Revue Géopolitique Profonde – Septembre 2026 : 11 septembre, CIA-Mossad, Palantir, Iran-Russie, cybernétique

Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026 Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026

Le combat continue

25 ans de silence : ça suffit

Franck-Pengam
Franck Pengam

« Chers lecteurs de Géopolitique Profonde,

Imaginez un crime. Un crime commis en direct, devant 3 milliards de témoins. Un crime dont l’instruction a été bouclée en moins de 48 heures, avant même que les décombres ne refroidissent. Un crime dont les preuves matérielles ont été évacuées, fondues et exportées en Asie avant toute expertise judiciaire indépendante. Un crime pour lequel aucun procès équitable n’a jamais eu lieu. Dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom, cela s’appellerait un scandale d’État. On a choisi de l’appeler l’« Histoire officielle ».

Il y a 25 ans, le monde regardait, sidéré, deux tours s’effondrer en direct. On nous a dit que c’était le début d’une nouvelle ère. On nous a dit qui étaient les coupables. On nous a dit pourquoi. On nous a dit comment. Et pendant 25 ans, l’écrasante majorité des médias, des politiques et des institutions occidentales a répété ce récit sans jamais l’interroger sérieusement.

Géopolitique Profonde existe précisément pour faire ce que les autres refusent de faire.

Ce numéro de septembre n’est pas un numéro commémoratif. Ce n’est pas un hommage. C’est une enquête. Une enquête menée par des auteurs qui ont consacré des années à démêler les fils d’un événement fondateur. Fondateur d’une guerre globale contre le terrorisme qui a tué des millions de personnes, fondateur d’un état de surveillance généralisée, fondateur d’un réordonnancement du Moyen-Orient, dont Israël et les États-Unis ont été les principaux architectes et bénéficiaires. »

Franck Pengam- Le Combat continue-Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026

Géostratégie

Renforcement de l’Iran et de la Russie : comment les guerres et les sanctions de l’Occident ont produit l’inverse de l’effet recherché

Stéphane Bonard
Stéphane Bonard

« Depuis 2025 et plus encore en 2026, deux dossiers ont mis en lumière une dynamique stratégique que les capitales occidentales ont refusé de voir : la coercition militaire et économique ne garantit ni la soumission politique ni l’affaiblissement durable de l’adversaire. Dans le cas iranien comme dans le cas russe, par exemple, les campagnes de pression conduites par les États-Unis, appuyées politiquement ou stratégiquement par des alliés occidentaux, ont au contraire accéléré des processus de résilience, de militarisation, de substitution industrielle et économique, ainsi que de réalignement géopolitique.

Cette période a aussi révélé une crise plus large de jugement au sein des élites occidentales. Les objectifs affichés (protéger la stabilité régionale, défendre le droit international, empêcher l’escalade, promouvoir la démocratie ou affaiblir des adversaires stratégiques) se heurtent à des résultats concrets bien différents : pertes civiles massives, montée du ressentiment anti-occidental, durcissement des régimes visés, approfondissement des partenariats entre puissances ennemies (affichés ou potentiels) de l’Occident, et affaiblissement considérable de la crédibilité américaine auprès de ses propres citoyens.

L’enjeu n’est donc pas seulement moral ou diplomatique. Il est structurel. Dans le Golfe comme sur le front ukrainien, l’Occident a contribué à créer des adversaires plus endurants, plus autonomes et plus liés les uns aux autres qu’ils ne l’étaient avant le déclenchement de ces crises ; se soutenir les uns les autres devant un adversaire commun qui les opprime. J’examinerai d’abord le cas iranien, puis le cas russe, avant d’évaluer les conséquences plus larges pour l’équilibre international. »

Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026-Stéphane Bonard-Iran-Russie-Chine

Mondialisme

Le sens des mots

Alain Soral- Texticule du mois- Revue Géopolitique Profonde
Alain Soral

« Puisque nous nageons en ce moment en pleine confusion avec un Mélenchon comparé à Doriot et une Marine Le Pen désormais coqueluche de la Communauté, il me semble d’utilité publique de préciser la définition des trois termes clés autour desquels tourne désormais tout le débat public, à savoir : l’antisémitisme, l’antisionisme et la judéophobie…

Commençons.

L’antisémitisme désigne les Sémites. Et le sémitisme est une théorie linguistique qui désigne les peuples qui pratiquent une langue sémitique. L’antisémitisme est donc un terme particulièrement impropre pour parler des Juifs, puisque les Sémites de très loin les plus nombreux sont les Arabes, notamment les Palestiniens.

Le terme sémite est d’autant plus impropre pour parler des Israéliens, puisque la plupart des Juifs d’Israël sont originaires d’Europe centrale (Ukraine, Lituanie, Pologne, Russie…) quand ils ne sont pas des Berbères judaïsés, soit des Juifs du Maghreb appelés Sépharades… »

Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026-11 Septembre 2001

La double opération du 11 septembre

Laurent Guyénot
Laurent Guyénot

« Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont-elles été “un nouveau Pearl Harbor”, et le coup d’envoi du “nouveau siècle américain” que les néoconservateurs avaient appelé de leurs vœux dans leur Project for a New American Century (PNAC) ?

