Trump ridiculise l’idée de von der Leyen d’associer le Canada à l’Union européenne

Trump ridiculise l’idée de von der Leyen d’associer le Canada à l’Union européenne Trump ridiculise l’idée de von der Leyen d’associer le Canada à l’Union européenne

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Ursula von der Leyen propose au Canada de devenir le premier membre associé de l’UE, une notion absente des traités européens et encore sans contenu défini.
  • Pourquoi Trump qualifie-t-il ce rapprochement d’acte hostile, menaçant l’Europe de tarifs lourds avant même que l’initiative soit formalisée ?
  • Ottawa a rompu les négociations avec Washington le 21 août et riposté avec une surtaxe de 50 % sur les vêtements, fromages, métaux et bois américains.
  • Ce rapprochement UE-Canada annonce-t-il un rééquilibrage durable de l’ordre commercial atlantique, ou restera-t-il un simple signal symbolique ?

La guerre commerciale entre Washington et Ottawa vient de prendre une tournure inattendue. Ursula von der Leyen a proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’Union européenne, alors même que personne ne sait précisément ce que ce nouveau statut signifierait. La présidente de la Commission européenne a lancé cette idée devant le premier ministre canadien Mark Carney lors de son discours annuel sur l’état de l’Union. Une proposition spectaculaire, mais dont le contenu reste pour l’instant totalement flou.

Donald Trump a immédiatement tourné l’initiative en dérision. « Je pense que c’est risible, toute cette histoire avec le Canada », a-t-il déclaré devant des journalistes en Caroline du Nord. Le président américain a également averti que, s’il considérait cette initiative comme un acte hostile, Washington pourrait imposer de lourds droits de douane à l’Europe, voire cesser certains échanges commerciaux. « Si c’est une bonne intention, très bien. Si c’est une mauvaise intention, nous imposerons des tarifs très lourds à l’Europe », a-t-il prévenu.

Un « membre associé » dont personne ne connaît encore les règles

C’est précisément là que la proposition européenne pose question. Von der Leyen parle d’un statut inédit sans expliquer ce qu’il donnerait réellement au Canada. Le New York Post souligne lui-même qu’on ignore encore ce qu’une telle « adhésion associée » impliquerait concrètement pour une Union européenne créée notamment pour réduire les barrières commerciales et faciliter les échanges entre ses membres. Bruxelles lance donc une idée politique majeure avant même d’en avoir présenté les règles.

« Je souhaiterais travailler avec vous à l’ouverture d’une porte pour que le Canada devienne le premier membre associé de l’UE. »

Mark Carney a accueilli favorablement cette proposition. Présent au Parlement européen, il s’est levé pour embrasser Ursula von der Leyen après son annonce et devait s’adresser aux eurodéputés le lendemain. Cette séquence intervient alors que les relations entre Ottawa et Washington sont particulièrement tendues. Carney avait quitté les négociations commerciales avec les États-Unis le 21 août, refusant les conditions proposées par l’administration Trump.

Le contexte commercial explique largement ce rapprochement. Trump a récemment annoncé l’interdiction de la plupart des alcools, produits laitiers et motos venant du Canada, en réaction notamment aux restrictions canadiennes visant l’alcool américain. Ottawa a répliqué avec des droits de douane de 50 % sur plusieurs produits américains, notamment les vêtements, le fromage, les métaux et le bois. Washington menace également de porter à 50 % les tarifs sur tous les véhicules et pièces automobiles à partir du 1er janvier, en plus du même niveau prévu sur l’acier canadien.

Bruxelles s’invite dans le bras de fer entre Trump et le Canada

Dans ce contexte, la proposition de von der Leyen ressemble moins à une réflexion institutionnelle aboutie qu’à un signal politique envoyé à Washington. Alors que Trump utilise les droits de douane pour faire pression sur Ottawa, Bruxelles propose au Canada de se rapprocher davantage de l’Union européenne. Mais l’idée reste pour l’instant beaucoup plus symbolique que concrète : aucun détail n’a été donné sur les droits, les obligations ou les avantages qu’aurait ce mystérieux « membre associé ».

La réaction de Trump montre toutefois que Washington prend cette initiative au sérieux. Le président américain ne s’est pas contenté de se moquer du projet. Il a immédiatement évoqué de nouvelles sanctions commerciales contre l’Europe si ce rapprochement devait être considéré comme hostile aux intérêts américains. L’idée lancée par von der Leyen risque donc d’ajouter une nouvelle source de tension aux relations déjà difficiles entre Bruxelles et Washington.

Le plus étonnant reste la méthode. La Commission européenne propose publiquement de créer un statut inédit pour un pays situé de l’autre côté de l’Atlantique alors que sa définition reste inconnue. On ignore ce que le Canada pourrait obtenir, quelles règles européennes il devrait respecter ou jusqu’où cette association pourrait aller. Pour l’instant, il s’agit donc essentiellement d’une déclaration politique, lancée au moment où Ottawa cherche à résister aux pressions commerciales américaines.

Bruxelles veut ainsi ouvrir une nouvelle « porte » au Canada, mais personne ne sait encore exactement où elle mène. Derrière la mise en scène avec Mark Carney, une question beaucoup plus concrète reste sans réponse : pourquoi proposer un nouveau statut au sein de l’Union européenne avant même d’avoir expliqué aux Européens ce qu’il signifie, ce qu’il coûterait et jusqu’où il pourrait engager l’UE ?

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Source : nypost.com


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