« Est-ce que je les précipite en enfer sans aucune chance de survie ? » : Trump met l’Iran en demeure à l’ONU

« Est-ce que je les précipite en enfer sans aucune chance de survie ? » : Trump met l'Iran en demeure à l'ONU « Est-ce que je les précipite en enfer sans aucune chance de survie ? » : Trump met l'Iran en demeure à l'ONU

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Devant l’Assemblée générale de l’ONU, Trump a publiquement évoqué l’anéantissement de l’Iran comme option délibérée, forçant la délégation iranienne à quitter la salle.
  • Téhéran misait sur les élections de mi-mandat du 3 novembre pour anticiper un recul américain. Trump a explicitement fermé cette fenêtre d’attente.
  • Pourquoi Trump a-t-il choisi de s’attaquer frontalement à la CPI, l’UNESCO et l’OIM depuis la tribune même de l’ONU ?
  • Quelles conséquences pour le front de pression internationale contre l’Iran, si les nations pèsent leurs intérêts énergétiques face aux injonctions américaines ?

Le discours prononcé mardi par Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations unies compte parmi les interventions les plus frontales de son second mandat. Pendant près de trente-huit minutes, le président américain a défendu une conception de la politique étrangère fondée sur la puissance des États-Unis, la souveraineté nationale et le rejet des mécanismes internationaux qu’il considère comme contraires aux intérêts américains. Devant l’ONU elle-même, Trump a ainsi opposé la primauté de Washington à plusieurs formes de gouvernance multilatérale.

L’Iran constituait le cœur le plus explosif de son intervention. Trump a publiquement envisagé l’hypothèse d’un « anéantissement » de la République islamique en l’absence d’accord, tout en affirmant continuer de croire à une issue négociée. La menace militaire et l’offre de négociation apparaissent ainsi comme les deux faces d’une même stratégie de pression maximale sur Téhéran.

« Est-ce que j’anéantis la République islamique, rapidement, sans jamais lui laisser la possibilité de tuer et de détruire des peuples et des pays à nouveau ? Est-ce que je les précipite en enfer sans aucune chance de survie et sans aucun espoir de grandeur future pour des générations entières ? »

La délégation iranienne a quitté la salle pendant le discours. Le geste traduit le niveau de confrontation atteint entre Washington et Téhéran, mais il serait excessif d’en conclure que toute voie diplomatique est fermée. Trump a au contraire prédit qu’un accord pourrait intervenir après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre. La formule reste néanmoins brutale : la négociation est présentée sous la pression d’une capacité militaire américaine dont le président affirme être prêt à faire usage.

Une doctrine de la pression maximale, assumée jusqu’à l’extrême

Trump affirme que Téhéran attend le résultat des élections de mi-mandat avant de décider de sa stratégie. Mais il a simultanément assuré que ce scrutin ne pèserait pas sur sa propre décision concernant l’Iran, rappelant qu’il ne figurait pas lui-même sur le bulletin de vote. Cette séquence lui permet de transmettre un message précis aux dirigeants iraniens : un changement de majorité au Congrès ne doit pas être interprété comme la garantie d’une inflexion présidentielle sur le dossier nucléaire.

Sur le plan militaire, Trump a rejeté les affirmations selon lesquelles les États-Unis manqueraient de munitions, allant jusqu’à qualifier leurs auteurs de « lâches et de traîtres ». Il a surtout annoncé que dix-huit nouvelles usines de munitions étaient actuellement en construction, certaines étant selon lui proches de leur achèvement. L’objectif affiché est d’accélérer la constitution des stocks américains et la livraison de missiles et de munitions aux alliés de Washington.

Trump a également appelé les autres pays à participer à une « isolation économique complète » de l’Iran jusqu’à ce que Téhéran cesse ses attaques contre le transport maritime commercial, abandonne ses ambitions nucléaires et mette fin à son soutien au terrorisme. Washington cherche ainsi à transformer sa campagne de pression en front international, en combinant sanctions économiques, puissance militaire et menace d’une nouvelle escalade.

L’ONU comme tribune de la souveraineté américaine

Le deuxième axe du discours concernait les institutions et mécanismes internationaux que Trump considère comme des atteintes à la souveraineté. Il s’est attaqué aux projets de taxation internationale, au Conseil des droits de l’homme et à l’UNESCO. Il a également pris pour cible la Cour pénale internationale, qui n’est pas une institution de l’ONU mais une juridiction indépendante, qualifiant la CPI d’institution « hors de contrôle » et appelant ses États membres à la quitter.

La formule choisie par Trump résume cette doctrine souverainiste :

« Il n’existe pas de gouvernement mondial, et tant que je serai président, il n’y aura pas de taxes mondiales. »

Cette position repose sur une conception assumée des relations internationales : les États-Unis refusent qu’une autorité extérieure puisse contraindre leurs décisions dans des domaines considérés comme relevant de leur souveraineté. Mais le discours révèle également une tension classique de la puissance américaine. Washington réclame son autonomie face aux institutions internationales tout en appelant ces mêmes partenaires et institutions à soutenir ses objectifs lorsqu’il s’agit, par exemple, d’isoler économiquement l’Iran.

C’est surtout l’affichage de cette doctrine qui marque le discours. Trump utilise la tribune de l’ONU pour contester ouvertement certaines formes de gouvernance multilatérale, tout en reconnaissant que l’organisation possède un « grand potentiel » à condition, selon lui, qu’elle abandonne l’agenda des « bureaucrates globalistes ». Il ne propose donc pas exactement la disparition de l’ONU, mais une organisation profondément recentrée sur la souveraineté des États et compatible avec les priorités américaines.

Sur l’intelligence artificielle, Trump a appliqué la même logique. Il a rejeté toute tentative de construire un système international de contrôle de ce qu’il souhaite désormais appeler la « super intelligence ». Il affirme vouloir laisser les entreprises américaines développer ces technologies sans réglementation internationale susceptible, selon lui, d’en ralentir la croissance, tout en laissant aux autorités américaines la possibilité d’intervenir si nécessaire.

Ce discours à l’ONU sera surtout jugé sur ses conséquences. L’Iran acceptera-t-il de négocier sous la pression des sanctions et des menaces militaires, ou choisira-t-il de prolonger le bras de fer ? Les autres États accepteront-ils de rejoindre l’isolation économique réclamée par Washington ? Et les institutions internationales directement attaquées par Trump conserveront-elles leur capacité d’action face au retrait ou à l’opposition de la première puissance occidentale ? Derrière la violence des formules se dessine ainsi une interrogation plus profonde : jusqu’où les États-Unis peuvent-ils imposer leurs priorités tout en contestant les mécanismes multilatéraux lorsqu’ils limitent leur propre liberté d’action ?

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Source : nypost.com


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