Ou n’a-t-il pas plutôt servi, pendant un quart de siècle, à faire avancer le projet du Grand Israël, aux dépends des États-Unis? Ces néoconservateurs étaient-ils des impérialistes américains maladroits, ou bien des crypto-sionistes machiavéliques secrètement alliés à Benjamin Netanyahou ?

Le 11 Septembre était-il une opération interne (inside job) de l’État profond américain, ou bien une opération israélienne (Israeli job) menée par des sayanim de haut vol ? Les deux ? Mais dans quelle combinaison et quelles proportions ?

Il n’y a pas de réponse simple à ces questions. Tout dépend de quel “11 Septembre” nous parlons. Car pour y voir clair, il faut commencer par distinguer deux événements distincts, portant des signatures différentes, bien que quasi simultanés : l’un au Pentagone à Washington D.C., l’autre au World Trade Center à New York. 

Le mystère du 11 Septembre est une double équation à deux inconnues. Ce n’est donc, en définitive, pas si compliqué. »

Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026-Laurent Guyénot-11 septembre

Techno-Science

Métapolitique de la cybernétique – Première partie

Laurent Ozon
Laurent Ozon

« Ce premier volet raconte la cybernétique comme paradigme scientifique, théorique et ontologique avant d’en suivre les prolongements proprement politiques. Il part de l’émergence historique de la discipline, expose son noyau conceptuel (rétroaction, homéostasie, information, machine non triviale) et élargit ce cadre à la pensée des systèmes et au monde vivant. Autrement dit, il s’agit ici de comprendre comment une science du contrôle a pu devenir une grammaire générale et envahissante des relations, des régulations et des équilibres, au point de proposer une nouvelle manière de découper, de lire le réel. Ce premier ensemble prépare ainsi le geste décisif du second : montrer comment ce schème, d’abord scientifique, devient ultérieurement un opérateur d’organisation sociale, un matériau idéologique, un mode de gouvernement et finalement d’interprétation du politique lui-même.

Ouverture : de la science du contrôle à la question du gouvernement

La cybernétique est une science interdisciplinaire qui étudie les processus de communication, de contrôle et de régulation dans les systèmes naturels et artificiels. Cette science d’un genre tout à fait particulier, dont les fondements ont été posés au milieu du XXe siècle, a influencé des domaines aussi variés que l’informatique, la biologie, les neurosciences, la psychologie, la sociologie et le management. La cybernétique a profondément marqué le XXe siècle et continue d’influencer notre compréhension des systèmes techniques, biologiques et sociaux, mais aussi notre regard sur le monde. »

Le mossad et les états-unis : Alliance secrète, guerre de l’ombre et interdépendance stratégique

Sébastien Quéré
Sébastien Quéré

« Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe »,

Devise du Mossad

« Dans l’histoire de la relation américano-israélienne, le renseignement représente à la fois un espace de coopération intense entre les services israéliens et leurs homologues américains, mais aussi de rivalité dissimulée.

Le Mossad, fondé en 1949 sous la direction de Reuven Shiloah, entretient avec la CIA, la NSA, le DIA (Defense Intelligence Agency, agence du renseignement de la Défense) et le réseau global de la communauté du renseignement américaine une relation qui dépasse les catégories ordinaires de la coopération interalliée. On ne saurait la réduire à un simple échange de données entre partenaires bienveillants, ni à une relation de subordination dans laquelle Washington dicterait ses priorités à Tel-Aviv.

Ce qui s’est construit depuis les années cinquante relève davantage d’une symbiose structurelle : chaque partie offrant à l’autre ce qu’elle est incapable de produire seule, chacune tolérant de l’autre des pratiques qu’elle condamnerait en toute autre circonstance. Cette symbiose repose sur une asymétrie fondamentale de moyens, compensée par une complémentarité remarquable des capacités.

Les États-Unis disposent d’un budget du renseignement – sans commune mesure avec celui de l’État hébreu – de plusieurs dizaines de milliards de dollars annuels contre un budget israélien estimé à quelques centaines de millions.

Mais Israël offre ce que l’argent américain ne peut acheter directement : un accès humain irremplaçable à la région la plus sensible pour la sécurité mondiale, des capacités linguistiques en arabe, en farsi et en russe, accumulées par des décennies d’immigration, des réseaux de sources implantés de longue date dans les pays arabes et en Iran, et une culture opérationnelle qui place la prise de risque au cœur de la doctrine.

Cette complémentarité dessine une relation dont les équilibres internes n’ont cessé d’évoluer sans jamais rompre le lien fondateur. »

Palantir Technologies : Histoire d’un succès planétaire

Épisode 1 . Les débuts et les clés du succès

Sophie Lefeez
Sophie Lefeez

« Palantir est un nom qui fait frémir certains, tout en restant encore largement inconnu du grand public. Je m’en suis aperçue en préparant cet article : en racontant sur quoi je travaillais, la plupart des gens me répondaient “connais pas”. Une rapide recherche sur le classement des requêtes sur Internet montre qu’en effet, en dehors des États-Unis, peu de gens s’y intéressent.

