🔥 Les essentiels de cette actualité
- Jeudi, Donald Trump a dit être proche d’une décision sur la reprise des frappes contre l’Iran : « Vous le saurez très bientôt. »
- Pourquoi cette menace survient-elle après la défaite de son camp aux élections de mi-mandat, avec une essence à 4,07 dollars le gallon selon l’AAA ?
- Trois pétroliers ont été signalés touchés vendredi à Ormuz. Selon les Gardiens de la révolution, deux ont heurté des mines sur des routes « non autorisées ».
- Que peut obtenir Washington par la force, alors que le Qatar s’est entretenu vendredi avec Trump d’une issue diplomatique ?
Donald Trump a déclaré jeudi qu’il était proche d’une décision sur la reprise des frappes contre l’Iran : « Je préférerais ne pas détruire ce qui reste du pays, si possible, mais je pourrais y être contraint. Vous le saurez très bientôt. » La menace n’est pas un acte, mais le moment où elle est formulée compte autant que son contenu. C’est la première fois que le président évoque de nouvelles frappes depuis la défaite de son camp aux élections de mi-mandat, que beaucoup ont lue comme un référendum sur la guerre et ses conséquences économiques.
Une marge de manœuvre rétrécie à Washington
La contrainte est d’abord intérieure. Le prix moyen de l’essence aux États-Unis atteint 4,07 dollars le gallon, celui du gazole 6,23 dollars, selon l’AAA. Le Brent, qui s’oriente à la baisse, ouvre encore juste sous les 99 dollars le baril. Pour un exécutif qui vient de perdre les urnes, relancer les bombardements, c’est risquer de faire repartir des cours que l’électeur juge chaque semaine à la pompe. L’avertissement public sert donc peut-être autant à peser sur la négociation qu’à préparer une opération. L’article ne permet pas de trancher entre ces deux lectures, et la prudence commande de ne pas le faire.
Le détroit comme levier iranien
Téhéran, lui, dispose d’un instrument bien moins coûteux qu’une armée conventionnelle : la navigation dans le détroit d’Ormuz. Trois pétroliers ont été signalés touchés vendredi matin. Les Gardiens de la révolution affirment que deux d’entre eux ont heurté des mines en empruntant des routes « non autorisées ». Le choix du mot est significatif : l’Iran revendique le droit de définir les couloirs de passage et traite tout écart comme une faute de l’usager. Il affirme en outre avoir abattu un drone américain au-dessus de l’île de Qeshm. Ces éléments restent des déclarations d’une partie, mais leur logique est lisible : maintenir un risque permanent sur le transit pour que le coût de la guerre pèse sur ceux qui la mènent.
La tension entre ces deux calculs explique l’entrée en scène du Qatar. L’émir Tamim ben Hamad Al Thani s’est entretenu vendredi avec Donald Trump d’une issue diplomatique, selon les informations disponibles. Le fait n’est pas anodin. Un État du Golfe, voisin immédiat du théâtre des opérations, a tout intérêt à ce que la navigation redevienne prévisible. Il offre à Washington un canal qui lui permet de négocier sans paraître céder.
Reste un constat asymétrique. Les États-Unis ont la supériorité militaire, mais leur temps politique s’épuise. L’Iran a moins de moyens, mais il peut durer à moindre coût. Dans cette configuration, une reprise des frappes ne règlerait pas la question du détroit, que l’Iran a démontré pouvoir perturber. La vraie décision n’est donc pas de savoir si Washington peut frapper encore, mais s’il peut obtenir par la force ce que son calendrier électoral et le prix du carburant lui interdisent d’attendre. Les prochains jours diront si l’ultimatum de la Maison-Blanche ouvre la voie à la négociation ou à une nouvelle escalade.
