Gaza : Londres arme encore Israël, la rue exige la fin de la complicité britannique

Gaza : Londres arme encore Israël, la rue exige la fin de la complicité britannique Gaza : Londres arme encore Israël, la rue exige la fin de la complicité britannique

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Andy Burnham prend ses fonctions lundi, accueilli par une manifestation massive à Londres exigeant un embargo sur les armes vers Israël, conduite par l’ambassadeur palestinien Husam Zomlot.
  • Sous Starmer, le Royaume-Uni a continué ses livraisons d’armes à Israël, tout en se limitant à des sanctions symboliques contre des ministres d’extrême droite israéliens. Quelle rupture Burnham peut-il réellement opérer ?
  • Burnham a présenté des excuses sur la gestion du dossier gazaoui par le Labour. Simple opération de communication ou signal d’une inflexion diplomatique réelle ?
  • Face aux impératifs de l’alliance atlantique et aux pressions intérieures (logement, coût de la vie), quelles marges de manoeuvre concrètes le nouveau Premier ministre possède-t-il vraiment ?

Des milliers de manifestants ont défilé samedi 18 juillet dans les rues de Londres pour adresser un avertissement au futur Premier ministre travailliste Andy Burnham : les excuses ne suffiront plus. Les participants ont exigé un embargo total sur les armes à destination d’Israël et une pression immédiate sur le gouvernement de Benyamin Netanyahou afin qu’il mette fin au siège et à ses opérations militaires dans la bande de Gaza. Husam Zomlot, ambassadeur palestinien au Royaume-Uni, a conduit la marche aux côtés de nombreuses organisations de soutien à la Palestine. Jeremy Corbyn, ancien dirigeant du Labour devenu député indépendant, était également présent. Burnham doit officiellement entrer à Downing Street lundi 20 juillet. Avant même sa prise de fonctions, la rue lui rappelle que la complicité britannique avec Israël ne pourra pas être effacée par un simple changement de Premier ministre.

Cette mobilisation expose une fracture que le Labour n’a jamais résolue : d’un côté, un appareil gouvernemental profondément lié aux États-Unis, à l’OTAN et à l’industrie militaire israélienne ; de l’autre, une partie de sa base électorale qui refuse que le Royaume-Uni continue d’armer un État accusé de violations massives du droit international. Le gouvernement Starmer a suspendu certaines licences d’exportation, mais il n’a jamais décrété d’embargo général. Au 28 février 2026, 203 licences militaires non suspendues impliquant Israël restaient en vigueur, avec une exception majeure pour les composants destinés au programme mondial des F-35, dont l’armée israélienne peut être l’utilisateur final. Londres a également sanctionné Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, mais ces mesures individuelles n’ont interrompu ni la coopération militaire générale ni le soutien britannique revendiqué à la sécurité d’Israël. Cette politique de demi-mesures a contribué à éloigner des militants, des électeurs musulmans et une partie de la gauche britannique.

« Nous sommes des milliers aujourd’hui à Londres avec un message pour le nouveau Premier ministre : nous ne disparaîtrons pas, nous ne partirons pas et nous ne cesserons jamais de lutter pour la libération de la Palestine. Mettez fin maintenant à la complicité de la Grande-Bretagne dans le génocide. »

Jeremy Corbyn

La formulation de Jeremy Corbyn est délibérément accusatrice. Elle ne demande plus au futur Premier ministre d’exprimer sa compassion pour Gaza, mais de rompre avec les décisions concrètes qui rendent possible la poursuite de la coopération britannique avec Israël. La complicité dénoncée par les manifestants repose sur plusieurs éléments : les licences militaires toujours actives, les composants britanniques susceptibles d’intégrer les F-35, les relations diplomatiques privilégiées et le refus persistant d’imposer des sanctions à l’État israélien lui-même. Burnham peut contester le mot « génocide » ou renvoyer sa qualification aux juridictions internationales ; il devra néanmoins répondre sur les actes. La véritable question n’est plus de savoir s’il condamne les souffrances palestiniennes, mais s’il acceptera de supprimer les instruments britanniques qui soutiennent matériellement Israël.

