🔥 Les essentiels de cette actualité
- Mardi, les électeurs américains ont donné aux démocrates les deux chambres du Congrès, sanctionnant la guerre lancée en février avec Israël contre l’Iran.
- La fermeture du détroit d’Ormuz a coûté, selon les estimations, 47 milliards de dollars au contribuable américain. Qui paiera politiquement cette facture ?
- JD Vance affirme : « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre. » Que cherche la succession de 2028 dans ce positionnement ?
- Les démocrates n’entreront en fonctions qu’en janvier 2027. Que fera Donald Trump de ces deux mois, alors que trois porte-avions sont attendus dans la région ?
Le scrutin de mardi a rappelé une règle ancienne : en temps de guerre, l’opinion finit par présenter la facture. En donnant aux démocrates les deux chambres du Congrès, les électeurs américains ont sanctionné une guerre lancée en février, avec Israël, contre l’Iran. Son coût le plus visible est le prix du carburant. La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué une crise énergétique mondiale et coûté, selon les estimations, 47 milliards de dollars au contribuable américain. Donald Trump juge « largement vraie » l’analyse de son vice-président, tout en affirmant qu’il referait le même choix.
Une succession déjà ouverte
Le président ne pouvant se représenter, la guerre devient un enjeu de positionnement pour 2028. JD Vance en fait l’explication de la défaite : « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre. » Il s’appuie sur un sondeur anonyme, selon lequel la fin du conflit et un changement de relation avec Israël figuraient parmi les quatre premières demandes des électeurs de Trump en 2024 passés aux démocrates. Il se tourne ainsi vers la fraction la plus réticente aux engagements extérieurs de la base républicaine.
Ted Cruz, lui, ne peut pas tourner la page. Partisan de longue date d’une action contre Téhéran, il en est réduit à critiquer la durée du conflit, qui « aurait dû être bref, décisif, et terminé ». Sa position est aussi contradictoire. Il rejette le mémorandum de juin, qui prévoyait un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l’Iran, alors que ce texte était la seule sortie de crise esquissée, même si le cessez-le-feu s’est vite effondré.
Le Congrès, nouveau centre de gravité
Les démocrates disposent désormais d’un levier constitutionnel : le budget. Chuck Schumer invoque le pouvoir de la bourse, Ro Khanna propose d’interdire tout financement d’opérations de combat en Iran. Le levier a ses limites : budget de la défense et relèvement du plafond de la dette exigent un soutien des deux partis. Et selon Paul Musgrave, le vrai conflit portera moins sur la loi sur les pouvoirs de guerre que sur le refus de l’administration de respecter les plafonds de dépenses votés.
Reste un calendrier qui joue contre cette contrainte. Les démocrates ne prendront leurs fonctions qu’en janvier 2027. D’ici là, l’exécutif garde l’initiative : frappes sur l’île de Qeshm mardi, premières dans le détroit depuis juin, et trois porte-avions attendus dans la région. Giorgio Cafiero y voit une possible « fenêtre d’opportunité » pour une escalade. Trump a toutefois dit au Financial Times n’avoir aucun projet immédiat de nouvelles attaques. La médiation qatarie se poursuit, mais Téhran juge « peu convaincante » la dernière réponse américaine à ses conditions de réouverture d’Ormuz, et le même analyste prévient qu’Israël fera tout pour faire échouer un arrangement.
Les faits établissent une chose : la guerre se joue désormais autant à Washington qu’au Golfe. Un État qui décide seul d’entrer en guerre en assume seul le coût politique, et ses partenaires subissent les effets sur l’énergie sans avoir été consultés. Téhran n’a qu’à lire le calendrier américain. Ce qu’il faut observer maintenant, c’est ce que Trump fera de ses deux mois de latitude et ce que le Congrès fera, ensuite, de sa bourse.
