Trump s’invite dans l’élection israélienne et mise tout sur Netanyahu

Trump s’invite dans l’élection israélienne et mise tout sur Netanyahu Trump s’invite dans l’élection israélienne et mise tout sur Netanyahu

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Trump prévient sur Truth Social : sans Netanyahu à la tête d’Israël, les États-Unis devraient mener seuls la lutte contre l’Iran, ce qu’il refuse d’envisager.
  • Le Likud est devancé par le parti Yashar de Gadi Eisenkot dans quatre sondages, mais aucun des deux n’atteint les 61 sièges : qui fera la majorité à la Knesset ?
  • Le soutien américain à la sécurité d’Israël, structurel et massif, peut-il laisser les électeurs israéliens totalement libres de leur choix le 27 octobre ?
  • Trump attribue à Netanyahu la paternité des succès contre l’Iran, présentant un changement de Premier ministre comme un risque de rupture stratégique.

Le soutien apporté par Donald Trump à Benjamin Netanyahu, à neuf jours des élections israéliennes du 27 octobre, dépasse largement le simple geste d’amitié entre deux dirigeants. Le président américain s’invite directement dans une campagne étrangère et assume publiquement sa préférence. Derrière cet appui se dessine une réalité beaucoup plus brutale : Washington considère l’élection israélienne comme un enjeu stratégique américain et entend peser sur son issue.

Dans un message publié sur Truth Social, Trump ne s’est pas contenté de soutenir Netanyahu. Il a assorti son appui d’un avertissement explicite. Si Israël choisit un autre dirigeant, affirme-t-il, les États-Unis devront assumer seuls le travail accompli jusqu’ici contre l’Iran, et il n’est « pas disposé à le faire ». Autrement dit, le choix électoral israélien est directement relié, dans son discours, au niveau d’engagement américain au Moyen-Orient.

« Si Israël a le mauvais dirigeant, c’est-à-dire n’importe qui d’autre que Bibi, l’Amérique devra faire ce travail elle-même, et je ne suis pas enclin à le faire. »

La formulation est particulièrement lourde. Trump ne dit pas simplement quel candidat il préfère. Il indique aux électeurs israéliens que leur choix pourrait avoir des conséquences concrètes sur la politique américaine face à l’Iran. Dans une campagne nationale, voir le président de la première puissance alliée expliquer publiquement quel dirigeant il juge acceptable constitue une intervention politique difficile à minimiser.

Une élection sous haute pression extérieure

Netanyahu arrive pourtant dans cette campagne fragilisé. Son Likud est devancé par le parti Yashar de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major des Forces de défense israéliennes, dans quatre grandes enquêtes publiées par Maariv, les chaînes 12 et 13, et Kan News. À cela s’ajoutent le poids des guerres à Gaza, au Liban et avec l’Iran, son procès pour corruption et les critiques persistantes sur les défaillances sécuritaires qui ont précédé le 7 octobre 2023. Le soutien de Trump intervient donc au moment où Netanyahu a précisément besoin de renforcer sa stature politique.

Mais l’élection reste largement ouverte. Ni le bloc soutenant Netanyahu ni le principal bloc d’opposition ne disposent, dans les sondages, des 61 sièges nécessaires pour contrôler la Knesset. Les partis arabes et plusieurs petites formations pourraient devenir décisifs dans les négociations qui suivront le scrutin. Dans un paysage aussi fragmenté, l’intervention de Trump ne garantit rien, mais elle ajoute une pression extérieure supplémentaire à une bataille politique déjà extrêmement tendue.

La question devient alors impossible à esquiver : jusqu’où peut aller l’influence d’un allié étranger sur le choix politique d’un pays qui dépend fortement de lui sur le plan militaire et stratégique ? Le soutien américain à Israël est massif et structurel. Netanyahu lui-même affirme vouloir réduire cette dépendance à terme, preuve qu’elle existe bel et bien. Lorsque le président américain affiche publiquement son candidat préféré et relie ce choix à la sécurité régionale, la frontière entre alliance stratégique et pression politique devient particulièrement mince.

L’Iran comme variable d’alignement

L’Iran est au cœur de cette mécanique. Trump présente Netanyahu comme le partenaire indispensable de la confrontation avec Téhéran et reprend un discours extrêmement offensif sur la menace iranienne. Il évoque ce qu’il décrit comme cinquante et un ans d’hostilité envers Israël et les États-Unis, affirme que cette menace a été « systématiquement détruite, militairement et financièrement » et prévient que Washington pourrait « finir le travail ». L’élection israélienne se retrouve ainsi directement enchâssée dans la stratégie américaine contre l’Iran.

Le message politique est limpide. Trump valorise Netanyahu comme l’homme avec lequel cette stratégie a été menée et suggère qu’un changement de Premier ministre pourrait perturber cette continuité. Ce n’est plus seulement un soutien personnel. C’est une manière de présenter Netanyahu comme une pièce du dispositif régional américain et de transformer son maintien au pouvoir en argument de stabilité stratégique.

Les alliances reposent évidemment sur des intérêts communs et des relations de confiance entre dirigeants. Trump et Netanyahu ont travaillé ensemble pendant des années et partagent largement la même lecture de la menace iranienne. Mais l’intervention de Trump va plus loin qu’une simple affinité diplomatique : elle montre un président américain affirmant publiquement quel dirigeant israélien sert, selon lui, le mieux les intérêts stratégiques des États-Unis. Une telle franchise expose crûment le rapport de forces qui traverse cette alliance.

Pour les électeurs israéliens, le scrutin du 27 octobre ne se résume donc plus aux questions intérieures. Le procès de Netanyahu, le traumatisme du 7 octobre, la conduite des guerres et les choix sécuritaires restent centraux, mais l’intervention américaine ajoute désormais une pression extérieure explicite. Trump leur dit en substance qu’un changement de dirigeant pourrait avoir un prix stratégique. C’est précisément là que se situe l’enjeu politique le plus dérangeant : lorsqu’un allié aussi puissant lie publiquement son engagement régional au maintien d’un homme au pouvoir, la question de la souveraineté du choix électoral cesse d’être théorique.

Source : nypost.com


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