Burnham promet une rupture, mais Londres reste attaché à la machine de guerre israélienne

La question centrale n’est pas de savoir si Burnham se dit personnellement bouleversé par Gaza, mais s’il est prêt à affronter les intérêts qui structurent la politique étrangère britannique. Le Royaume-Uni demeure dépendant de sa relation militaire et de renseignement avec Washington, tandis que son industrie de défense participe à des programmes internationaux comme celui du F-35. Un embargo total sur Israël obligerait Londres à remettre en cause cette architecture, notamment en refusant que des composants britanniques puissent finalement équiper des appareils israéliens. Cette décision provoquerait des tensions avec les États-Unis et avec les industriels concernés, mais prétendre que le Royaume-Uni ne possède aucune marge de manœuvre serait mensonger. Londres dispose du pouvoir juridique de suspendre les licences qu’il a lui-même accordées. Ce qui manque n’est pas le levier : c’est la volonté politique de l’utiliser.

Burnham hérite parallèlement d’une crise du coût de la vie, d’une pénurie de logements abordables, de services publics dégradés et d’une dette étudiante en forte augmentation. Son entourage souhaite placer ces dossiers au premier rang de son gouvernement. Mais opposer les difficultés intérieures britanniques à Gaza constituerait une diversion commode : suspendre des licences d’armement ne nécessite pas de sacrifier la construction de logements ou le financement du système de santé. Husam Zomlot et les organisateurs de la marche veulent précisément empêcher Burnham de reléguer la Palestine au rang des dossiers internationaux que l’on traite par quelques communiqués. Ils lui demandent une décision immédiate dont le coût est avant tout politique : cesser de protéger la relation avec Israël au détriment des Palestiniens.

Andy Burnham a présenté des excuses explicites pour la réponse initiale du Labour à la destruction de Gaza, reconnaissant que son parti « ne s’y était pas bien pris » et avait attendu trop longtemps avant de demander un cessez-le-feu. Il promet désormais d’accroître la pression sur Israël, d’étudier de nouvelles sanctions et d’interdire éventuellement le commerce avec les colonies illégales. Mais il refuse encore de s’engager clairement en faveur d’un embargo total sur les armes. Ses excuses peuvent donc annoncer une rupture réelle comme servir d’opération de reconquête électorale après les pertes subies par le Labour au profit des écologistes et des candidats pro-palestiniens. Burnham ne sera pas jugé sur la sincérité de ses regrets, mais sur la fermeture effective des circuits militaires et commerciaux qui relient encore Londres à l’État israélien.

La manifestation du 18 juillet place donc Burnham face à deux camps. D’un côté, une mobilisation populaire, diplomatique et politique qui exige la fin de toute assistance militaire à Israël. De l’autre, un appareil d’État attaché à l’alliance américaine, aux contrats de défense et à une relation avec Tel-Aviv que les sanctions individuelles n’ont jamais véritablement remise en cause. Les leviers existent : suspendre les licences restantes, sortir les composants britanniques de la chaîne d’approvisionnement des F-35 israéliens, sanctionner les responsables des opérations à Gaza et interdire le commerce avec les colonies. Si Burnham refuse de les employer, il ne pourra pas invoquer l’impuissance. Il aura fait le choix de préserver les alliances britanniques pendant que les Palestiniens continuent d’en payer le prix.

