🔥 Les essentiels de cette actualité
- La mort de Daniel Siad en juillet a entraîné l’extinction automatique des poursuites, privant Ebba Karlsson de tout procès contre son accusateur.
- Pourquoi les enquêteurs ont-ils privilégié la surveillance à distance plutôt qu’une mise en cause directe de Siad, au risque de perdre le témoin clé ?
- Jean-Luc Brunel (mort en 2022), Jeffrey Epstein (2019), Daniel Siad (2025) : les mis en cause du réseau présumé disparaissent avant tout jugement.
- Quelles conséquences pour Gérald Marie, seul suspect encore en vie dans le volet français, face aux assignations visant l’État pour déni de justice ?
La mort de Daniel Siad, présenté comme un rabatteur présumé de Jeffrey Epstein, le 20 juillet à son domicile de Colombes, a entraîné l’extinction de l’action publique engagée contre lui. Pour Ebba Karlsson, ancienne mannequin suédoise qui l’accusait de viol et de traite des êtres humains, les conséquences sont lourdes : il n’y aura pas de procès contre cet homme ni de confrontation judiciaire. « La mort de Daniel Siad a été vécue comme une injustice pour nous les victimes », a-t-elle déclaré. Elle annonce désormais son intention d’assigner l’État français pour « déni de justice ».
Cette démarche remet au centre une question simple : pourquoi Daniel Siad est-il mort sans avoir été entendu alors qu’une enquête était en cours ? L’affaire ne concerne donc plus seulement les accusations portées contre lui. Elle pose aussi la question des délais de la justice française dans le volet français de l’affaire Epstein.
Affaire Epstein en France : une instruction sous pression après la mort de Daniel Siad
Ebba Karlsson a déposé plainte à Paris en février 2026. Elle accuse Daniel Siad de l’avoir fait venir de Suède à Monaco puis en France en lui promettant une carrière dans le mannequinat. Elle affirme avoir ensuite été violée dans une maison de Cannes, avant d’être conduite auprès de Gérald Marie, ancien dirigeant de l’agence Elite, qu’elle accuse également de viol. Daniel Siad contestait ces accusations avant sa mort. Son décès empêche désormais toute confrontation judiciaire avec Ebba Karlsson.
C’est précisément ce point qui se trouve au cœur de la procédure qu’elle entend engager contre l’État. Le parquet de Paris a indiqué que Daniel Siad faisait l’objet de techniques spéciales d’enquête, notamment d’interceptions téléphoniques, mais que les éléments recueillis n’avaient pas justifié son interpellation immédiate. L’enquête avançait donc, mais Daniel Siad est mort avant d’avoir été entendu. Pour Ebba Karlsson et son avocate, Me Colomba Grossi, cette situation pose directement la question des délais de la procédure.
«J’espère que la justice française va prendre au sérieux cette enquête et comprendre que Paris était un ’hub’ du trafic sexuel d’Epstein. Nous avons été trafiquées à Paris par l’intermédiaire de Jean-Luc Brunel et Gérald Marie pour le compte de Jeffrey Epstein. Il est important d’entendre Gérald Marie avant qu’il ne soit trop tard»
Cette déclaration montre l’urgence ressentie par Ebba Karlsson. Jeffrey Epstein est mort en 2019. Jean-Luc Brunel est mort en détention en 2022. Daniel Siad est désormais lui aussi décédé avant d’avoir été entendu. Gérald Marie, présenté par la source comme le seul mis en cause encore vivant, occupe donc une place centrale dans les inquiétudes de l’ancienne mannequin. Son avocate explique que la procédure contre l’État doit notamment permettre de « faire pression » afin que les investigations avancent dans un délai raisonnable.
L’association Innocence en danger, qui accompagne plusieurs plaignantes, a elle aussi assigné l’État en raison des lenteurs qu’elle juge injustifiées dans le traitement du volet français de l’affaire Epstein. Avec la démarche annoncée par Ebba Karlsson, la question des délais de la justice devient donc un élément central du dossier.
Déni de justice dans l’affaire Epstein : l’État français désormais mis en cause
Il serait faux de dire que la justice française n’a rien fait. Le parquet de Paris a indiqué que l’enquête ouverte le 18 février pour traite des êtres humains en bande organisée et association de malfaiteurs se poursuivait malgré l’extinction de l’action publique visant Daniel Siad. Des techniques spéciales d’enquête, notamment des interceptions téléphoniques, étaient utilisées. Mais pour Ebba Karlsson, le constat reste lourd : Daniel Siad est mort avant d’avoir été entendu et ne pourra plus être jugé dans cette affaire.
L’action pour « déni de justice » annoncée par Ebba Karlsson vise justement les délais qu’elle et son avocate reprochent à la justice française. Selon Me Colomba Grossi, la procédure doit permettre de « faire pression » pour que les investigations avancent dans un délai raisonnable. Après la mort de Daniel Siad, Ebba Karlsson formule désormais une demande claire : Gérald Marie doit être entendu « avant qu’il ne soit trop tard ».
La question n’est pas de déclarer coupables les personnes mises en cause, ce que seule une juridiction peut faire. Elle est de savoir si l’enquête a avancé assez vite pour permettre aux accusations d’être examinées et aux personnes concernées d’être entendues. La mort de Daniel Siad avant son audition, l’action déjà engagée par Innocence en danger et celle annoncée par Ebba Karlsson placent désormais cette question au cœur du volet français de l’affaire Epstein. C’est sur ce terrain que la justice française est aujourd’hui directement mise en cause.
Source : lefigaro.fr

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