelloises. Pendant que les technocrates s’auto-congratulent sur la « force » de la monnaie, les entrepreneurs voient leurs marges fondre comme neige au soleil.

Comment rester compétitif quand chaque produit exporté devient mécaniquement plus cher pour les clients étrangers ?

Cette situation catastrophique pour l’économie réelle n’est pourtant pas une surprise. Depuis des années, les mêmes élites qui vantent les mérites d’une Europe « puissante » sabordent en réalité toute possibilité pour les entreprises de lutter à armes égales sur les marchés mondiaux.

Les conséquences économiques des politiques monétaires

Tajani, ancien président du Parlement européen, semble enfin réaliser ce que les patrons de PME savent depuis longtemps : la politique monétaire européenne est déconnectée des besoins du terrain.

Le chef de la diplomatie italienne a exprimé son espoir de voir la Banque centrale européenne (BCE) s’inspirer de son homologue américaine en abaissant ses taux et en rachetant de la dette.

« J’espère que l’on commencera à réfléchir aussi à la Banque centrale européenne (BCE), comme ils le font à la banque centrale américaine, à une nouvelle réduction des taux, mais aussi à un nouveau rachat de dette sur le marché, pour permettre d’avoir plus de liquidités et réduire la force de l’euro », a-t-il déclaré.

Pendant que la Fed américaine continue d’alléger le fardeau des entreprises et des ménages en baissant ses taux d’un quart de point le mercredi (désormais entre 3,75 % et 4 %) , les bureaucrates de Francfort font la sourde oreille.

La BCE, fidèle à sa tradition d’indifférence aux besoins réels des Européens, a préféré jeudi maintenir son taux d’intérêt directeur à 2 % – niveau stable depuis juillet.

Antonio Tajani dénonce l'impact du dollar faible et de l'euro fort sur les exportateurs européens

Les conséquences pour l’économie italienne

L’Italie, troisième exportateur européen de biens vers les États-Unis, risque de prendre un sacré coup dans les dents. Ses ventes pourraient chuter de 16,7 milliards d’euros par an selon Confindustria, le syndicat patronal italien. Machines-outils, boissons et automobiles… tous ces produits sont dans la ligne de mire de Washington.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, fait bonne figure en public. Il qualifie l’accord sur les droits de douane de 15 % avec les États-Unis de « bon accord ».

« Cependant, si les Américains abaissent de plus en plus la valeur du dollar, même ce bon accord risque d’être annulé sur un autre front », avoue-t-il.

Pendant ce temps, l’économie italienne continue sa descente aux enfers. L’exécutif de Meloni a confirmé début octobre une nouvelle baisse des prévisions de croissance, déjà divisées par deux en avril du fait de la hausse des droits de douane imposée par les États-Unis. Ces surtaxes étranglent l’export italien, et l’horizon s’assombrit avec des objectifs minimes : à peine 0,5 % de croissance pour 2025 et un maigre 0,7 % prévu en 2026.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Rome, jadis puissance économique, se retrouve à genoux face au protectionnisme américain, qui frappe de plein fouet l’industrie italienne.

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