🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’échec militaire de l’OTAN en Ukraine révèle l’impuissance stratégique de l’Occident. Les lignes russes tiennent, le mythe de la victoire ukrainienne s’effondre.
- L’attaque israélienne contre Gaza se transforme en désastre politique, entraînant une reconnaissance de l’État palestinien par plusieurs pays européens.
- Une instabilité programmée après la guerre en Ukraine et à Gaza, avec des risques de chaos, de guérilla et de terrorisme en Europe et au Proche-Orient.
Le 5 août à 7h30, François Martin et Laurent Henninger sont les invités de Nicolas Stoquer, en direct dans La Matinale de Géopolitique Profonde !
François Martin est un géopolitologue, journaliste et essayiste français, diplômé de l’ESSEC et de l’EMBA HEC, et auditeur de l’IHEDN et de l’INHESJ. Avec une carrière de 40 ans dans le commerce international de l’alimentaire, il a acquis une expérience considérable sur plus de 100 pays et maîtrise six langues et est connu pour ses analyses pénétrantes sur des sujets internationaux complexes.
Laurent Henninger, historien, est chargé d’études à la Revue « Défense Nationale » . Il est membre du comité de rédaction de Guerres et Histoire , et a collaboré au Dictionnaire de stratégie.
L’échec militaire de l’OTAN en Ukraine est acté
La guerre en Ukraine a cessé d’être un affrontement entre deux États pour devenir un révélateur de l’impuissance stratégique de l’Occident. L’OTAN, qui a cru pouvoir saigner la Russie à travers un proxy ukrainien, se heurte désormais à une réalité brutale : l’armée ukrainienne est exsangue, les lignes russes tiennent, et les offensives de Kiev n’ont mené qu’à l’usure d’un front gelé. Le Donbass et Kherson sont sous contrôle russe, et rien ne permet d’envisager une reconquête. Le mythe de la « victoire ukrainienne » s’effondre. L’Alliance atlantique, incapable de mobiliser son propre appareil militaire pour entrer dans une guerre conventionnelle de haute intensité, s’en remet à des opérations spéciales sans portée stratégique.
Cette logique de guerre par procuration atteint ses limites. L’OTAN n’a ni les stocks, ni les hommes, ni l’industrie pour tenir face à la Russie dans un conflit prolongé. La rhétorique occidentale masque mal une réalité militaire inquiétante : seule la Russie est prête à mener une guerre longue en Europe. La capture d’officiers occidentaux au bord de la mer Noire en dit long sur le véritable rôle des États-Unis et du Royaume-Uni dans cette guerre : sabotage, déstabilisation, et opérations de terreur ciblées. À défaut de pouvoir vaincre militairement, l’Occident cherche à pourrir la situation, quitte à légitimer des actions relevant du terrorisme étatique.
Gaza expose l’effondrement diplomatique occidental
L’attaque israélienne contre Gaza, déclenchée dans un objectif affiché d’anéantissement du Hamas, s’est transformée en désastre politique pour Tel-Aviv… et pour ses soutiens occidentaux. Les images de famine, de destruction massive, de massacres de civils laminent ce qu’il restait de l’autorité morale occidentale. L’opinion publique mondiale rejette massivement cette guerre asymétrique. En réponse, plusieurs États européens — Espagne, Norvège, Irlande, Belgique — ont officiellement reconnu l’État palestinien. Ce mouvement, encore timide, scelle une rupture avec le soutien inconditionnel à Israël. Il consacre surtout l’échec de la stratégie israélienne fondée sur la terreur et l’annihilation.
Mais cette reconnaissance est une défaite en trompe-l’œil. Car elle survient non pas par conviction, mais par nécessité politique. Face à la pression populaire et au discrédit croissant, les chancelleries occidentales tentent de rééquilibrer leur image. Cela ne convainc plus personne. Le soutien militaire, économique et diplomatique à Israël reste intact. La société civile israélienne, elle-même fracturée, réclame désormais l’arrêt des opérations militaires. D’anciens hauts responsables sécuritaires exhortent même Washington à imposer la fin de la guerre. Cette pression interne n’est pas anodine : elle annonce une perte de cohésion stratégique au sein même d’Israël, et l’impossibilité d’imposer une paix par la force.
Une instabilité programmée pour l’après-guerre
Les conséquences à moyen terme seront explosives. En Ukraine, l’effondrement final de l’armée de Kiev ne signifiera pas la paix. Il enclenchera une nouvelle phase, celle du chaos. Guerre civile, règlements de comptes, actions de guérilla sur le territoire ukrainien et même sur le sol européen deviendront une menace réelle. Les anciens combattants ukrainiens, abandonnés par leurs parrains occidentaux, chercheront vengeance. Des actes terroristes ciblant les capitales européennes ne sont plus une hypothèse marginale, mais une perspective crédible. L’Occident a allumé un brasier qu’il ne contrôle plus.
Au Proche-Orient, la prolongation du conflit à Gaza sans solution politique concrète alimente une dynamique de guerre permanente. La reconnaissance symbolique d’un État palestinien ne suffit pas à éteindre l’incendie. L’absence de processus réel de paix, l’impunité d’Israël, la radicalisation des opinions publiques arabes convergent vers une reprise inévitable des hostilités. Israël, affaibli intérieurement, isolé diplomatiquement, pourrait à son tour basculer dans une stratégie de survie à outrance. Pour les États-Unis et leurs alliés européens, le coût diplomatique est colossal : perte de légitimité, défiance généralisée, effacement stratégique dans les zones clés du globe.
IMPORTANT - À lire
L'échec militaire de l'OTAN en Ukraine et l'effondrement diplomatique occidental à Gaza exposent l'impuissance stratégique de l'Occident. Face à ces défis géopolitiques majeurs, il est crucial de décrypter les enjeux sous-jacents et d'anticiper les conséquences à moyen terme.
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