🔥 Les essentiels de cette actualité
- Plus de 460 civils tués dans une maternité d’El-Fasher par les Forces de soutien rapide, selon l’OMS.
- Des travailleurs de la santé enlevés et une infirmière tuée lors de l’attaque du 26 octobre.
- Crise humanitaire avec malnutrition et choléra, aggravée par les conflits au Darfour.
- L’OMS appelle à un cessez-le-feu et à la protection des structures médicales.
Sanglant. C’est le seul mot qui vient à l’esprit face à l’horreur qui s’est déroulée dans la maternité d’El-Fasher au Soudan. Plus de 460 patients et accompagnateurs y ont été tués lors des récentes attaques des Forces de soutien rapide (FSR).
L’OMS est « consternée et profondément choquée par les informations faisant état du meurtre tragique de plus de 460 patients et accompagnateurs », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué publié le 29 octobre au soir.
Des travailleurs de la santé ont également été enlevés, selon les mêmes sources.
Face à l’ampleur de ces atrocités, le patron de l’OMS n’a trouvé qu’une formule à lancer : « Cessez le feu ! » Un appel qui risque fort de rester vain, comme d’habitude.
L’indignation sélective des organisations internationales face aux différentes crises mondiales pose encore une fois question. Quand certains conflits bénéficient d’une attention maximale et d’aides massives, d’autres, comme celui du Soudan, semblent relégués au second plan malgré la gravité des crimes commis.
Les « grands mots habituels » de l’OMS
La maternité, dernière lueur d’espoir désormais éteinte dans cette ville ravagée, a été attaquée avec violence le dimanche 26 octobre « pour la quatrième fois en un mois », d’après ce que rapporte l’OMS.
Une infirmière y a perdu la vie et trois soignants ont été blessés. Le cauchemar s’est intensifié mardi avec un bilan encore plus lourd : plus de 460 morts et l’enlèvement de six membres du personnel médical.
L’institution onusienne s’indigne que la ville d’El-Fasher, dans le nord de la région, vive une descente aux enfers que personne ne semble voir :
« Cette tragédie s’inscrit dans le contexte d’une crise qui s’aggrave rapidement à El-Fasher, dans le nord du Darfour, où l’escalade de la violence, les conditions de siège et la recrudescence de la faim et des maladies tuent des civils, y compris des enfants, et font s’effondrer un système de santé déjà fragile. »
Face à cette catastrophe, l’organisation a fini par réagir, avec ses grands mots habituels :
« L’OMS condamne avec la plus grande fermeté ces attaques horribles contre le système de santé et appelle au respect du caractère sacré des soins. »
Comme si une simple condamnation allait changer quoi que ce soit pour les habitants d’El-Fasher.
La situation au Darfour
Ces événements interviennent après la prise d’El-Fasher, dernière place forte de l’armée régulière dans l’ouest soudanais, par les FSR du général Mohammed Hamdan Daglo, dit Hemetti. Les paramilitaires ont arraché la ville aux troupes du général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, scellant leur emprise sur l’ensemble de cette immense région qui représente un tiers du territoire national.
Au Darfour, les FSR n’ont pas perdu de temps. Ils y ont déjà mis en place leur propre administration, créant un État dans l’État. Leur mainmise s’étend maintenant bien au-delà, englobant toute la partie occidentale du pays et certaines zones méridionales, où ils opèrent main dans la main avec leurs alliés locaux.
Au nord, à l’est et dans le centre du Soudan, l’armée règne en maître absolu sur un pays déchiré par une guerre qui dure depuis plus de deux ans.
La situation est catastrophique… les spécialistes redoutent non seulement que le pays ne se divise une nouvelle fois, mais aussi qu’on assiste au retour des tueries de masse qui ont ensanglanté le Darfour durant les années 2000, quand les milices et le pouvoir s’affrontaient déjà.
Crise humanitaire à El-Fasher
À El-Fasher, l’OMS s’inquiète d’un taux alarmant de malnutrition qui affaiblit les défenses immunitaires des habitants, les rendant des proies faciles aux maladies comme le choléra et la malaria. Et comment pourrait-il en être autrement ? Sans accès à l’eau potable, le choléra se propage comme une traînée de poudre dans la région.
Le bilan est déjà lourd : 32 morts sur 272 cas de choléra signalés cette année. Des chiffres qui font froid dans le dos mais qui, comme souvent avec les agences internationales, semblent bien loin des préoccupations de nos dirigeants, trop occupés à gérer leurs propres intérêts.
L’organisation s’alarme, certes. Mais on attend toujours les actions concrètes qui pourraient sauver ces vies. « Toutes les attaques contre les structures de santé doivent cesser immédiatement et sans condition. Tous les patients, le personnel de santé et les établissements de santé doivent être protégés en vertu du droit international humanitaire », a lancé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
L’OMS avait déjà comptabilisé 185 attaques contre des structures médicales avant l’assaut sur la maternité. Depuis le début du conflit en avril 2023, ces agressions ont causé la mort de 1 204 personnes et en ont blessé 416 autres. Sur la seule année 2025, on dénombre déjà 49 attaques ayant fait 966 victimes.
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