🔥 Les essentiels de cette actualité
- À Pékin, Xi Jinping et Mikhaïl Michoustine scellent une alliance pour contrer les sanctions occidentales et renforcer leurs liens économiques.
- Les deux nations promettent de défendre leurs intérêts de sécurité communs face aux pressions croissantes des États-Unis et de leurs alliés.
- Malgré une baisse des échanges, 15 accords signés et une coopération renforcée dans l’énergie, l’agriculture et le numérique.
- Les transactions russo-chinoises se font désormais à 99,1 % en roubles et yuans, marquant une rupture avec le dollar et l’euro.
Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine se sont engagés à apporter des « réponses appropriées aux défis externes » lors de réunions à Pékin le 4 novembre, alors que les deux nations font face à une pression occidentale croissante concernant leur partenariat approfondi dans le contexte du conflit ukrainien en cours.
Xi Jinping a reçu Michoustine dans l’imposant Grand Palais du Peuple, après que le chef du gouvernement russe et son homologue chinois Li Qiang se furent retrouvés à Hangzhou la veille. Les deux puissances ont promis de resserrer leurs liens économiques.
Derrière ces poignées de main officielles et ces sourires de façade se dessine une coopération stratégique bien réelle. Les deux nations entendent « défendre leurs intérêts de sécurité communs » face à ce que Xi a lui-même appelé des « conditions externes turbulentes ».
Une façon à peine voilée de désigner les États-Unis et leurs alliés ainsi que leurs mesures punitives.

Les liens Russie-Chine à l’épreuve
Le voyage diplomatique de Moscou à Pékin s’inscrit dans un contexte délicat. La Russie se trouve confrontée à une situation inédite depuis le début de son opération en Ukraine : son commerce avec la Chine, son allié économique principal, marque le pas.
Les échanges entre les deux géants ont chuté de 9,4 % sur un an, tombant à 163,62 milliards de dollars pour les trois premiers trimestres de 2025. Cette baisse, la première constatée depuis février 2022, intervient au moment où Moscou compte plus que jamais sur Pékin pour contourner les restrictions internationales.
Selon la chaîne CCTV, à Pékin, Xi n’a pas mâché ses mots face à Michoustine :
« Les relations entre la Chine et la Russie avancent à un niveau supérieur, et ce, malgré tous les obstacles qu’on essaie de mettre sur leur route. »
Le président chinois a clairement affirmé que cette relation privilégiée n’était pas un hasard, mais bien un « choix stratégique » délibéré des deux nations. Xi a ensuite dressé la liste des domaines où les deux pays comptent renforcer leurs liens : énergie, agriculture, aérospatiale, numérique et développement vert.
Les pourparlers ont porté leurs fruits avec 15 accords signés et une déclaration commune où ils s’engagent à « renforcer la coopération dans tous les domaines et répondre de manière appropriée aux défis externes ».
Le Kremlin a confirmé sa fidélité au principe d’ « une seule Chine » pour Taïwan – un sujet toujours sensible dans les chancelleries occidentales.
De son côté, la partie chinoise a clairement affiché son appui aux « efforts russes pour assurer la sécurité et la stabilité », un message qui sonne comme un pied de nez aux mesures punitives qui n’ont pas réussi à isoler la Russie sur la scène internationale.

Face aux pressions : la riposte sino-russe
Face à Washington qui serre la vis, Pékin et Moscou se trouvent dans une drôle de posture. Des négociations s’intensifient alors que les restrictions américaines commencent vraiment à mordre.
Les grandes compagnies pétrolières chinoises ont coupé le robinet des achats de brut russe après le coup de massue d’octobre contre Rosneft et Lukoil. Pas une mince affaire : 400 000 barils quotidiens qui ne coulent plus, soit près de la moitié de ce que la Chine rapatriait de Russie.
Face à cette situation, le Premier ministre russe a mis l’accent sur « la création de conditions favorables aux investissements mutuels et au soutien des projets communs ». Pas des paroles en l’air, puisque environ 80 gros projets d’investissement, d’une valeur dépassant les 200 milliards de dollars, sont déjà lancés entre les deux pays.
Fait significatif qui devrait faire réfléchir nos dirigeants européens, si prompts à servir les intérêts américains : les échanges commerciaux russo-chinois s’affranchissent totalement du dollar. Michoustine a révélé que 99,1 % des transactions se font désormais en roubles et en yuans.
Michoustine a d’ailleurs lâché une phrase qui en dit long sur cette émancipation monétaire : l’usage du dollar et de l’euro est tombé « au niveau de l’erreur statistique ». Une gifle pour les monnaies occidentales qui se croyaient indispensables au commerce mondial.
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