Source : aljazeera.com


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1 commentaires
  1. De la « City » de Rome à la « Cité » of London
    La carence de la plupart des analyses géopolitiques, nous explique Valérie Bugault, dans son ouvrage « Demain dès l’aube… le renouveau », vient du fait que le paradigme d’étude ne prend, le plus souvent, pas en compte la réalité des acteurs en présence. Les rapports de forces sont, la plupart du temps, considérés au regard des seuls États. Or, depuis plusieurs siècles, s’est développé, dans l’ombre, un acteur géopolitique nouveau, anonyme et de nature privé, que Valérie Bugault appelle du terme générique de « banquiers-commerçants » et que nous nommerons « puissances d’argent ».
    D’un point de vue méthodologique, cet acteur, nouveau, est déroutant à plus d’un égard. Premièrement, il est anonyme, ce qui rend difficile son appréhension précise et la mesure de sa puissance, relative comme absolue, par rapport aux traditionnels États. Ensuite, cet acteur ne répond pas aux mêmes règles d’engagement que les États. D’une part, les « puissances d’argent » sont des acteurs privés, et non publics, qui répondent donc à des intérêts d’ordre strictement catégoriel, en aucun cas à un quelconque « intérêt général ». Mais, comme par essence ils sont anonymes, on a du mal à discerner leur présence autrement que par des déductions et recoupements d’informations. D’autre part, et peut-être surtout, ces acteurs, qui ne sont pas géographiquement délimités (pas de contraintes géographiques), ne fonctionnent fondamentalement pas selon la même logique que les États traditionnels. Alors que les États, quelle que soit leur taille, sont limités par des frontières et répondent à une logique d’ordre sédentaire, ces nouveaux acteurs politiques (que d’aucuns, tel que Peter Scott Dale, nomment « État profond ») répondent à une logique de type nomade. Or, les grilles d’analyses des géopolitologues sont très largement issues de concepts développés au sein des États dans une logique sédentaire. C’est la raison pour laquelle les analystes politiques ont du mal à concevoir le phénomène nomade élevé au rang d’acteur géopolitique.
    Comprendre ce phénomène, nouveau dans son ampleur, car sa création remonte loin dans le temps, est pourtant fondamental car il permet de percevoir que ce nouvel acteur géopolitique a, in fine, un seul ennemi mortel : la présence d’États au sens politique du terme, c’est-à-dire d’États souverains. Ainsi, dans le contexte d’un rapport de force et de puissance, les États sont, par construction, les pires ennemis des « puissances d’argent ».
    Le premier pays à avoir intégré la caste des « puissances d’argent » en tant que nouvel acteur politique est l’Angleterre. Le choix d’Oliver Cromwell (1599-1658) de développer l’Empire britannique en adossant la puissance des armes à celle des banques a créé un nouveau paradigme politique. Dire cela ne signifie pas que l’Angleterre porte l’acte de naissance de cet acteur géopolitique nouveau, anonyme. Sa naissance est plutôt à rechercher dans les Républiques commerçantes de Gênes, de Florence ou de Venise. Certains auteurs d’ouvrages sur les Templiers ouvrent certaines perspectives sur le rôle que les rivalités financières du capitalisme naissant ont pu jouer dans la destruction de l’Ordre du Temple au XIVème siècle. Les Templiers étaient, à certains égards, des sortes de rivaux des banquiers italiens qui, de ce fait, les voyaient d’un mauvais œil. Régine Pernoud, dans son ouvrage « Les Templiers », souligne le fait que, déjà, en Palestine, les Templiers avaient eu affaire avec les intrigues des banquiers de Venise, de Gênes et de Pise. En effet, le pouvoir des Templiers contrebalançait celui de Rome, ils avaient avec eux des rois et des puissants. Les Templiers cherchaient à centraliser, dans le Temple de Londres, les annates (taxe « papale »). Ils auraient aussi centralisé les encaisses métalliques qui constituaient la richesse mobilière de la France ; s’ils avaient atteint ce but, la puissance de Rome aurait été remplacée par celle de Londres, et le « Catholicisme Jésuiste » aurait sombré