Si on leur en donnait l’occasion, les Ukrainiens vireraient Zelensky sans hésiter

Si on leur en donnait l'occasion, les Ukrainiens vireraient Zelensky sans hésiter Si on leur en donnait l'occasion, les Ukrainiens vireraient Zelensky sans hésiter

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Seuls 21 % des Ukrainiens voteraient pour Zelensky à la prochaine présidentielle, et il arrive sixième dans le classement de confiance, derrière plusieurs figures militaires.
  • La constitution ukrainienne ne prévoit explicitement la prolongation de mandat qu’pour le parlement : sur quelle base juridique réelle le mandat présidentiel se prolonge-t-il ?
  • 59 % des Ukrainiens tiennent Zelensky personnellement responsable de l’étendue de la corruption, qui a touché son cercle le plus proche.
  • Si des élections avaient lieu, Zaluzhny battrait Zelensky à 66 contre 34 : quelles conséquences pour les partenaires occidentaux alignés sur sa personne ?

L’image d’un Zelensky sans rival à l’intérieur de l’Ukraine ne correspond plus à la réalité politique du pays. Dans une enquête SOCIS menée du 28 juillet au 2 août 2026, seuls 17,8 % de l’ensemble des répondants déclaraient vouloir voter pour lui lors d’une présidentielle hypothétique, contre 17,1 % pour l’ancien commandant en chef Valeriy Zaluzhny. Parmi les électeurs décidés, Zelensky ne recueillait que 22,3 %, contre 21,4 % pour Zaluzhny. Plus inquiétant encore pour le président ukrainien, les simulations de second tour lui sont nettement défavorables : 33,8 % contre 66,2 % face à Zaluzhny, 39,7 % contre 60,3 % face à Kyrylo Budanov et 36,2 % contre 63,8 % face à Mykhailo Fedorov. Ces scénarios ne prédisent pas une future élection, mais ils montrent à quel point le paysage politique ukrainien s’est retourné depuis le triomphe de 2019.

Cette évolution pose une question que l’immense stature internationale acquise par Zelensky depuis 2022 a longtemps reléguée au second plan : que reste-t-il politiquement du président de guerre lorsque la population recommence à regarder vers l’après-guerre ? Le chef de l’État demeure une personnalité centrale, mais il n’occupe plus seul le terrain. Des militaires, d’anciens responsables de la défense et des figures issues de l’appareil sécuritaire rivalisent désormais avec lui dans les enquêtes d’opinion. The American Conservative en tire une conclusion particulièrement sévère : lorsqu’un scrutin redeviendra possible, Zelensky pourrait découvrir que sa célébrité internationale ne garantit plus sa domination électorale en Ukraine.

Un mandat prolongé par la guerre, un débat politique repoussé

Zelensky a été élu en 2019 pour un mandat présidentiel de cinq ans. Son mandat initial est donc arrivé à échéance en 2024, sans nouvelle présidentielle depuis. Le cadre juridique ukrainien explique cette situation : la loi sur la loi martiale interdit explicitement l’organisation d’élections présidentielles pendant son application, tandis que l’article 108 de la Constitution prévoit que le président continue d’exercer ses fonctions jusqu’à l’entrée en fonctions de son successeur. Il serait donc juridiquement faux d’affirmer que Zelensky occupe aujourd’hui illégalement la présidence. Mais cette continuité légale ne fait pas disparaître le problème politique : les électeurs ukrainiens n’ont plus été appelés à renouveler ou à retirer leur confiance au chef de l’État depuis 2019.

The American Conservative insiste sur une autre particularité du texte constitutionnel. L’article 83 prévoit expressément la prolongation du mandat de la Verkhovna Rada sous la loi martiale, tandis qu’aucune formulation identique n’existe pour la présidence. L’article 108 fournit cependant le mécanisme de continuité présidentielle, ce qui empêche de transformer cette différence en démonstration d’une illégalité. La controverse est donc moins solide juridiquement que politiquement : une présidence élue en 2019 continue nécessairement de gouverner plusieurs années plus tard sans possibilité de confrontation électorale tant que la loi martiale reste en vigueur.

« Le président de l’Ukraine exerce ses pouvoirs jusqu’à l’entrée en fonctions du président nouvellement élu. »

Cette situation ne signifie pas pour autant que les Ukrainiens réclament massivement des urnes immédiatement. Dans une enquête KIIS réalisée entre le 20 juillet et le 3 août 2026, seuls 15 % souhaitaient des élections avant même un cessez-le-feu. 23 % les jugeaient possibles après un cessez-le-feu accompagné de garanties de sécurité, tandis que 57 % voulaient attendre un accord de paix définitif et la fin complète de la guerre. La loi martiale protège donc actuellement Zelensky de toute confrontation électorale, mais elle répond aussi à une opinion publique qui, pour l’instant, privilégie majoritairement la fin du conflit avant le retour aux urnes.

