🔥 Les essentiels de cette actualité
- Washington prépare une vente de 40 000 bombes lourdes à Israël pour 2,8 milliards de dollars, partiellement financée par l’argent du contribuable américain.
- Depuis octobre 2023, les États-Unis ont fourni au moins 21,7 milliards de dollars d’aide militaire à Israël. Pourquoi ce montant continue-t-il d’augmenter ?
- Tucker Carlson et Marjorie Taylor Greene contestent ouvertement ce soutien. Une fracture inédite s’ouvre-t-elle au sein du camp conservateur américain ?
- En 2026, seulement 46 % des Américains ont une opinion favorable d’Israël, contre 68 % trois ans plus tôt. Quelles conséquences pour l’alliance Washington-Tel Aviv ?
Les États-Unis préparent une nouvelle vente massive d’armes à Israël. Le projet atteint 2,8 milliards de dollars et comprend 40 000 bombes de 2 000 livres : 20 000 MK-84 et 20 000 BLU-117. Le Washington Post évoque également 20 000 ogives capables de pénétrer des structures renforcées. Une grande partie de cette opération serait financée grâce à l’aide militaire américaine. En clair : une partie importante de ces armes destinées à Israël serait payée avec l’argent du contribuable américain.
Tucker Carlson, devenu l’une des principales voix conservatrices opposées au soutien militaire massif à Israël, dénonce l’ampleur de cette livraison. Il estime qu’un transfert de cette taille serait sans précédent. Carlson a également comparé cette quantité de bombes à Hiroshima. Cette comparaison est discutable sur le plan scientifique, car elle mélange le poids total des bombes et leur véritable puissance explosive. Mais son argument principal reste le même : Washington s’apprête à financer plusieurs dizaines de milliers de bombes lourdes supplémentaires pour Israël.
« Il n’existe aucun précédent à ce que fait l’administration Trump. »
Ces bombes de 2 000 livres sont extrêmement puissantes. Elles peuvent détruire des bâtiments et des infrastructures fortifiées, mais leur utilisation dans des zones urbaines est particulièrement controversée. Israël a déjà utilisé ce type de munitions à Gaza et au Liban. En 2024, l’administration Biden avait elle-même suspendu l’envoi de 1 800 bombes de 2 000 livres par crainte de leur utilisation lors de l’offensive israélienne à Rafah.
Une alliance qui coûte des milliards aux États-Unis
Depuis 2016, Washington s’est engagé à verser 38 milliards de dollars d’aide militaire à Israël sur dix ans. Cela représente 3,3 milliards de dollars par an pour acheter du matériel militaire américain, auxquels s’ajoutent 500 millions destinés à la défense antimissile. Et depuis le 7 octobre 2023, les montants ont encore fortement augmenté.
Selon le Quincy Institute et le programme Costs of War de l’université Brown, les États-Unis ont fourni au moins 21,7 milliards de dollars d’aide militaire à Israël entre octobre 2023 et septembre 2025. En avril 2024, le Congrès avait également voté environ 14 milliards de dollars supplémentaires. La nouvelle vente de 2,8 milliards s’ajouterait donc à une aide déjà considérable.
C’est précisément ce que critique Tucker Carlson. Selon lui, la question n’est plus seulement de savoir si Israël est un allié des États-Unis. Il demande pourquoi le contribuable américain devrait continuer à financer à cette échelle les opérations militaires d’un autre pays. Les défenseurs de cette politique affirment qu’Israël aide Washington à contenir l’Iran et ses alliés. Carlson pose une autre question : à partir de quel montant et de quel niveau d’engagement les États-Unis doivent-ils commencer à défendre d’abord leurs propres intérêts ?
Joe Biden avait tenté de fixer quelques limites. En mai 2024, son administration avait suspendu certaines bombes lourdes destinées à Israël en raison de l’offensive prévue à Rafah. Mais cette décision n’avait jamais remis en cause l’ensemble de l’aide américaine. Donald Trump a ensuite levé cette suspension. Le nouveau projet de 40 000 bombes représente désormais une livraison d’une tout autre ampleur.
Une partie de la droite américaine ne veut plus payer
Le changement le plus important se produit désormais au sein même du camp conservateur. Tucker Carlson n’est plus seul. Plusieurs figures proches du courant America First contestent ouvertement le soutien militaire quasiment automatique accordé à Israël. Leur argument est simple : l’argent public américain ne devrait pas servir sans limite à financer les guerres d’un autre pays.
« Nous n’avons pas voté pour ça. L’Amérique ne soutient pas ça. Nos dollars d’impôts et nos armes ont servi à tuer des dizaines de milliers de personnes innocentes. »
Cette déclaration de Marjorie Taylor Greene montre à quel point le débat a changé. Il y a encore quelques années, une telle critique d’Israël aurait été beaucoup plus difficile à entendre dans le camp républicain. Aujourd’hui, la question devient autant financière et souverainiste qu’humanitaire : pourquoi Washington devrait-il payer tout en assumant les conséquences diplomatiques et militaires des décisions prises par Israël ?
L’opinion américaine évolue elle aussi. En février 2026, seulement 46 % des Américains avaient encore une opinion favorable d’Israël, contre 68 % trois ans plus tôt. Gallup relevait également 41 % de sympathie envers les Palestiniens contre 36 % envers les Israéliens. Chez les électeurs indépendants, l’écart était encore plus marqué : 41 % contre 30 %.
Cela ne signifie pas que les Américains soutiennent le Hamas ou souhaitent rompre toute relation avec Israël. Mais le soutien sans limite à l’État hébreu est de moins en moins consensuel. Un autre sondage indiquait que 48 % des électeurs estimaient désormais que les États-Unis soutenaient trop Israël.
Le changement commence même à apparaître au Congrès. En juillet 2026, le républicain Thomas Massie a proposé de supprimer 3,3 milliards de dollars d’aide militaire destinée à Israël. Son amendement a été largement rejeté, par 314 voix contre 104. Mais plus d’une centaine d’élus ont malgré tout voté pour réduire cette aide.
L’affaire des 40 000 bombes résume donc une fracture de plus en plus visible aux États-Unis. D’un côté, Washington continue de considérer Israël comme un allié militaire essentiel. De l’autre, Tucker Carlson et une partie du mouvement America First demandent pourquoi cette alliance devrait continuer à coûter des milliards de dollars et des dizaines de milliers d’armes au contribuable américain. Leur question est désormais simple : jusqu’où les États-Unis doivent-ils aller pour Israël avant de commencer à défendre en priorité leurs propres intérêts ?
IMPORTANT - À lire
Ces 40 000 bombes et des milliards de dollars de soutien américain soulèvent des questions géopolitiques bien plus larges. Notre revue papier les analyse chaque mois en profondeur.
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Source : newsweek.com