Pourtant, cette entreprise existe depuis plus de vingt ans, et elle s’est donné pour objectif non seulement de repérer les criminels pour les traduire en justice, mais de les identifier avant même qu’ils ne commettent leurs crimes – tout ceci grâce aux capacités de l’intelligence artificielle à analyser rapidement des masses de données et à prédire les comportements. C’est du Minority Report revisité.

À l’heure actuelle, on compte parmi ses clients toute la communauté américaine du renseignement, le Pentagone, la DGSI en France, au moins un service d’espionnage britannique, mais aussi la Sécurité sociale britannique et française, les services d’immigration américains, des multinationales comme Airbus, des banques comme la Société Générale ou Citibank, le Programme alimentaire mondial de l’ONU… La liste serait trop longue à donner – nous en reparlerons dans les prochains épisodes. Et elle a même offert gratuitement ses services à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie.

Son réseau tentaculaire de clients et la surveillance de masse qu’elle contribue à instaurer sur une portion croissante de la planète commencent à inquiéter sérieusement les parlementaires de certains pays. Et la tendance techno-fascisante de ses dirigeants est une autre source de préoccupation. En attendant, sa valeur en bourse monte et son chiffre d’affaires se compte en milliards de dollars.

Comment a-t-elle fait pour devenir indispensable à l’État américain et aux autres ? D’où est venue l’idée ?

Ce dossier en quatre parties dresse le portrait d’une entreprise qui incarne une vision élitiste, technofasciste, panoptique de l’ordre social. »

Revue Géopolitique Profonde-Septembre 2026-Sophie Lefeez-Palantir

Macroéconomie

Comprendre pourquoi les marchés montent envers et contre tout, ce qui, un jour, les rattrapera

Andy Bussaglia
Andy Bussaglia

« Posons-nous une question simple, presque naïve, le genre de question que l’on n’ose plus poser tant les marchés semblent y avoir répondu d’eux-mêmes. Depuis plusieurs années, la quasi-totalité des indicateurs que la finance traditionnelle considère comme des signaux d’alerte sont au rouge :

  • Les actions sont historiquement chères (cf. graphique ci-dessous).
  • Les dettes, publiques comme privées, atteignent des sommets.
  • Et les taux d’intérêt ont fortement remonté, ce qui, en théorie, devrait calmer les ardeurs. Exemple, avec le taux des obligations gouvernementales japonaises à 30 ans (socle du système financier mondial au travers du carry-trade) qui s’est envolé, malgré les interventions répétées de la Banque du Japon qui brûle des réserves monétaires pour tenter de contrer le phénomène, sans succès.

Et pourtant : les marchés continuent de grimper, presque imperturbablement.

Comment est-ce possible ? Pour le comprendre, il ne suffit pas d’ajuster nos calculs : il faut changer de lunettes. C’est tout l’objet de cette synthèse. Elle s’appuie en particulier sur la grille de lecture de l’économiste Bruno Bertez, dont l’intérêt est précisément d’éclairer ce qui, sans elle, demeure incompréhensible. »

La stratégie des grandes fortunes pour survivre aux crises

Franck-Pengam
Franck Pengam

« Il existe une erreur que commet la quasi-totalité des épargnants français. Elle n’est pas spectaculaire. Elle ne ressemble pas à une erreur d’ailleurs, car elle se confond avec le bon sens, la prudence ou encore la loyauté envers des institutions avec lesquelles on a grandi. Elle s’appelle le “biais domestique” (home bias dans la littérature académique) et elle coûte, en silence, des dizaines de milliers d’euros de performance manquée sur un horizon de 20 ans.

Le biais domestique est un phénomène documenté dans les plus grandes revues de finance internationale depuis les années 1990. Il désigne la tendance des investisseurs à surpondérer massivement les actifs de leur propre pays, l’immobilier, les actions françaises, les fonds en euros des assurances-vie, le Livret A, au détriment d’une diversification internationale qui améliorerait pourtant significativement leur rapport rendement/risque.

La France représente moins de 3 % de la capitalisation boursière mondiale. Un épargnant qui place 80 % de son portefeuille en actifs domestiques parie que ce 3 % va surperformer les 97 % restants. Ce pari est statistiquement perdant, car il l’a été sur 20 ans (par rapport au marché américain par exemple) et il l’est encore plus dans une France structurellement en déclin avec le monde multipolaire.

J’ai conçu un portefeuille appelé “Citadelle” pour corriger cette erreur structurelle. Pas avec des ETF génériques qui répliquent le marché mondial tout en conservant une surexposition aux grandes capitalisations américaines, mais avec une architecture financière pensée pour l’investisseur souverain qui refuse de subir le monde tel qu’il nous est imposé. »

Franck Pengam-Citadelle-Accompagnement financier-Solution financière
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