Bill Gates prend une claque monumentale : Warren Buffett gèle ses milliards, la Fondation Gates vacille

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • 48 milliards de dollars de dons suspendus : Warren Buffett gèle sa donation annuelle à la Fondation Gates, conditionnée aux conclusions d’une revue juridique indépendante.
  • Pourquoi Buffett affirme-t-il ne plus avoir parlé à Bill Gates depuis la publication des « Epstein Files » en décembre dernier ?
  • Gates a reconnu devant le Congrès américain qu’Epstein l’avait fait chanter, tout en niant toute complicité dans des activités criminelles.
  • Quelles conséquences pour les programmes humanitaires mondiaux financés par la Fondation Gates si la confiance institutionnelle continue de s’éroder ?

Warren Buffett, 95 ans, légende vivante de l’investissement américain, a décidé de reporter son don annuel à la Fondation Gates. Ce geste, apparemment technique, est en réalité un signal d’une clarté brutale : l’affaire Epstein continue de contaminer l’un des édifices philanthropiques les plus puissants du monde, et désormais, ceux qui l’ont bâti prennent leurs distances les uns des autres.

Les faits sont simples. Depuis 2006, Buffett versait chaque année des milliards de dollars en actions Berkshire Hathaway à la Fondation Gates, dans le cadre de ce qu’il avait qualifié de « promesse à vie ». En vingt ans, le montant cumulé de ces dons avoisine les 48 milliards de dollars. Cette année, Buffett a choisi d’attendre les conclusions d’une revue externe confiée au cabinet juridique WilmerHale, chargé d’examiner les liens passés de la Fondation avec Jeffrey Epstein. L’enjeu financier est considérable : la Fondation Gates, l’une des plus grandes organisations philanthropiques mondiales, finance des programmes de santé, de lutte contre la pauvreté et contre les inégalités sur l’ensemble de la planète.

Une amitié stratégique mise à l’épreuve

Ce qui rend cette décision particulièrement significative, c’est la profondeur du lien qui unissait les deux hommes. Buffett ne s’était pas contenté de signer des chèques : il avait rejoint le conseil d’administration de la Fondation en 2006, au moment de son premier don majeur. Gates, de son côté, avait siégé au conseil de Berkshire Hathaway dès 2004. Deux des plus grandes fortunes mondiales, deux figures tutélaires du capitalisme américain éclairé, avaient construit ensemble ce qui ressemblait à un modèle : la puissance financière mise au service de l’intérêt général planétaire.

Ce modèle est aujourd’hui fissuré. Buffett a quitté le conseil d’administration de la Fondation en 2021, au moment du divorce de Bill Gates avec Melinda French Gates. Il admet désormais publiquement qu’il n’a plus parlé à Bill Gates depuis la publication des « Epstein Files » en décembre dernier. La raison qu’il invoque est d’une franchise désarmante.

« Je ne veux pas me retrouver dans une position où je saurais des choses et pourrais être appelé à témoigner. Je pense que tant que la situation n’est pas clarifiée, il ne sert à rien de beaucoup parler. »

Cette déclaration, faite à CNBC en mars dernier, dit tout. Buffett ne se prononce pas sur la culpabilité ou l’innocence de Gates. Il gère un risque de réputation avec la même rigueur qu’il gérerait un risque financier. C’est le réflexe d’un homme qui a construit sa crédibilité sur plusieurs décennies, et qui n’entend pas la voir compromise par une proximité, même indirecte, avec l’affaire Epstein.

Bill Gates face à la persistance du doute

Du côté de Gates, la situation est plus complexe. Entendu par une commission du Congrès américain début juin, il a été contraint de reconnaître plusieurs liaisons extraconjugales, et surtout d’admettre qu’Epstein avait utilisé sa connaissance de ces affaires pour tenter de le faire chanter afin de prolonger leur relation, après que Gates l’eut coupé en 2014. Gates maintient n’avoir jamais été témoin d’activités criminelles et qualifie lui-même son amitié avec Jeffrey Epstein d’« erreur de jugement grave ».

Cette formulation est révélatrice d’une stratégie de communication fondée sur la reconnaissance partielle. Gates concède l’erreur de fréquentation, mais nie toute complicité. Le problème est que cette ligne de défense, si elle peut suffire juridiquement, ne suffit pas nécessairement à préserver une réputation dans l’espace public, ni à rassurer des partenaires institutionnels qui gèrent eux-mêmes leur propre exposition.

C’est précisément ce que la décision de Buffett illustre. Il ne s’agit pas d’un jugement moral sur Gates. Il s’agit d’un calcul rationnel : tant que les conclusions de la revue WilmerHale ne sont pas connues, tant que le spectre d’une citation à comparaître plane, la prudence recommande de reporter tout geste susceptible d’entretenir une association, fût-elle purement philanthropique, avec une affaire aussi toxique.

La Fondation Gates, de son côté, a fait le choix de commander elle-même cette revue indépendante. C’est un signal d’ouverture vers la transparence, mais aussi une reconnaissance implicite que la question mérite une réponse formelle. Le fait que Buffett ait échangé avec le directeur général de la Fondation, Mark Suzman, avant de prendre sa décision, indique que ce report n’est pas nécessairement un geste d’hostilité, mais une mise en attente conditionnelle. Si la revue conclut à l’absence de lien institutionnel problématique entre la Fondation et Epstein, il est possible que les dons reprennent, peut-être autour de la lettre annuelle aux actionnaires que Buffett publie habituellement à Thanksgiving.

Reste une question ouverte, et elle n’est pas mince : une organisation philanthropique de cette envergure, dont les programmes touchent des millions de personnes à travers le monde, peut-elle traverser une telle période d’incertitude sans que ses capacités opérationnelles en soient affectées ? Le report d’un don de plusieurs milliards de dollars ne met pas immédiatement en péril des décennies de réserves accumulées. Mais il envoie un signal aux autres donateurs, aux gouvernements partenaires et aux bénéficiaires sur la solidité de l’édifice. C’est, in fine, la question que la Fondation Gates devra traiter au-delà de ses enjeux juridiques internes : restaurer une confiance institutionnelle que l’affaire Epstein a sérieusement ébranlée.

Source : dailymail.com


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