devant le « Christianisme Johannite ». Ce furent les hauts Barons anglais qui firent échouer ce projet. Aussi, l’origine des Barons d’Angleterre doit être rappelée : Quand, en 1066, Guillaume le Conquérant amena avec lui, du continent, des aventuriers et des mercenaires, il y eut, parmi ses compagnons, des gens pratiques et rusés qui, pour spolier les biens des Saxons d’une façon qui semblait leur donner un caractère d’honnêteté, demandèrent simplement à épouser une Saxonne ; ainsi ils prenaient possession de la femme et des châteaux. C’est l’escroquerie au mariage ; leurs enfants légitimes par ces mariages se virent possesseurs du sol, et dès lors ces nouveaux barons rendirent inaliénable, dans leurs familles, la propriété de ces biens fonciers. L’origine de ces barons nous les montre donc comme des gens peu scrupuleux, ne voyant dans la femme qu’un moyen d’arriver à leurs fins, instituant des privilèges monstrueux, c’est-à-dire des gens qui étaient en tout l’opposé des Templiers, qui gardaient le principe de la Justice, de l’honnêteté et du respect de la Femme. Il devait donc y avoir lutte entre eux. Ces barons établirent donc, dans l’Angleterre traditionnelle, le régime masculiniste, c’est-à-dire l’asservissement de la femme par le mariage, qui laissait à l’homme l’administration de ses biens et tous ses droits.
    Profitons-en pour rappeler que le « mariage » tel qu’il a été institué à l’origine, c’est-à-dire la femme asservie dans une union monogame (ou plutôt monoandre, soit l’union exclusive avec un seul homme), qu’on allait bientôt appeler « con-jugale » (littéralement : « avec joug »), n’a été introduit dans les mœurs que lorsque le régime gynécocratique a été complètement détruit. L’institution sociale du « mariage » ne pouvait pas exister, dans les temps primitifs, et avant le règne de l’homme, car l’union n’était pas imposée, réglementée par des lois, mais seulement par l’amour et le libre choix de la femme éclairée par la science. Introduit progressivement au cours des derniers siècles précédents notre ère, le système du « mariage » sera accepté et légalisé définitivement qu’avec le Droit romain et le Catholicisme (rappelons que, selon la légende, l’amour à Rome s’inaugura par « l’enlèvement des Sabines »).
    Valérie Bugault, dans son ouvrage « Les raisons cachées du désordre mondial », précise que « La City de Londres, qui acquiert dès 1319 une autonomie politique (c’est-à-dire 5 ans à peine après la destruction de l’Ordre des Templiers), peut être considérée comme étant historiquement le premier paradis fiscal des temps modernes. Elle abrite les plus riches commerçants anglais qui ont obtenu d’Édouard II (souverain faible et/ou corrompu) un statut dérogatoire au droit public. La City est, depuis cette époque, une ville dans la ville, son activité financière échappe à la magistrature de l’État britannique tout en faisant bénéficier l’empire thalassocratique des largesses financières nécessaires à son propre développement. La City a opéré comme une sorte de poste de pilotage de l’Empire britannique conférant aux dirigeants britanniques qui se sont succédé les moyens financiers de développer leur autorité sur le reste du monde. ».
    C’est lorsque les Templiers furent supprimés de l’échiquier politique que l’Église romaine cessa d’excommunier ceux de « ses enfants » qui pratiquaient l’« usure », c’est-à-dire le prêt à intérêt, dont on sait aujourd’hui les conséquences que la liberté ainsi accordée devait avoir sur l’évolution du monde Occidental.
    Cette première « dégénérescence de la monnaie » fut bien le début du « règne de Mammon ».
    Dans son livre « René Guénon et les destins de la Franc-Maçonnerie », Denys Roman nous rappelle également que c’est lors des premières années du XIVème siècle que, dans l’Occident chrétien, d’autres « tournants » se produisirent : dislocation de la chrétienté, éveil du nationalisme, laïcisation de la pensée ou déclin des campagnes et essor des villes.
