Mamdani réclame à nouveau l’arrestation de Netanyahu à New York : « Un criminel de guerre »

Mamdani réclame à nouveau l’arrestation de Netanyahu à New York : « Un criminel de guerre » Mamdani réclame à nouveau l’arrestation de Netanyahu à New York : « Un criminel de guerre »

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Zohran Mamdani, maire de New York, a publiquement qualifié Netanyahu de « criminel de guerre » et appelé à honorer le mandat d’arrêt de la CPI.
  • Pourquoi un maire a-t-il invoqué un instrument juridique supranational qu’il reconnaît lui-même ne pas avoir le pouvoir d’appliquer ?
  • Netanyahu a répondu directement à Mamdani en vidéo, l’accusant de soutenir le Hamas et d’inciter à des violences contre les Juifs de New York.
  • Quelles conséquences ce télescopage entre politique municipale et diplomatie internationale fait-il peser sur la crédibilité des institutions onusiennes ?

La visite de Benjamin Netanyahu à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies intervient dans un contexte qui dépasse largement le protocole diplomatique habituel. Le maire de la ville, Zohran Mamdani, a publiquement qualifié le Premier ministre israélien de « criminel de guerre » et d’« architecte d’un horrible génocide du peuple palestinien ». Surtout, il demande que le mandat d’arrêt délivré contre Netanyahu par la Cour pénale internationale soit honoré. Le chef du gouvernement israélien arrive donc au siège des Nations unies alors qu’il reste visé par une procédure judiciaire internationale pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité allégués.

Ce face-à-face dépasse la personnalité de Mamdani. Il remet au premier plan une contradiction devenue difficile à éluder : Benjamin Netanyahu peut venir défendre la politique de son gouvernement devant l’ONU alors qu’une juridiction internationale a estimé disposer de motifs raisonnables de croire à sa responsabilité dans plusieurs crimes présumés commis dans le cadre de la guerre à Gaza. Israël conteste la compétence de la Cour et les accusations portées contre son Premier ministre, mais la CPI a rejeté en novembre 2024 plusieurs contestations israéliennes avant de délivrer son mandat.

Le mandat de la CPI au cœur de la confrontation

Zohran Mamdani reconnaît lui-même les limites de son pouvoir : la mairie de New York ne dispose pas, à elle seule, des moyens permettant de faire exécuter le mandat contre Benjamin Netanyahu. Mais cette limite institutionnelle ne fait pas disparaître la question soulevée par le maire. Elle met plutôt en lumière l’écart entre l’existence d’un mandat international et son effectivité lorsque le dirigeant concerné se rend aux États-Unis, pays qui n’est pas partie à la CPI et dont l’administration mène parallèlement une offensive politique contre la Cour.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a vivement attaqué Mamdani :

« Il est très habile, mais on ne peut pas mettre le feu, puis faire comme si de rien n’était. Le maire a appelé à des manifestations. Nous ne savons donc pas à quoi nous attendre. »

Mamdani conteste avoir récemment appelé à manifester dans les termes qui lui sont reprochés. Mais derrière cette polémique secondaire demeure une question beaucoup plus lourde : celle du traitement réservé aux décisions de la CPI lorsqu’elles concernent un dirigeant allié de Washington. L’administration américaine prépare justement de nouvelles sanctions contre la Cour en réaction, notamment, aux procédures visant des responsables israéliens. Reuters rapporte que ces mesures pourraient toucher l’institution elle-même et ses quelque 900 employés.

La confrontation est donc aussi révélatrice du rapport de force autour de la justice internationale. D’un côté, Mamdani réclame que le mandat soit pris au sérieux. De l’autre, Washington rejette l’autorité de la CPI et cherche à accroître la pression sur l’institution. Netanyahu bénéficie ainsi d’un environnement politique américain profondément hostile à la procédure engagée contre lui, alors même qu’il se rend à New York pour prendre la parole devant l’organisation internationale qui accueille cette confrontation diplomatique.

Netanyahu contre-attaque avant son discours à l’ONU

Benjamin Netanyahu a choisi de répondre directement au maire de New York. Dans une vidéo diffusée avant son intervention à l’Assemblée générale, il accuse Zohran Mamdani de soutenir le Hamas et d’avoir incité à des violences contre les Juifs de New York :

« Honte à vous, M. Mamdani. Honte à vous pour avoir soutenu les monstres terroristes du Hamas qui ont massacré notre peuple. Honte à vous pour avoir incité à des émeutes contre les Juifs de New York. Je viens à l’ONU. Je vais dire la vérité sur nos soldats héroïques, et je vais dire la vérité sur vous. »

La stratégie est claire : répondre aux accusations visant son gouvernement en déplaçant immédiatement le débat vers le Hamas, l’antisémitisme et la défense de l’armée israélienne. Netanyahu promet d’utiliser la tribune des Nations unies pour défendre les opérations militaires israéliennes et attaquer ses détracteurs. Mamdani, de son côté, maintient que le Premier ministre doit répondre du mandat dont il fait l’objet.

Le contenu même du mandat rend pourtant difficile de réduire cette confrontation à une simple bataille de communication. La CPI indique que Netanyahu est notamment soupçonné du crime de guerre consistant à utiliser la famine comme méthode de guerre, d’attaque intentionnelle contre la population civile ainsi que de crimes contre l’humanité comprenant meurtre, persécution et autres actes inhumains. Il ne s’agit pas d’une condamnation : Netanyahu reste présumé innocent tant qu’aucune juridiction ne l’a reconnu coupable. Mais il s’agit bien d’accusations judiciaires formelles portées par une cour internationale.

L’épisode new-yorkais révèle ainsi un contraste saisissant. Benjamin Netanyahu peut venir défendre devant l’ONU la conduite de son gouvernement à Gaza alors qu’il demeure recherché par la CPI, tandis que les autorités américaines combattent politiquement cette même Cour. Mamdani ne dispose pas du pouvoir de régler cette contradiction. En la mettant publiquement sur la table, il oblige néanmoins le débat américain à se confronter à une question devenue centrale : quelle valeur possède un mandat de la justice internationale lorsque les États capables de lui donner un effet concret choisissent de le rejeter ?

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Source : nypost.com


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