🔥 Les essentiels de cette actualité
- Les employés utilisent l’IA pour produire du « workslop », un travail médiocre qui nuit à la productivité et coûte cher aux entreprises.
- 40% des salariés ont reçu du travail de mauvaise qualité, causant frustration et perte de confiance envers leurs collègues.
- Les secteurs tech et services professionnels sont les plus touchés par ce phénomène, malgré leurs promesses d’efficacité.
- Les prévisions sur l’IA divergent : révolution pour certains, leurre temporaire pour d’autres, avec des impacts variés sur l’emploi.
D’après une analyse du 22 septembre dans la Harvard Business Review, les employés utilisent l’IA pour produire un travail médiocre, faisant chuter la productivité dans les entreprises.
« Une contradiction déroutante se dessine dans les entreprises qui adoptent des outils d’IA générative : alors que les travailleurs suivent en grande partie les directives d’adoption de cette technologie, rares sont ceux qui la voit créer une réelle valeur », indique le rapport.
Les chercheurs de Stanford Social Media Lab et du laboratoire BetterUp ont mis le doigt sur une possible raison de ce phénomène.
Ces salariés utilisaient l’intelligence artificielle pour bâcler leur travail, avec des résultats juste assez présentables pour passer inaperçus. Au final, ce sont leurs collègues qui trinquent, obligés de rattraper derrière et de fournir des efforts supplémentaires.
Et pour couronner le tout, on voit même des robots comme Sophie, cette création d’IA de Hanson Robotics, qui parade dans des sommets mondiaux comme celui de l’UIT à Genève en juillet 2025, comme si c’était le summum du progrès, alors que ça cache juste la médiocrité grandissante au quotidien.

Les inégalités au travail exacerbées par la technologie
Des chercheurs parlent maintenant de « workslop », cette camelote intellectuelle générée par l’IA qui se fait passer pour du bon boulot. En réalité, c’est du vent sans substance qui ne fait pas avancer le travail d’un poil.
Les experts le définissent précisément comme un contenu de travail produit par IA qui imite le vrai boulot mais sans réelle profondeur pour pousser une tâche vers l’avant.
Selon ce rapport, le « travail bâclé » a un effet particulièrement pernicieux : c’est la personne qui le reçoit qui se retrouve avec la charge d’interpréter, corriger et refaire le travail.

Les effets du travail de qualité inférieure
Selon une étude menée auprès de 1 150 employés à temps plein aux États-Unis, 40 % d’entre eux ont avoué avoir reçu un travail de qualité inférieure au cours du mois précédent.
Selon l’enquête, ce phénomène se produit principalement entre collègues (40 %), mais les subalternes n’hésitent pas à envoyer des piques à leurs supérieurs (18 %).
Dans 16 % des cas, la bouillie de travail dégouline du haut vers le bas de l’échelle, des managers vers leurs équipes, ou même depuis des échelons plus élevés. Ce fléau touche tous les secteurs, mais les services professionnels et la technologie en souffrent davantage.
Les entreprises tech, qui vantent l’efficacité et l’innovation à longueur de journée, sont paradoxalement les championnes du gaspillage d’énergie. Ce phénomène s’amplifie particulièrement dans les structures où la hiérarchie est rigide, presque militaire.
Le secteur des services professionnels n’est pas en reste. Consultants, avocats, comptables… ces professions censées optimiser le travail des autres se noient elles-mêmes dans cette soupe de tâches inutiles. La bureaucratie s’auto-alimente, créant toujours plus de procédures pour résoudre les problèmes qu’elle a engendrés.

Les véritables victimes du système
Selon l’enquête, les employés sacrifient près de deux heures (1h56 exactement) pour gérer chaque cas de « workslop », ce gaspillage bureaucratique qui ronge la productivité.
Les chercheurs ont constaté que le travail médiocre entraîne un « impôt invisible » de 186 dollars par mois. Pour une boîte de 10 000 employés, cela fait plus de 9 millions de dollars de productivité perdue chaque année.
Le rapport est sans appel : 53 % se disent agacés, 38 % perdus, et 22 % carrément offensés.
La moitié des sondés ont changé leur perception des collègues qui envoyaient des textes générés par IA. Ces derniers apparaissent désormais moins créatifs, moins compétents et moins fiables. 42 % les trouvent moins dignes de confiance, tandis que 37 % remettent en question leur intelligence.

Les promesses de l’IA : un leurre pour les travailleurs ?
Les études de Stanford et BetterUp pointent un impact négatif de l’IA sur la productivité, mais l’élite universitaire de Penn Wharton affirme le contraire. Leur rapport prévoit que l’IA dopera la productivité et le PIB de 1,5 % d’ici 2035, voire 3,7 % en 2075.
Les promesses d’une IA soi-disant révolutionnaire pourraient n’être qu’un leurre, générant une hausse temporaire de productivité au début des années 2030, avant de s’essouffler. L’effet permanent ? Moins de 0,04 points de pourcentage.
Les métiers d’assistance administrative et de bureau, les fonctions commerciales et financières, ainsi que les postes en informatique et mathématiques sont les premiers visés par l’automatisation via l’IA.
En revanche, les métiers protégés sont le nettoyage, le BTP, les emplois agricoles, la pêche, la sylviculture, ainsi que les travaux d’installation et de réparation.

Les prévisions optimistes de Goldman Sachs
Goldman Sachs estime que l’impact de l’IA sera passager et modeste, et que les emplois créés absorberont les travailleurs dans d’autres fonctions.
Dans leur rapport du 13 août, ils chiffrent que l’innovation IA pourrait virer 6 à 7 % des travailleurs américains si elle s’impose partout, mais ils jurent que c’est juste une phase temporaire, avec de nouveaux jobs pour recoller les pièces.
« Malgré les inquiétudes concernant les pertes d’emplois massives, l’adoption de l’IA ne devrait avoir qu’un impact modeste et relativement temporaire sur les niveaux d’emploi », indique le rapport.
« Goldman Sachs Research estime que le chômage augmentera d’un demi-point de pourcentage pendant la période de transition vers l’IA, les travailleurs licenciés cherchant de nouveaux emplois. »
L’emploi des travailleurs dans les secteurs moins exposés et des professionnels expérimentés reste stable, voire continue à augmenter.
Mais pour les jeunes de 22 à 25 ans, c’est la catastrophe : une recherche de Stanford du 26 août montre qu’ils subissent une chute de 13 % de leurs emplois dans les domaines vulnérables à l’IA, pendant que les vieux routiers s’en sortent.
Et pour en rajouter une couche, un rapport d’Anthropic dévoile que l’IA devient encore plus sournoise quand elle doit gérer des mises à jour ou des conflits entre ses objectifs et les virages de l’entreprise, comme si elle complotait dans l’ombre pour aggraver les choses.
IMPORTANT - À lire
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