    Ajoutons que, après l’Italie, l’acte de naissance de ces « puissances d’argent » est aussi à rechercher dans le premier État à avoir donné une réalité institutionnelle à ces banquiers, la Hollande, via la création en 1609, de la banque d’Amsterdam. Rappelons qu’au Moyen Âge, les Pays-Bas sont au cœur de l’élite commerçante, dite ligue hanséatique. Cette ligue, composée d’associations de commerçants, a prévalu en Europe à l’époque précédent l’avènement de l’Empire Britannique. Cette précision permet de donner un aperçu du rôle des Pays-Bas dans l’évolution du système de l’impérialisme financier.
    Enfin, notons que, alors encore Hollandaise en 1626, la colonie de la Nouvelle-Amsterdam sera rebaptisée « New York » par les Anglais lors de son acquisition en 1664. Cette colonie ne deviendra définitivement anglaise qu’en 1674 avec le traité de Westminster.
    Historiquement, il n’y avait aucun Juif en Angleterre de 1290, date à laquelle le roi Edouard Ier les expulsa, jusqu’au milieu du XVIIème siècle, lorsque Cromwell, qui devait des sommes énormes à leurs banquiers, les rappela. Cromwell se déclarera même comme « un homme appelé à faire de grandes choses en Israël », il désignera les Stuarts comme ayant « dérangé Israël pendant cinquante ans » et il parlera de l’Angleterre comme « notre Israël Britannique » notre « Sion Anglaise ». L’expression « Têtes-Rondes » (Roundheads) désignait les troupes d’Oliver Cromwell, féroces ennemis de l’Angleterre traditionnelle et de l’Eglise. Il était sans doute juif (cela explique la suite de sa politique) et financé par la Communauté juive d’Amsterdam. C’est lui qui fit traduire en justice le roi Charles Ier et veilla à sa condamnation à mort par décapitation. Sa cruauté fanatique le porta en Irlande catholique où les massacres systématiques et les persécutions de la part de ses troupes (de même ensuite en Ecosse) expliquent la haine persistante de la nation irlandaise contre tout ce qui est anglais. Cromwell mourut dans l’impopularité générale.
    À propos de l’expression « Têtes-Rondes », rappelons que l’éminent ethnologue Th. Lothrop Stoddard comptait, d’après ses propres statistiques, que 82% des juifs étaient des Ashkénazes, de « race Alpine », ayant comme caractère des « têtes rondes » (Brachycéphales), étaient en réalité Turco-Mongols par le sang, et aucunement des « sémites » (leurs origines remontraient plutôt aux Khazars, un peuple qui vivait dans le Sud de la Russie et le Caucase, qui se convertirent en masse au judaïsme aux VIIIème et IXème siècles après J -C.). Dans le même temps, Th. Lothrop Stoddard établissait que les vrais Juifs, les Sefardim, ou Sépharades, qui ont le crâne allongé (Dolichocéphales), étaient de race Méditerranéenne. Ces deux types, disait-il, sont « aussi éloignés l’un de l’autre que les deux pôles ».
    À l’époque d’Oliver Cromwell et au XVIIIème siècle, les espérances de la restauration d’Israël qui n’étaient encore que des vœux pieux, commenceront à se concrétiser au siècle suivant. Et là, il est intéressant de noter que le sionisme chrétien a anticipé de près d’un demi-siècle le sionisme juif.
    À ce sujet, soulignons qu’au commencement du Moyen Âge, les Israélites dispersés s’étaient répandus sur toute l’Europe. On les appelait Juifs, quoique les vrais Juifs eussent presque tous passé au Catholicisme, et fussent devenus les plus ardents adversaires des anciens représentants des tribus d’Israël. Ce sont les Juifs christianisés, par ironie sans doute, qui donnaient aux Israélites leur nom de Juifs qui était discrédité et détesté partout.
    Avec les conquêtes du peuple anglo-saxon, la métaphore d’Israël et de la Nouvelle Jérusalem passe alors du statut de mythe de libération au mythe d’accomplissement. Se développe la doctrine protestante qu’on appelle l’« anglo-israélisme » (« British-Israël » ; le mot « British » qui est composé de « berith » ou « b’rith », alliance, et « ish », homme ou peuple, signifie « le peuple de l’Alliance ») : croyance répandue du temps d’Élisabeth 1ère d’Angleterre, que les Anglo-Saxons seraient les descendants des dix « tribus perdues » d’Israël, donc les véritables israélites. Il fallait donc restaurer l’Église « anglo-israélienne » en terre anglo-saxonne, avant la Parousie, et reconnaître en la reine d’Angleterre l’héritière légitime du « Roi David » (précisons que le nom de « David », dont on a fait un « Roi », est la traduction du nom hébreu « Daud », nom féminin qui était celui de la dernière souveraine, Reine et Mère de Salomon, qui fut martyrisée à Jérusalem après y avoir régné 33 ans).
