🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le 27 juillet à 12h30, Mike Borowski en direct sur Géopolitique Profonde. Dieudonné interdit de spectacle par la gendarmerie, prétextant le trouble à l’ordre public.
- Depuis 2014, l’État utilise un pouvoir préfectoral pour museler Dieudonné, validé par le Conseil d’État. Une traque légale et logistique incessante.
- L’intervention policière à Lestrem montre une dérive : la criminalisation du dissident. La France installe un régime d’exception pour un seul homme.
Le 27 juillet à 12h30, Mike Borowski vous donne rendez-vous en direct sur Géopolitique Profonde.
Spectacle interdit, scène envahie, État démasqué
Vendredi 25 juillet 2025, dans une salle privée du Pas-de-Calais, le rideau s’ouvre sur un spectacle comique. Il se referme quelques minutes plus tard sur une démonstration de force policière. Dieudonné, humoriste controversé mais juridiquement libre de jouer, est interrompu sur scène par une commandante de gendarmerie. Aucune violence, aucune provocation, juste un micro, un public, et un homme en pleine représentation. L’autorité décide que cela suffit.
Ce soir-là, un arrêté préfectoral interdit sa représentation initiale à Dunkerque. Pour s’y conformer, l’artiste délocalise son spectacle à Lestrem, dans un autre département. La légalité est respectée. Mais l’État ne s’en contente pas : un nouvel arrêté du Pas-de-Calais est signé à 20h, après le début du spectacle. Un détail crucial : en droit administratif, un acte ne peut avoir d’effet rétroactif.
Pourtant d’après l’équipe de Dieudonné, les gendarmes interviennent immédiatement, sans mandat, sans réquisition judiciaire, sans justification. Dieudonné est sommé de quitter la scène. Il obéit, sous menace directe. L’État décide désormais, en direct, qui peut parler, où et quand.
Une opération illégale menée sous uniforme
Le communiqué de l’équipe de production est sans appel : cette intervention est un acte hors-la-loi. Pas d’infraction constatée, pas de trouble, pas d’urgence. Et surtout, aucun texte ne prévoyait l’évacuation d’un lieu privé par les forces de l’ordre. Ce qui s’est produit relève d’une voie de fait au sens strict du droit : un usage illégal et brutal de la puissance publique. Les gendarmes ont franchi la scène comme on franchit une ligne rouge.
Ce soir-là, la préfète du Pas-de-Calais a signé un arrêté sans effet immédiat sur un événement déjà en cours. Quelques minutes plus tard, la gendarmerie intervenait sans base légale pour interrompre une activité protégée par la liberté d’expression. Il ne s’agit pas seulement d’un abus d’autorité : c’est une dérive manifeste du pouvoir exécutif. L’équipe de Dieudonné l’a compris.
Elle annonce une plainte, preuves vidéo à l’appui, pour abus de pouvoir, violation de domicile, entrave à la liberté de réunion et usage disproportionné de la force. Ce n’est pas une provocation politique, c’est une procédure pour rappeler à l’État ses propres lois.
Libertés publiques piétinées, précédent explosif
L’affaire Dieudonné dépasse de loin son seul auteur. Elle marque une rupture inquiétante dans l’usage de la force contre des citoyens. Un spectacle, dans un lieu privé, sans trouble ni débordement, est interrompu par une unité armée, sans décision judiciaire, en dehors de toute urgence. Le message est limpide : la liberté d’expression devient conditionnelle, suspendue au bon vouloir du préfet, exécutée au fusil par les forces de l’ordre.
Cette logique de répression préventive n’est plus une fiction. Elle est une pratique désormais banalisée par l’administration française. Ce n’est plus la justice qui régule les paroles dissidentes, c’est l’exécutif qui tranche. En contournant les tribunaux, en court-circuitant les garanties légales, l’État instaure une verticalité brutale, sans appel. Et l’humoriste devient, malgré lui, le révélateur d’un système prêt à piétiner ses propres fondements pour faire taire une voix.
Ce 25 juillet 2025 n’est pas un incident. C’est un précédent. Un moment où le pouvoir a franchi la scène pour imposer le silence. Un moment où la République a suspendu sa propre légalité pour une intervention spectaculaire. L’affaire Dieudonné n’est plus une querelle autour d’un artiste : c’est une affaire d’État.
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