🔥 Les essentiels de cette actualité
- Après le cessez-le-feu à Gaza, Trump se voit en pacificateur mondial. Sa méthode : imposer la paix par la force. Mais est-ce applicable en Ukraine ?
- À Jérusalem et au Caire, Trump a orchestré des accords de paix, mais le Hamas reste menaçant. La stabilité est-elle réelle ou illusoire ?
- Convaincu de son succès, Trump veut maintenant « régler » l’affaire ukrainienne. Pourtant, la Russie de Poutine ne cède pas facilement. Quelle sera l’issue ?
Le 14 octobre à 7h, Olivier Piacentini, Sylvain Ferreira, Laurence Waki et Youssef Hindi sont les invités de La Matinales animée par Nicolas Stoquer, en direct sur Géopolitique Profonde.
Olivier Piacentini est un essayiste, diplômé de l’Institut d’Études politiques de Paris, spécialisé dans les questions de mondialisation et de géopolitique. Il a publié plusieurs ouvrages, dont « Vers la chute de l’Empire occidental », « La mondialisation totalitaire », « Le mirage mondialiste » et plus récemment « La chute finale : l’Occident survivra-t-il ? ».
Sylvain Ferreira est un historien militaire français, spécialisé dans l’art de la guerre et son évolution de 1850 à 1945. Il s’intéresse particulièrement à l’impact de l’ère industrielle sur les combattants et a contribué à plusieurs revues d’histoire militaire. Auteur et concepteur de jeux de stratégie, il a récemment publié La bataille de Marioupol : 25 février – 20 mai 2022.
Laurence Waki est une philosophe, écrivaine et essayiste française engagée dans la critique des normes sociales et des dérives autoritaires contemporaines. Elle s’est fait connaître par ses tribunes dans France-Soir, où elle dénonce la soumission croissante des citoyens aux injonctions étatiques et la perte d’autonomie individuelle.
Youssef Hindi est écrivain, chercheur indépendant et historien de l’eschatologie messianique. Ses travaux de recherches sont tournés principalement vers l’étude des origines des idéologies modernes, de leur évolution et leur influence sur la politique et la géopolitique contemporaines. Il a récemment publié son dernier ouvrage, co-écrit avec Pierre-Antoine Plaquevent « Israël et la guerre mondiale des religions : Géopolitique et millénarisme. »
Après Gaza l’Ukraine ? Trump se sent pousser des ailes
Triomphal à Jérusalem, conquérant au Caire, Donald Trump savoure son heure. À la Knesset, il a électrisé les foules par un discours de paix qui a renversé la scène politique israélienne. À Charm el-Cheikh, il a dominé la conférence pour la paix, entouré d’une vingtaine de dirigeants arabes dociles. Tous, de Macron à Erdoğan, se sont précipités pour apparaître sur la photo, alors que Trump avait déjà tout négocié.
Ce succès éclatant nourrit sa conviction d’être l’homme providentiel d’un nouvel ordre mondial fondé sur la paix par la force. Ivresse de victoire : il croit désormais pouvoir imposer le même scénario à la Russie et « régler » l’affaire ukrainienne par un coup d’autorité. Trump n’écoute plus personne. Enivré de sa propre aura, il pense que le monde entier finira, comme Israël et l’Égypte, par se ranger derrière lui.
À Jérusalem, Trump a transformé le Parlement israélien en scène impériale. Ovation debout, acclamations interminables, Netanyahou en allié fidèle : le message était clair, l’Amérique revient, et c’est Trump qui commande. Le plan était simple : libération des otages, suspension des frappes, engagement d’une phase de transition sous supervision régionale. En vérité, tout avait été scellé avant la conférence.
L’Égypte, redoutant d’être marginalisée, a improvisé un sommet pour s’approprier la victoire. Les Européens, Macron en tête, se sont précipités pour s’y montrer. Mais la réalité demeure : le Hamas ne désarme pas, la paix est fragile, et Trump, en croyant avoir pacifié le Proche-Orient, oublie que le sable du Sinaï ne scelle jamais rien.
Le faux triomphe de Charm el-Cheikh
Le sommet de Charm el-Cheikh fut un théâtre d’ombres. Derrière les sourires et les poignées de main, personne n’a pris le moindre risque. Tous les chefs d’État réunis ont simplement cherché à récupérer les fruits d’un accord déjà signé. Le Hamas refuse toujours de se soumettre, qualifie d’« absurde » toute idée d’expulsion, et menace de reprendre la guerre à la moindre provocation.
Ce soi-disant « sommet pour la paix » fut en réalité un concours de vanité où chacun voulait paraître indispensable. Trump, lui, a tout orchestré : la mise en scène, la signature, et l’annonce du cessez-le-feu. Son autorité a été totale, mais sa victoire reste superficielle. Le calme actuel n’est qu’un sursis. Gaza n’est pas pacifiée, elle est simplement mise sous cloche.
Cette illusion de paix n’a qu’un but : relancer le mythe de la Pax Americana. Trump croit que les marchés, le commerce et l’investissement suffiront à acheter la stabilité. Il imagine que les peuples arabes suivront le modèle israélo-égyptien et qu’une prospérité commune fera taire la haine. C’est une erreur classique des présidents américains : confondre soumission avec paix.
Le monde arabe n’est pas aligné, il est résigné. L’argent américain ne remplacera jamais la souveraineté, et les alliances forcées finissent toujours par exploser. La paix de Trump repose sur une façade. Derrière les drapeaux et les caméras, les rancunes s’accumulent. Le « deal du siècle » ressemble à un château de sable bâti sur les ruines de Gaza.
L’Ukraine, la prochaine illusion
Fort de son succès médiatique, Trump se tourne maintenant vers l’Ukraine. Il pense pouvoir reproduire la même méthode : menacer, séduire, marchander. Il a chargé Marco Rubio et Steve Witkoff d’accélérer le processus, persuadé qu’il peut « en finir avec la Russie » en quelques semaines. C’est une folie. La Russie de Vladimir Poutine n’est ni le Hamas ni l’Autorité palestinienne.
Elle ne se soumet à personne et ne cède jamais sous la pression. Trump confond la diplomatie du désert avec la géopolitique des empires. Là où ses deals fonctionnent avec des régimes dépendants, ils échoueront face à une puissance souveraine. Poutine ne négocie pas sur des selfies. L’Ukraine deviendra le révélateur de la limite du trumpisme diplomatique.
L’OTAN et l’Union européenne observent ce nouvel activisme américain avec méfiance. L’Europe est épuisée, divisée, incapable d’agir sans Washington. Mais Trump ne cherche pas des alliés : il veut des vassaux. Son objectif n’est pas la paix, c’est la domination. Il croit pouvoir imposer un nouvel équilibre mondial en traitant chaque conflit comme une transaction immobilière.
Cette méthode a fonctionné au Proche-Orient car elle reposait sur la peur et la dépendance. En Ukraine, elle ne produira que le chaos. Poutine n’a rien à vendre et ne pliera pas. L’illusion d’une paix express s’évanouira. Après Gaza, Trump risque de découvrir qu’on ne négocie pas avec la Russie comme avec un émir. Le monde réel l’attend, impitoyable.
IMPORTANT - À lire
Après Gaza, Trump pense pouvoir imposer la paix en Ukraine. Mais la Russie de Poutine n'est pas le Hamas. Découvrez chaque mois dans notre revue papier des analyses approfondies sur les enjeux géopolitiques mondiaux, de l'Orient à l'Occident.
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