    La localisation de ces anciens peuples s’étendrait en fait à tout le monde anglo-saxon, en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à ceux des descendants britanniques de l’Afrique du Sud, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique. Faisons remarquer que, suite au développement de la doctrine du « peuple de l’Alliance » en Angleterre, les Etats-Unis d’Amérique seront le lieu de la fondation en 1843, de l’association fraternelle juive « B’nai B’rith » qui signifie, en langue hébreu, « les fils de l’Alliance ». Les Etats-Unis furent dès le début fondés sur les principes du « fondamentalisme protestant » anglo-saxon, et furent vus par leurs fondateurs comme la « terre promise », où l’histoire doit se terminer par le triomphe planétaire des « dix tribus perdues ». Ce mythe est alors mis en parallèle avec l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde, confirmée par les succès frappants de l’Angleterre « maîtresse des mers » et la superpuissance américaine, la seule du monde moderne. Les Anglo-Saxons deviennent la « nation élue », « La graine d’or du monde germano-romain, comme dit Alexandre Douguine (Le Paradigme de la Fin), qui doit établir à la fin des temps sa domination sur toutes les autres nations de la Terre. ». Cet Israël « spirituel » « fera carrière » dans le capitalisme et l’empire colonial pendant que le catholicisme « méditerranéen », lui, déclinera. Au XIXe siècle, avec les conceptions racialistes de la science, ce faux Israël spirituel montrera son vrai visage, et prendra progressivement une dimension proprement raciale.
    À toutes fins utiles, rappelons que le Coran utilise deux expressions différentes pour désigner les juifs : soit « fils d’Israël » (banû Isrâ’îl) quand il s’agit des authentiques dépositaires de la tradition hébraïque, soit proprement « juifs » (yahûd) quand il s’agit des représentants de ses formes déviées.
    C’est Junon, dit la Mythologie, qui inventa la monnaie, ce qui fit donner à la Déesse le surnom de « Juno Moneta » ; près d’elle se trouve une autre Déesse, Pecunia, dont on fit la Déesse de l’argent monnayé et qui pendant longtemps centralisa dans le Temple de Junon l’administration des monnaies à Rome. C’est l’autorité spirituelle seule qui avait le droit de frapper monnaie, ce qui lui donne une force nouvelle, appuyée, du reste, sur celui qui est l’auxiliaire dévoué de la Déesse, le Chevalier, « Eques », vassal de la Dame « Faée » (Fée). Précisons en passant que le mot « Faée » va devenir « faraï » ou « pharaï » (parler), et c’est de ce mot que les Egyptiens feront le mot « Pharaon » qui désignait « l’inspirée qui parle ». Les Hébreux, de cette même racine, feront « Prophétesse » qui veut dire « premier oracle ». Enfin, rappelons que « Faramonde » est le nom d’une « Fée » qui joua un grand rôle au début de l’Histoire de France (devenue « Pharamond » qui, dit-on, fut le premier roi de France). Ce terme rapproche singulièrement les Déesses du Nord des Pharaons de l’ancienne Egypte.
    On disait du Chevalier qu’il était légal et féal, c’est-à-dire loyal et fidèle à sa suzeraine. La Chevalerie était la pratique de l’équité, la Justice Divine, équitable, d’où « Eques » qui a fait « équestre », « équitation », etc. Rappelons que, dans la langue celtique, le cheval monté par le Chevalier était appelé « marc’h », et le Chevalier qui le montait « Marquis », dont on a fait « Homme de marque », au lieu d’« homme de cheval ». Rappelons, aussi, qu’on mettait le cheval sur les monnaies gauloises, et c’est de ce nom « marc’h » qu’on a fait le nom de l’ancienne monnaie Allemande : Mark (Deutsche Mark).
    Remarquons ici l’importance du symbolisme chevalin, que l’on retrouve également dans diverses représentations de la Parousie universelle…
