Morandini de retour sur CNews dès le lendemain de la confirmation de sa peine

Définitivement condamné pour corruption de mineurs, Morandini reste sur CNews Définitivement condamné pour corruption de mineurs, Morandini reste sur CNews

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La Cour de cassation a confirmé la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs via des messages indécents, mais il est revenu sur CNews le lendemain, affirmant une provocation flagrante malgré les faits graves.
  • La direction de Canal+ assume pleinement de maintenir l’animateur à l’antenne, en arguant qu’il n’est plus en contact avec des mineurs, ce qui évite d’aborder son inscription au fichier des délinquants sexuels.
  • Les échanges virtuels avec des adolescents de 15 ans, jugés prédateurs, ont entraîné une peine aggravée de deux ans de prison avec sursis, interdisant définitivement toute activité auprès de mineurs.
  • Sous la protection de Vincent Bolloré, CNews offre un sanctuaire à Morandini malgré les condamnations, ce qui remet en question l’éthique médiatique de la chaîne dans son ensemble.

Le 14 janvier, la Cour de cassation a confirmé un arrêt définitif contre Jean-Marc Morandini pour des messages envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Dès le lendemain, à 10h30, l’animateur était pourtant de retour sur CNews avec Morandini Live, une provocation médiatique au lendemain d’une condamnation pour corruption de mineurs.

La direction du groupe assume d’ailleurs ouvertement cette position. « On assume complètement » le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, a déclaré jeudi Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France.

Ce 16 janvier, devant l’Association des journalistes médias, il a tenté de justifier cette décision en affirmant qu’« il n’est en contact avec aucun mineur à CNews », et ce « depuis très longtemps ». Un argument qui évite soigneusement la question de l’exemplarité d’un animateur désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Le sanctuaire Bolloré au-dessus des lois

La chronologie des faits est accablante : elle remonte à 2009 avec un jeune de 16 ans, puis à 2013 et 2015-2016 avec deux garçons de 15 ans. Les messages contenaient des échanges virtuels que la justice a jugés indécents, loin de la simple « drague » invoquée par son entourage pour minimiser les faits.

En décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé un an de prison avec sursis. En appel, le 21 mars 2025, la sentence a été aggravée : deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, interdiction à vie d’exercer auprès de mineurs et inscription au fichier des délinquants sexuels (FIJAIS).

Pour comprendre comment une telle présence est possible, il faut remonter à 2016, lors de son arrivée à iTélé. Alors qu’il venait d’être mis en examen, les syndicats avaient lancé une grève massive : un tiers des journalistes ont préféré démissionner plutôt que de cautionner son embauche.

Écarté partout ailleurs, Morandini a bénéficié d’une complaisance totale chez CNews. Vincent Bolloré, en s’affranchissant de toute éthique médiatique, lui a offert un sanctuaire. C’est ce système qui lui permet aujourd’hui de conserver son émission malgré son statut de condamné.

Des échanges condamnables et une défense déconnectée

Au cœur de l’affaire figurent des échanges virtuels que la défense tente de présenter comme du « badinage ». En 2013, avec un adolescent de 15 ans, les messages contenaient des formulations comme « est-ce que tu bandes ? », accompagnées d’emojis déplacés.

« Alors que l’avocat plaide une simple « imprudence », la justice y a vu une corruption de la jeunesse. Un témoignage mentionne également une demande de se déshabiller dès 2009 : un comportement prédateur qui dément le « jeu en ligne » décrit par l’intéressé. »

Parallèlement, une seconde affaire pour harcèlement sexuel entache le CV de l’animateur. Elle concerne la web-série « Les Faucons », dans laquelle des comédiens auraient été poussés à la nudité lors de castings. En appel, en janvier 2025, la peine a été durcie à dix-huit mois de prison avec sursis.

Malgré cette accumulation de condamnations pour des délits sexuels et du harcèlement, CNews choisit de maintenir à l’antenne une personnalité officiellement bannie de toute activité avec des mineurs : une décision qui interroge sur les valeurs défendues par la chaîne.

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