Iran : Trump évoque l’accord, l’asphyxie économique… ou la destruction du pays

Iran : Trump évoque l’accord, l’asphyxie économique… ou la destruction du pays Iran : Trump évoque l’accord, l’asphyxie économique… ou la destruction du pays

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Trump pose trois options face à l’Iran : un accord négocié, un étranglement économique, ou la destruction totale du pays.
  • Pourquoi Washington entretient-il simultanément la menace d’anéantissement et une ouverture au dialogue diplomatique ?
  • Les forces houthies ont lancé un missile balistique vers Riyad et mis hors service un pipeline saoudien stratégique.
  • Le retour précipité de Trump à la Maison-Blanche depuis Camp David signe-t-il une décision imminente sur le dossier iranien ?

Depuis plusieurs semaines, le dossier iranien occupe le centre de gravité de la politique étrangère américaine. Mais dimanche, la rhétorique de Donald Trump a franchi un nouveau seuil. Après un échange téléphonique avec le président, le journaliste Trey Yingst de Fox News a rapporté que Trump se disait en « mode décisionnel » et envisageait trois possibilités : parvenir à un accord, laisser l’Iran « pourrir économiquement » ou « anéantir » le pays. La formulation attribuée au président américain est particulièrement brutale : « Ma question est : si et quand est-ce que je fais sauter la nation entière ? Ils ont intérêt à bien se tenir. » Trump a également prévenu que « de très grandes choses vont se produire dans un avenir pas si lointain ».

« Le président a décrit les choix actuellement sur la table comme étant : anéantir l’Iran, le laisser pourrir économiquement, ou conclure un accord. »

Cette déclaration ne survient pas dans un vide stratégique. Les États-Unis maintiennent un blocus des exportations pétrolières iraniennes qui contribue à mettre l’économie du pays sous pression, tandis que leurs forces restent massivement engagées autour du détroit d’Ormuz. Le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, affirme que les forces américaines ont facilité au cours des deux derniers mois le passage de plus d’un milliard de barils de pétrole brut et fourni une « protection coordonnée » à plus de 2 000 transits de navires commerciaux. Washington affirme parallèlement que l’Iran n’a exporté aucun baril depuis le rétablissement de son blocus. Téhéran conteste régulièrement la présentation américaine de la situation maritime. Le rapport de force militaire et économique est donc bien réel, même si chaque camp livre sa propre bataille de communication.

Ce qui frappe dans la posture américaine est la combinaison d’une menace de destruction et d’une porte laissée ouverte à la négociation. Trump affirme envisager l’anéantissement de l’Iran tout en se disant « probablement » disposé à rencontrer le président iranien Masoud Pezeshkian, attendu à New York cette semaine pour l’Assemblée générale des Nations Unies. Washington a autorisé le président iranien et une délégation restreinte à participer au sommet malgré la guerre en cours. La méthode trumpienne apparaît ici dans toute sa radicalité : maintenir simultanément la perspective d’un accord et celle d’une escalade dévastatrice afin d’accroître la pression sur l’adversaire.

Une pression maximale qui menace d’embraser toute la région

Du côté iranien, la posture est celle d’un État sous pression mais qui refuse de montrer qu’il cède. Le commandement militaire iranien affirme disposer d’informations selon lesquelles les États-Unis prépareraient une nouvelle attaque, sans avoir rendu publiques les preuves sur lesquelles repose cette accusation. Il prévient qu’une reprise des frappes déclencherait des représailles prolongées contre les bases et intérêts américains dans la région et que les alliés régionaux de Washington participant à une offensive pourraient également être considérés comme parties au conflit. Trump reproche parallèlement à Téhéran de ne pas avancer suffisamment vers un accord et multiplie les menaces contre ses dirigeants. Les deux camps utilisent ainsi la menace militaire comme instrument de négociation au moment même où une rencontre diplomatique redevient envisageable.

La crise dépasse désormais largement le face-à-face entre Washington et Téhéran. Les Houthis, soutenus par l’Iran mais disposant de leur propre chaîne de commandement, ont revendiqué des attaques de missiles et de drones contre Riyad ainsi que contre une installation d’Aramco à Yanbu. La coalition saoudienne affirme avoir intercepté un missile visant la capitale. En revanche, l’attaque qui a gravement endommagé et temporairement fermé l’oléoduc Est-Ouest saoudien quelques jours auparavant provenait, selon les informations disponibles, d’Irak et n’a pas été revendiquée par les Houthis. Le Département d’État américain a parallèlement publié une alerte régionale, avertissant ses ressortissants d’un risque d’escalade imprévue, de fermetures d’espaces aériens et d’annulations de vols. Trump affirme pourtant que Washington reste en « communication constante » avec les Houthis et que ceux-ci ont accepté de ne pas combattre directement les forces américaines. Cette coexistence de canaux de communication et de fronts militaires montre à quel point le conflit régional s’est fragmenté.

Le retour anticipé de Trump à la Maison-Blanche depuis Camp David, un jour avant la date prévue, a encore renforcé les spéculations sur l’imminence d’une décision. Le New York Post rapporte que la Maison-Blanche n’a pas fourni d’explication particulière à ce changement de programme. Il serait excessif d’y voir à lui seul la preuve qu’une opération militaire est imminente, d’autant que Trump a déjà formulé depuis le début du conflit plusieurs menaces d’escalade qui n’ont pas été suivies d’effet. Mais le calendrier, les alertes de sécurité, les déclarations iraniennes et les propos du président américain suffisent à montrer que Washington se trouve à nouveau devant un choix majeur.

L’enjeu dépasse désormais la possibilité d’une rencontre entre Trump et Pezeshkian à New York. Après plus de six mois de guerre, Washington tente toujours de transformer sa supériorité militaire, son blocus pétrolier et la pression exercée sur l’économie iranienne en concessions politiques. Téhéran cherche au contraire à démontrer qu’il peut continuer à imposer des coûts régionaux et économiques suffisamment élevés pour négocier sans capituler. Entre la menace américaine de « faire sauter la nation entière » et les avertissements iraniens de représailles contre les intérêts américains, la diplomatie reprend donc sous la menace permanente d’une nouvelle escalade. La question est désormais de savoir si cette pression extrême permettra réellement d’arracher un accord ou si elle finira par provoquer précisément l’embrasement régional que les négociations sont censées éviter.

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Source : nypost.com


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