La corruption rattrape le cœur du pouvoir

C’est sur la corruption que le pouvoir présidentiel apparaît particulièrement exposé. L’affaire dite des « bandes Mindich » a directement touché l’univers politique et personnel de Zelensky. Parmi les Ukrainiens connaissant cette enquête, 59 % estimaient que le président portait une responsabilité personnelle dans les faits de corruption attribués à Tymur Mindich, son ancien associé de Kvartal 95. Cette réponse ne signifie pas que Zelensky soit accusé personnellement d’avoir participé aux faits, ce que le KIIS précise lui-même. Elle montre en revanche que, pour une majorité des personnes informées de cette affaire, la frontière entre les scandales de son entourage et sa propre responsabilité politique est devenue difficile à maintenir.

Les affaires se sont rapprochées encore davantage du sommet de l’État. Andriy Yermak, pendant des années l’un des hommes les plus puissants du système Zelensky, a quitté ses fonctions après une opération des agences anticorruption en novembre 2025. En mai 2026, il a ensuite été désigné comme suspect dans une enquête portant sur le blanchiment présumé d’environ 10,5 millions de dollars à travers un projet immobilier de luxe près de Kyiv. Yermak conteste les accusations. L’opération Midas a parallèlement impliqué Tymur Mindich dans un système présumé de commissions occultes de 100 millions de dollars autour du secteur nucléaire ukrainien. Aucun de ces éléments n’établit une implication pénale personnelle de Zelensky, mais ils montrent que les grandes affaires de corruption ne frappent plus des responsables périphériques : elles ont atteint son ancien chef de cabinet et un ancien partenaire d’affaires.

Les projections électorales prennent une autre dimension à la lumière de cette usure. Dans le sondage SOCIS d’août, Zelensky restait de peu en tête d’un premier tour hypothétique, mais chacun des trois seconds tours testés contre Zaluzhny, Budanov et Fedorov lui était largement défavorable. Le contraste est brutal : celui qui avait remporté la présidentielle de 2019 avec plus de 73 % des suffrages se retrouve désormais confronté à plusieurs personnalités capables, dans ces scénarios, de rassembler près des deux tiers des voix face à lui. Là encore, ces chiffres ne sont pas une prédiction, mais ils montrent qu’un éventuel retour aux urnes ne serait plus une formalité pour le président sortant.

Les indicateurs de confiance révèlent le même bouleversement. SOCIS plaçait Zelensky loin derrière plusieurs personnalités dans son enquête estivale. D’autres instituts lui donnent des résultats plus favorables : le KIIS mesurait encore, entre le 21 août et le 10 septembre, 54 % de confiance contre 41 % de défiance. Ce chiffre empêche de parler d’un rejet général du président. Mais il n’efface pas le constat politique principal : Zelensky n’écrase plus la scène ukrainienne comme au début de la guerre, et plusieurs rivaux militaires ou technocratiques disposent désormais d’un capital politique susceptible de peser lourd dès que la compétition électorale reprendra.

Ce basculement contraste avec la place occupée par Zelensky à l’étranger. Depuis février 2022, il est devenu pour Washington, Bruxelles et une grande partie des médias occidentaux l’incarnation politique de l’Ukraine en guerre. À l’intérieur du pays, pourtant, la question de sa succession a cessé d’être théorique. Zaluzhny, Budanov, Fedorov et d’autres personnalités apparaissent désormais régulièrement dans les sondages comme des alternatives crédibles. L’écart entre l’image internationale du président et l’émergence d’une concurrence intérieure est probablement l’un des enjeux majeurs de la future recomposition ukrainienne.

Les propres chiffres du KIIS montrent enfin à quel point l’héritage politique de Zelensky est devenu incertain. En avril 2026, seuls 28 % des sondés souhaitaient le voir rester président après la guerre. 16 % envisageaient qu’il reste en politique à une autre fonction, tandis que 30 % voulaient qu’il quitte la vie politique et 15 % souhaitaient qu’il fasse l’objet de poursuites pénales. Ces réponses ne permettent pas de savoir qui gagnera une future présidentielle. Elles disent cependant quelque chose de beaucoup plus concret : le président qui avait conquis l’Ukraine avec plus de 73 % des voix en 2019 n’aborde plus l’après-guerre en position d’évidence. Entre scandales autour de son entourage, montée de nouveaux rivaux et électorat profondément divisé sur son avenir, le temps où Zelensky semblait politiquement incontournable est terminé.

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Zelensky à 21 %, Zaluzhny en embuscade… les fractures de légitimité en temps de guerre méritent une analyse bien plus profonde que l'actualité immédiate.

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Source : theamericanconservative.com


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