🔥 Les essentiels de cette actualité
- Découvrez comment l’Europe militaire fait face à l’effondrement du monde unipolaire, alignée sur l’agenda de Washington, et ses implications géopolitiques.
- Apprenez comment le rapprochement entre Inde, Chine et Russie redessine les équilibres mondiaux, malgré les pressions américaines.
- Explorez l’émergence d’un ordre multipolaire avec les BRICS et l’OCS, où la coopération et le dialogue remplacent la confrontation.
Le 2 août à 7h, Sylvain Ferreira et Laurent Michelon sont les invités de Nicolas Stoquer, en direct dans La Matinale de Géopolitique Profonde !
Sylvain Ferreira est un historien militaire français, spécialisé dans l’art de la guerre et son évolution de 1850 à 1945. Il s’intéresse particulièrement à l’impact de l’ère industrielle sur les combattants et a contribué à plusieurs revues d’histoire militaire. Auteur et concepteur de jeux de stratégie, il a récemment publié La bataille de Marioupol : 25 février – 20 mai 2022.
Laurent Michelon est un entrepreneur français en Chine qui partage son temps entre Hong Kong et Pékin. Il est établi dans la région depuis plus de 20 ans, où il a travaillé dans la diplomatie culturelle française et pour plusieurs groupes de communication internationaux. Il est l’auteur du livre « Comprendre la relation Chine-Occident ».
L’Europe militaire face à l’effondrement du monde unipolaire
Alors que l’appareil militaro-industriel européen est mis en avant par ses dirigeants, l’agenda stratégique de l’Union se révèle aligné sur celui de Washington. L’Europe de l’Est se transforme en zone de déploiement avancé, symbole de sa dépendance à une vision sécuritaire importée. Ces bases et usines d’armement deviennent autant de bastions d’un monde qui décline, celui où les États-Unis imposaient sans partage leurs priorités. L’obsession de l’armement traduit moins une stratégie de puissance que la peur de perdre un statut. L’ultime bras de fer se joue autour de cette militarisation, alors même que le centre de gravité géopolitique se déplace vers l’Asie.
Cette fuite en avant militaire contraste avec l’émergence d’un autre paradigme. Les sommets de l’Organisation de coopération de Shanghai marquent un basculement vers une logique multipolaire, où le dialogue supplante la confrontation. Les élites européennes s’accrochent à une logique unipolaire mourante, tandis que de nouvelles coalitions redéfinissent les équilibres mondiaux. Ce contraste révèle la fracture entre un bloc occidental obsédé par la guerre et des acteurs eurasiatiques misant sur la coopération. L’image est claire : d’un côté, le culte des armes, de l’autre, la diplomatie active.
Le rapprochement entre Inde Chine et Russie
La dynamique récente entre New Delhi, Pékin et Moscou illustre cette réorientation historique. Malgré les menaces et les pressions américaines, l’Inde maintient un commerce fluide avec la Russie, affirmant sa souveraineté. Les sanctions dites secondaires n’ont pas brisé cette relation, au contraire elles ont rapproché New Delhi et Pékin, jadis rivaux, autour d’un intérêt commun : échapper au chantage économique. La résilience indienne démontre que la stratégie de coercition occidentale se retourne contre ses auteurs, nourrissant des alliances inattendues et durables.
Les entretiens récents entre Narendra Modi et Vladimir Poutine ont consolidé cette nouvelle réalité. En réaffirmant les causes profondes de la crise ukrainienne, la Russie met en avant la responsabilité du coup d’État de 2014, et non son opération militaire. Ce rappel s’inscrit dans une volonté de réécrire le récit international au-delà du filtre occidental. L’Inde, en refusant de céder à l’intimidation, valide ce discours par ses actes. Le résultat est une triangulation stratégique entre trois puissances, qui redessine les équilibres mondiaux en dehors du contrôle euro-américain.
L’ordre multipolaire et l’équilibre des civilisations
Les BRICS et l’OCS forment désormais le socle d’une architecture mondiale alternative. Ce n’est plus un simple bloc économique mais une vision civilisationnelle, qui reconnaît la pluralité des modèles politiques et culturels. La coopération devient la règle, même entre États aux intérêts divergents, car l’enjeu est de préserver l’essentiel : la paix. Le multipolarisme ne nie pas les tensions, mais il leur offre un cadre de gestion diplomatique plutôt que militaire. L’ordre en gestation est celui d’un monde où plusieurs pôles de puissance coexistent, sans qu’un centre unique impose sa loi.
Ce nouvel équilibre se construit dans la mémoire des trois décennies passées, marquées par les interventions armées et les guerres menées par l’Occident. Les élites eurasiennes entendent rompre avec cette logique destructrice. Elles affirment que la diplomatie doit primer, que le respect mutuel des civilisations constitue la base d’un ordre viable. La guerre permanente n’est plus tolérable, car elle a montré ses limites et ses échecs. La multipolarité apparaît alors comme la seule voie pour éviter l’embrasement global et redonner un avenir aux relations internationales.
IMPORTANT - À lire
Pour aller plus loin dans l'analyse des nouveaux équilibres mondiaux, découvrez notre revue mensuelle. Chaque mois, nous approfondissons les enjeux géopolitiques qui façonnent l'ordre multipolaire émergent, de l'affirmation des puissances eurasiennes à la redéfinition des alliances stratégiques.
Plongez au cœur des mutations qui bouleversent les relations internationales, avec des analyses exclusives sur les coulisses diplomatiques et les jeux d'influence. Notre revue vous offre les clés pour comprendre un monde en pleine recomposition, où la coopération supplante la confrontation.




La partialité et le conformisme historique de M Ferreira serait plus supportable si M Stoquer lui apportait une contradiction minimale