🔥 Les essentiels de cette actualité
- Des unités d’élite françaises, dont le 13e Régiment de Dragons Parachutistes et le Service Action de la DGSE, auraient participé à des opérations clandestines en Ukraine.
- Un ex-haut cadre de la DGSE revendique : « Les opérations sont réussies aussi parce qu’on les aide ! » Fuite maladroite ou acte politique délibéré ?
- L’état-major français dément la présence du 13e RDP, mais garde un silence ciblé sur le Service Action et les commandos marine. Que cache ce mutisme partiel ?
- Si l’engagement est réel mais non avoué, le Parlement français est tenu à l’écart d’une décision impliquant deux puissances nucléaires. Quelles conséquences démocratiques et stratégiques pour Paris ?
Ce que rapporte L’Express dans son édition du 29 juillet mérite qu’on s’y arrête sans détour. Selon l’hebdomadaire, des militaires français seraient présents en Ukraine et apporteraient une aide opérationnelle aux services ukrainiens engagés dans des missions clandestines. Plusieurs unités sont citées : le 13e régiment de dragons parachutistes, le Service Action de la DGSE et des commandos marine. À ce stade, leur présence et la nature exacte de leurs missions ne sont pas publiquement établies. Mais ces informations fragilisent la communication de Paris, qui refuse depuis le début du conflit d’admettre toute participation française directe aux opérations conduites contre la Russie.
Le fossé entre ce que les gouvernements déclarent et ce que leurs services conduisent réellement dans l’ombre est une constante des rapports de puissance. Mais le secret cesse d’être une simple règle du jeu lorsque les opérations concernées peuvent viser le territoire d’une puissance nucléaire et exposer directement la France à des représailles. Ce qui frappe ici, c’est l’écart entre la prudence extrême de la parole officielle et la précision des informations désormais publiées sur l’aide apportée aux services ukrainiens.
« Les opérations sont réussies aussi parce qu’on les aide ! »
Cette déclaration d’un ancien haut cadre de la DGSE à L’Express ne ressemble guère à une confidence maladroite. Elle prend la forme d’une revendication à peine voilée : les succès ukrainiens seraient aussi ceux des services occidentaux qui les assistent. Il est impossible d’établir si cette déclaration relève d’une fuite organisée ou d’une initiative personnelle. Mais sa publication produit un effet politique évident : elle expose au grand jour un soutien français que le pouvoir préfère maintenir dans l’ambiguïté.
Kiev soutenu dans l’ombre : Paris entretient le déni
La France ne serait pas seule dans cette configuration. L’Express cite également le MI6 britannique, les pays baltes et les Pays-Bas, auxquels seraient attribués des rôles différents dans le soutien aux opérations ukrainiennes. Un haut cadre français du renseignement affirme que « les pays baltes et les Pays-Bas les ont aidés sur les questions techniques », tandis que « le MI6 et la DGSE » seraient intervenus « sur l’opérationnel ». Ces déclarations suggèrent une répartition des compétences entre plusieurs services occidentaux. Si elles sont exactes, le soutien apporté à Kiev dépasse largement la livraison de matériel et touche directement à la préparation ou à l’accompagnement des opérations clandestines ukrainiennes.
La réponse de la source interrogée au sein de l’état-major français est elle-même révélatrice de l’embarras officiel. Elle dément la présence du 13e RDP, mais refuse de commenter celle du Service Action et des commandos marine. Ce silence ne constitue pas une confirmation et ne permet pas de tenir leur présence pour acquise. Il nourrit néanmoins le soupçon : Paris choisit de démentir précisément une unité, tout en maintenant une opacité totale sur les deux autres composantes citées par L’Express.
La formule officielle selon laquelle « la présence de militaires en Ukraine est liée aux vacations habituelles à l’ambassade » constitue une réponse soigneusement calibrée. Elle reconnaît une présence militaire française limitée aux activités diplomatiques habituelles, tout en évitant de répondre clairement sur le Service Action et les commandos marine. Cette ligne devient de plus en plus fragile face aux informations publiées par L’Express et Intelligence Online. Dès le 29 juin, cette publication spécialisée évoquait le 13e RDP, le Service Action de la DGSE et le soutien discret apporté par Paris à des unités spéciales du renseignement militaire ukrainien.
La France entraînée dans la guerre sans débat public
Du point de vue du réalisme géopolitique, les opérations clandestines constituent un instrument classique de la politique de puissance. Elles ne sont pourtant jamais neutres. Aider les services ukrainiens sur le plan opérationnel, alors que Kiev mène des actions clandestines et des frappes contre la Russie, pourrait exposer la France à une escalade qu’elle refuse précisément de reconnaître devant sa propre population. Le problème n’est donc pas seulement la dissonance entre l’engagement réel et le discours officiel : c’est le risque de voir Paris participer à la guerre par étapes, sans jamais annoncer publiquement le franchissement de chacune d’elles.
Si Paris aide effectivement les services ukrainiens au niveau opérationnel tout en refusant d’en reconnaître publiquement la portée, la France assume des risques stratégiques sans en assumer la responsabilité politique. Moscou a averti à plusieurs reprises les gouvernements occidentaux contre toute implication directe et a récemment étendu ses menaces aux États accusés de laisser leur espace aérien être utilisé par des drones ukrainiens frappant la Russie. Ces déclarations ne suffisent pas à déterminer juridiquement le statut de la France dans le conflit. Elles montrent néanmoins que Moscou élargit sa propre définition politique des soutiens susceptibles d’être considérés comme hostiles. Paris s’enferme ainsi dans une zone grise dont il ne maîtrise pas seul les limites.
Une question de souveraineté décisionnelle se pose également. Si un engagement opérationnel français existe mais demeure secret, les parlementaires et les citoyens ne peuvent ni en évaluer les objectifs ni en mesurer les risques. La Constitution ne soumet pas toute opération extérieure à une autorisation parlementaire préalable. Elle impose néanmoins au gouvernement d’informer le Parlement dans les trois jours lorsqu’il décide de faire intervenir les forces armées à l’étranger, puis de demander son autorisation au-delà de quatre mois. Les éléments disponibles ne permettent pas de déterminer si les activités évoquées par L’Express entreraient juridiquement dans ce cadre. Mais ils justifient une question simple : jusqu’où l’exécutif peut-il engager la France aux côtés de Kiev tout en maintenant le Parlement dans l’ignorance ?
Reste l’inconnue centrale que les informations de L’Express ne permettent pas de trancher : quelle est l’étendue réelle de cet engagement ? S’agit-il de renseignement, de soutien technique, de planification, de fourniture de moyens ou d’une participation plus directe à certaines opérations ukrainiennes ? La distinction n’est pas secondaire : elle est militaire, politique et juridique. C’est précisément dans cette zone grise que Paris semble vouloir conserver une liberté d’action maximale, en aidant Kiev sans reconnaître publiquement jusqu’où va cette aide. Mais plus les informations s’accumulent, plus cette ambiguïté expose la France au risque d’être entraînée dans une confrontation dont les citoyens n’auront découvert les véritables contours qu’après le franchissement du point de non-retour.
Source : geopolitique-profonde.com

Macron n’est que la pointe visible du pouvoir. Si cela est possible c’est parce que tout un système francais pousse dans le sens d’une guerre avec la Russie. Un pays est toujours quelque part complice de la politique menée par ses dirigeants. Il en paiera malheureusement le prix fort.
L’aide que peut apporter la France n’est rien a la présence de soldats NORD CORÉENS sur le sol UKRAINIEN.