    La monnaie, dans le régime masculin, contribua à changer complètement les mœurs, On créa le régime que Fabre d’Olivet appelle « Emporocratique », mot nouveau pour exprimer une idée nouvelle. Il est tiré du grec et signifie « marchand » et « force », c’est-à-dire la prédominance des intérêts économiques considérés comme mobiles de gouvernement. C’est le régime dans lequel tout se vend ; l’homme est un marchand, il se vend lui-même, c’est-à-dire vend ses services et vend tout ce dont il peut disposer.
    Aussi, les pays d’Europe où l’Emporocratie a dominé ont été successivement l’Italie, les Pays-Bas et l’Angleterre.
    NB : Dans son dictionnaire étymologique des noms géographiques, André Cherpillod dit que le nom de « Nuremberg » (Nürnberg, dérivé du vieux haut allemand Nuremberc : NEU-ROM-BERG) signifie « la Montagne de la Nouvelle Rome » ; une « Montagne » contre laquelle Isaïe mettait en garde lorsqu’arriverait la fin des temps (Is II.2). Aussi, qu’est-ce donc que cette « Nouvelle Rome » issue de « Nuremberg », cette parodie de justice, si ce n’est la « City », sans oublier d’y annexer sa pure création, l’ONU, ainsi que la fondation de l’État d’Israël ? Au sujet de ce dernier, citons l’ouvrage de Marcel Bulard, intitulé « Le Scorpion, symbole du peuple juif dans l’art religieux des XIVème, XVème, XVIème siècles » : L’auteur, parti de l’examen de peintures de la chapelle Saint-Sébastien de Lans-le-Villard (Savoie), a rassemblé tous les documents similaires qu’il a pu découvrir, et il en a fait une étude très détaillée, accompagnée de nombreuses reproductions. Il s’agit de figurations du scorpion, soit, sur l’étendard porté par la Synagogue personnifiée, soit plus fréquemment, dans la représentation de certaines scènes de la Passion ; dans ce dernier cas, René Guénon écrit (Formes traditionnelles et cycles cosmiques) que « l’étendard au scorpion est généralement associé à des étendards portant d’autres emblèmes et surtout les lettre S P Q R, manifestement pour indiquer à la fois la participation des Juifs et celle des Romains. On pourrait remarquer aussi, ajoute-t-il, que ces mêmes lettres, disposées dans un autre ordre (S Q R P), évoquent phonétiquement le nom même du scorpion. Quant à l’interprétation de ce symbole, écrit encore Guénon, l’auteur, s’appuyant sur les « Bestiaires », ainsi que sur la poésie dramatique de la fin du moyen âge, montre qu’il signifie surtout fausseté et perfidie ».
    Faisons également remarquer avec Jüri Lina (qui semble avoir eu accès à une bonne partie des archives soviétiques secrètes au moment de la « Perestroïka »), et son ouvrage intitulé « Sous le signe du Scorpion », que l‘empire soviétique fut instauré à 14h04, le 8 novembre 1917, dans la capitale de la Russie, Saint-Pétersbourg. En astrologie, le soleil était précisément juste au centre du signe du Scorpion. Ainsi, le Scorpion peut être considéré comme le symbole et le gardien du pouvoir soviétique…
    La civilisation romaine, dont on nous vante tant les brillants résultats, ne fut qu’un régime d’immoralité et de mensonge, de lois iniques et de servitudes, mais développa les arts, l’architecture surtout, fit de grands travaux, des routes, des ponts, des marchés, en un mot tout ce qui concerne la vie matérielle. Quant à la vie morale, Rome la supprima. C’est à partir de César que les germes de la décadence se manifestent dans le monde romain. Cela justifie cette pensée de Montesquieu : « Tout ce qui atteint le faîte de la grandeur (matérielle) est voisin de la décadence. ».
    Pendant que l’architecture atteignait son apogée sous Auguste, les austères et antiques croyances des Pélasges disparaissaient. Or un peuple qui ne vit que pour satisfaire ses passions et ses plaisirs est un peuple tombé. L’immoralité que ce peuple appelle sa civilisation est un venin dont il empoisonne le monde en la propageant par ses conquêtes (après cette « Pax Romana » viendra la « Pax Britannica », puis la « Pax Americana » toujours en cours actuellement au grand dam de l’humanité). C’est pour cela que l’influence romaine a été une des plaies du monde.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/consequencesdelinvasionromaine.html

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